site peplums
 
logo peplums

De La Chute de l'Empire romain
à Gladiator

Page 4/16

 

Pages précédentes :

De La Chute de l'Empire romain à Gladiator

I — VOIES PARALLÈLES

1. Introduction

2. Deux films

3. A propos de La Chute de l'Empire romain

4. A propos de Gladiator

II — LES PROTAGONISTES

5. Les protagonistes historiques

5.1. Marc Aurèle
5.2. Commode
5.3. Lucilla

 

Sur cette page :

5.5. et alii...

5.5.1. Autour de Marc Aurèle
Alexander Péploplaton
Annius Rupilius Libo
Arnuphis (ou Harnouphis)
Aufidius Victorinus
Avidius Cassius
Ballomarius
Bassœus Rufus
Benedicta et Theodotus
Chryséros
Claudius Fronto (M.)
Claudius Pompeianus (Ti.)
Cornelius Fronto (M.)
Datumius Tullius Tuscus (L.)
Didius Julianus
Furius Victorinus (T.) (ou Cornelius Furius Victorinus)
Helvius Dextrianus
Helvius Pertinax (P.) (ou P. Helvidius Pertinax)
Julius Berenicianus Pompilius Piso
Julius Rusticus
Marius Maximus (L.)
Pescennius Niger Justus (C.)
Pomponius Proculus Vitrasius Pollio (T.)
Poséidippos
Regilla
Septimius Severus (L.) [Septime Sévère, empereur romain]
Tarrutenus Paternus (P.) (ou Taruntenus Paternus)
Tigidius Perennis (ou Perennius)
Valerius Maximianus (M.)
Vettius Sabinianus
Vitrasius (T.)

5.5.2. Autour de Commode
Aemilius Laetus (Q.)
Attidius Sanctus
Calixte Ier (le 16e pape)
Carpophore
Cléandre
Eclectus
Marcia
Narcisse
Peitholaos
Proculus
Prosénès
Tigidius Perennis (ou Perennius)

6. Les protagonistes cinématographiques

6.1. Livius

6.2. Maximus

Tarruntenus Paternus
Avidius Cassius
Claudius Pompeianus
Marius Maximus

6.3. Les épigones de Gladiator

Gladiator 2
Gladiator (série TV)
I Gladiatori
Amazons and Gladiators
Gladiator Eroticvs : The Lesbian Warriors
The Arena (Gladiatrix)
The Private Gladiator
Glad He Ate Her
Gladiateurs (Colosseum — Rome's Arena of Death)
Gladiateur

Conclusion

 

Pages suivantes :

III — ANNEXES

7. A propos de la bataille contre les Germains dans Gladiator

8. A propos des combats de gladiateurs (1) :
De l'archéologie au mythe

9. A propos des combats de gladiateurs (2) :
Les gladiateurs au cinéma

10. Bibliographie historique

IV — FICHES TECHNIQUES

11. La Chute de l'Empire romain

12. Gladiator

V — CHRONOLOGIE

13. Chronologie du déclin de l'Empire romain

VI — FILMOGRAPHIE

14. Filmographie des gladiateurs

 

5.5. et alii...

5.5.1. Autour de Marc Aurèle

Choisis parmi d'autres, voici quelques personnages de l'entourage de Marc Aurèle. Le cinéma en a retenus quelques uns... Ainsi, dans La chute de l'Empire romain, parmi ces fugitifs seconds rôles dont le spectateur ne risque pas de retenir les noms, on aurait - peut-être - pu reconnaître dans ces «patriciens amis de Commode» Julianus (Eric Porter), Niger (Douglas Wilmer) et Claudius (Peter Damon) respectivement Didius Julianus, à moins que ce ne fusse son préfet du prétoire Julianus qu'il fit exécuter, C. Pescennius Niger et M. Claudius Fronto ou Ti. Claudius Pompeianus. Si l'on n'identifie pas Polybius (Andrew Keir), le tribun ami de Livius, son collègue Victorinus (George Murcell) pourrait bien être Aufidius Victorinus. Enfin, nous ne voyons pas trop bien à qui peut correspondre Cornelius (Michael Gwynn), le préfet du prétoire : certainement pas M. Cornelius Fronto, le fameux écrivain Fronton, mais peut-être bien l'ancien préfet du prétoire de Marc Aurèle : Cornelius Furius Victorinus, décédé une dizaine d'années avant que ne commencent les événements rapportés par le film.
Nous abandonnerons à la sagacité du visiteur le soin d'identifier le proconsul d'Egypte Virgilianus (Normann Wooland) de même que le gouverneur de Syrie Marcellus (1) (Virgilio Texera). Quand aux sénateurs Marius (Guy Rolfe) et Cæcina (Finlay Currie), ils risquent de ne pas avoir plus d'authenticité que leurs collègues Falco (David Schofield) et Gracchus (Derek Jacobi) dans Gladiator.

Alexander Péploplaton (120-ca 180), rhéteur né à Séleucie de Cilicie. Secrétaire de la chancellerie grecque en 175.

Annius Rupilius Libo, cousin germain de Marc Aurèle.

Arnuphis (ou Harnouphis), mage égyptien attaché à l'armée, conseiller de Marc Aurèle. Prêtre d'Hermès aérien (c'est-à-dire Thot-Shou).

Aufidius Victorinus
Intime de Marc Aurèle, C. Aufidius Victorinus fut avec lui un disciple de Fronto, dont il devint également le gendre. Vainqueur des  Chattes, vétéran de la guerre parthique, il était, comme gouverneur de diverses provinces, connu pour son intégrité. Préfet de la Ville en 180, deux fois consul (consul suffect en 155, consul bis en 183).
Son fils, M. Aufidius Fronto, fut consul en 199.

Avidius Cassius
Avidius Cassius, l'usurpateur qui tenta de prendre la succession de Marc Aurèle malade et que l'on croyait mort (en 175), était un homme intègre et sévère (2), qui agit semble-t-il avec l'assentiment de l'impératrice Faustina. Un de ses centurions l'assassina trois mois plus tard, mais Marc Aurèle - qui l'estimait - pardonna à sa mémoire et à ceux qui l'avaient suivi. Et il interdit au Sénat d'exercer des représailles contre sa famille.

A l'écran
Ce qui n'empêcha pas le rancunier Commode, une fois au pouvoir, de faire brûler vifs femme et enfants
(«Avidius Cassius», in Hist. Aug., XIII, 7) (et c'est ce qui arrivera effectivement à Maximus, dans Gladiator, au prix d'un petit réaménagement romanesque et d'un petit coup de pouce chronologique. Il est clair qu'Avidius Cassius a partiellement contribué à définir la personnalité du swashbuckler incarné par Russell Crowe).

L'hypothèse d'une tentative d'usurpation réussie par Avidius Cassius, qui jugule définitivement la montée du christianisme, a été prise comme point de départ de l'essai philosophique de Charles Renouvier, Uchronie. L'Utopie dans l'Histoire (1ère version : 1857 - 2e version, revue) : 1876), rééd. Fayard, coll. Corpus des œuvres de philosophie en langue française, 1988 (3).

Ballomarius, chef marcoman qui déclara n'avoir rien à voir avec le raid en Italie des Longobards et des Ubiens (166/167).

A l'écran
La Chute de l'Empire romain fait de Ballomar le chef des Marcomans rebelles, à qui Timonidès persuade d'accepter la loi de Rome. Installé à Ravenne avec sa tribu, il finira massacré avec elle sur l'ordre de Commode. (On sait qu'en fait, c'est Marc Aurèle lui-même - soucieux de ses arrières - qui ordonna le massacre des lètes germaniques qu'il avait installé en Italie. Mais on ne prête qu'aux «riches».)

 
chute empire romaon - village marcoman
 

Bassœus Rufus, deuxième préfet du prétoire avec Aufidius Victorinus (175). Simple paysan italien, Bassœus Rufus est un homme sorti du rang.

Benedicta et Theodotus, amie et ami de jeunesse de Marc Aurèle.

Chryséros, affranchi grec secrétaire particulier de Marc Aurèle, auteur d'une Chronologie romaine (perdue).

M. Claudius Fronto
A participé à la campagne de 168.

Ti. Claudius Pompeianus (ca 120-190), chevalier, fils d'un commerçant syrien d'Antioche. Consul en 173, chef d'état-major. Marc Aurèle l'honora en 170, en lui donnant à épouser sa fille Lucilla alors veuve du coempereur Lucius Verus. Il y avait une grande différence d'âge entre eux. Il protégea du mieux qu'il put son bouillant ami et collègue Pertinax.
Sous le règne de Commode, il se retirera seul à la campagne, pour ne pas être mêlé aux intrigues menées par sa femme. «Julien pense que Pompéianus aurait dû succéder à Marc Aurèle», dit Bouillet.

Roman historique
François Fontaine a composé ses mémoires fictives,
D'or et de bronze, Julliard, 1986. Dans ce roman, l'austère général témoigne beaucoup de commisération pour Commode, qu'il considère comme la victime de ses précepteurs, manipulé par des affranchis sans scrupules.

M. Cornelius Fronto (100-174) avocat et écrivain d'origine numide. C'est le fameux Fronton de Cirta dont on a conservé le traité De l'éloquence, et sa correspondance avec son disciple et ami Marc Aurèle. Consul en 143.

L. Datumius Tullius Tuscus
A participé à la campagne de 168.

Didius Julianus (132-193), ami d'enfance de Marc Aurèle, consul en 175, empereur en 193 (succède à Pertinax), mis à mort par les prétoriens.

T. Furius Victorinus (ou Cornelius Furius Victorinus)
Héros de la guerre parthique. Il était préfet du prétoire en 166, mais mourut dès le début de la campagne de 168, peut-être de la peste, peut-être sous les coups des Marcomans.
(Ne pas confondre avec Aufidius Victorinus.)

Helvius Dextrianus, légat de la legio III Italica en Rhétie (179).

P. Helvius Pertinax (ou P. Helvidius Pertinax) (1er août 126-22 mars 193), fils d'un charbonnier ligure. Homme sobre et économe, il fut d'abord professeur de grammaire avant d'embrasser la carrière des armes. Tomba deux fois en disgrâce, mais fut chaque fois repêché par son ami Pompeianus. Deux fois consul (175 et 192). Légat de la Pannonie supérieure dans la guerre de 174 contre les Quades, plus tard en Bretagne. Il deviendra à plus de soixante ans empereur à la mort de Commode.
Pertinax fut assassiné par les prétoriens en 193, après un règne d'à peine trois mois; il fut remplacé par Didius Julianus.

A l'écran
Dans
La Chute de l'Empire romain, il est cité par le nomenclator Timonidès lors de la cérémonie où Marc Aurèle accueille ses gouverneurs : «Bienvenue à Pertinax... de la lointaine Bretagne (4).» Mais en 180, Pertinax était probablement toujours sur le front germanique, aux côtés de Marc Aurèle.

Julius Berenicianus Pompilius Piso, prince juif, légat de Mœsie. Légat de la legio IV Flavia en 174 puis de la III Augusta en 176.

Julius Rusticus, philosophe stoïcien, amis de la famille de Marc Aurèle et son maître le plus influent.

L. Marius Maximus
A cette bataille évoquée au début des films d'Anthony Mann et de Ridley Scott, participa un certain Marius Maximus, tribun à la légion III Italica. Pendant que ce ruffian de Commode liquidait les principaux collaborateurs de son père, Marius Maximus, suivi par son frère cadet Perpetuus Maximus - car les Maximii étaient une famille influente -, poursuivit une carrière politique assez banale, devenant responsable de la voirie à Rome. Il y vécut sous le règne de plusieurs empereurs et composa une Histoire Romaine, malheureusement perdue, mais dont l'Histoire Auguste (5) - continuation des Douze Césars de Suétone - semble être le condensé, car son nom y est mentionné trente fois et son texte cité à 27 reprises.

C. Pescennius Niger Justus, préfet de camp en 175, légat de légion. Empereur en 193 à la mort de Pertinax. Vaincu et tué par Septime Sévère.
Le cognomen de «Justus» lui fut conféré par ses administrés, alors qu'il était gouverneur de la Syrie.

T. Pomponius Proculus Vitrasius Pollio
A participé à la campagne de 168.

Poséidippos, médecin d'Antonin le Pieux, puis de Marc Aurèle.

Regilla, concubine de Marc Aurèle, fille de l'affranchi Pudens, l'intendant de Faustina.

L. Septimius Severus (146-211)
Le futur empereur Septime Sévère (193-211)), né à Leptis Magna en Libye de souche berbère, fut avocat à Rome et collaborateur de Marc Aurèle avant de gouverner en Afrique, Espagne et Syrie. Ne semble pas avoir servi en Germanie.

Septime Sévère avait commencé sa carrière comme avocat du fisc, au service de Marc Aurèle qui le protégea et lui fit grimper les échelons de la carrière des honneurs. Sa jeunesse avait été licencieuse, et il n'échappa à une accusation d'adultère que grâce à la protection de Didius Julianus, ce qui ne l'empêcha point, dans ses tâches officielles de se révéler un travailleur acharné et intègre. Ce qui lui valut l'hostilité de Commode qui, un temps, brisa sa carrière. Septime Sévère fut questeur en Sardaigne (171), proconsul en Afrique (173 ou 174 ?); tribun de la plèbe (174 ou 175 ?); préteur (178); légat en Espagne (179); légat de la Leg. IV Scythica en Syrie (180). Il administre la Lyonnaise avec l'aide de son futur adversaire, Pescennius Niger. Ensuite il la purge des bandes de Maternus. Il est proconsul de Sicile en 189 et, enfin, consul en Pannonie en 190.

Il sera proclamé empereur par ses troupes à Carnutum (Pannonie) le 9 avril 193. Après avoir liquidé plusieurs anti-césars (dont son ancien protecteur Didius Julianus), il monta sur le trône impérial et fit diviniser Commode et Pertinax. Il reprit la Mésopotamie aux Parthes (197), mais périt à Eboracum (York, Grande-Bretagne) aigri par l'inconduite de son fils Caracalla, qu'il avait désigné comme successeur avec Géta. Septime Sévère fut le plus important de tous les «empereurs-soldats».
On lui attribue la cinquième persécution contre les chrétiens : c'est lors d'un de ses déplacements en Afrique, en 204, que sainte Perpétue et sainte Félicité furent martyrisées dans l'amphithéâtre de Carthage.

P. Tarrutenus Paternus (ou Taruntenus Paternus) secrétaire de la Chancellerie latine. Préfet du prétoire en 177. En 179, il remporta pour Marc Aurèle sa dernière grande victoire sur les Marcomans, les Quades et les Hermundures (tout comme Livius dans La chute... et Maximus dans Gladiator).

Tarrutenus composa un ouvrage sur le droit militaire. Bien que simple chevalier, Commode le fit entrer au Sénat par adlectio inter consulares (fausse promotion, dont le but était de le démettre de sa fonction de préfet du prétoire). Il était, en effet, l'instigateur d'une conjuration sénatoriale visant à éliminer Commode, dans laquelle trempaient Lucilla, Quadratus et Claudius Pompeianus. Dénoncé par Sext. Tigidius Perennis qui jouait double jeu, il fut exécuté sur l'ordre de l'empereur, vers 183 (Hist. Aug., Commode, III, 9 à IV, 11). Selon Dion Cassius, c'est ce même Perennis qui lui succéda à la tête des prétoriens (DION CASSIUS, Hist., 9, 1).

A l'écran
Il n'est pas difficile de dégager du résumé ci-dessus les points de convergence entre Paternus et les héros de celluloïd Livius/Maximus.

Tigidius Perennis (ou Perennius), chevalier, officier de légion. Favori de Commode et préfet du prétoire, après avoir organisé la chute de son prédécesseur Tarrutenus Paternus (183). Hérodien et Lampride le décrivent comme un magistrat impartial et sévère. Au contraire, Dion Cassius le donne pour oppresseur et cruel. Question de point de vue : selon que vous serez puissant ou misérable...
Impliqué dans une tentative de le renverser, il fut condamné à mort par ordre de Commode (en 185).

M. Valerius Maximianus, né à Pœtovio (ville voisine de Carnuntum), légat de légion six fois.

Vettius Sabinianus, chevalier, adjoint de Pertinax qu'il remplace comme légat de Pannonie supérieure lorsque celui-ci marche contre les Quades, puis ad tutelam urbis en 175. Légat en Dacie, en 179.

T. Vitrasius, préfet du prétoire en 174, préfet de Rome en 175, consul en 176. Ne semble pas avoir servi en Germanie (?).

5.5.2. Autour de Commode

Q. Æmilius Lætus (Ursus gladiateur rebelle, Centurions contre gladiateurs, La fureur des gladiateurs, Gladiator)
Dans Gladiator, l'ex-lieutenant de Maximus, incarné par Tomas Arana (6), dont Commode fait son préfet du prétoire, répond au simple prénom de Quintus. On hésite à l'identifier avec Quintus Æmilius Lætus, que les historiens - pour faire court - nomment d'ordinaire «Lætus», d'après son cognomen.
Ce «Quintus» pourrait bien être la version uchronique du dernier préfet du prétoire de Commode (lequel en fit une très grande consommation) qui, craignant pour sa vie, organisa l'assassinat du fils de Marc Aurèle avec la complicité de Marcia, laquelle elle aussi figurait sur une certaine «liste noire» dressée par son impérial amant.
Avec la complicité d'Eclectus, il porta au pouvoir Pertinax. Puis, lassé par la probité de ce dernier, il le fit à son tour exécuter par ses prétoriens.

A l'écran
Lors du duel final du film
Gladiator, Quintus - dans un sursaut d'honneur - interdit à ses prétoriens de passer un glaive à Commode, désarmé par son ancien chef mourant.
Dans
Ursus gladiateur rebelle, Emilio Leto (Gianni Santuccio), flanqué de son fils Settimo (Carlo Delmi), est un sénateur qui complote contre Commode et, avec l'aide du gladiateur germain Ursus, rétablit la paix à Rome et sur le Danube. Dans Centurions contre gladiateurs, Leto (Renato Rossini) et son ami le consul Marcus, réchappés d'une désastreuse campagne en Germanie, s'opposent avec Marcia à la persécution des chrétiens.
Enfin, dans
La fureur des gladiateurs, Commode (Mimmo Palmara) a un frère jumeau, Lucio Crasso (Richard Harrison). Après avoir sacrifié à la raison d'Etat son préfet du prétoire Cléandre (Piero Lulli), Commode - qui entre-temps a été tué par son frère jumeau dans un duel dans l'amphithéâtre - verra sa mort tentée d'être vengée par son nouveau préfet, Leto (Alberto Farnese). Lucio, heureusement, saura mettre fin aux crimes de ce sbire trop zélé. Cette troisième version est particulièrement croquignole, car elle postule que Lætus aurait effectué un virage à 180 par rapport à son rôle historique.

Attidius Sanctus, grammairien précepteur de Commode

Calixte ou Calliste Ier (le 16e pape) (Sixte, dans Centurions contre gladiateurs)
Né vers 155, Calixte fut d'abord un esclave se livrant à des «occupations peu honorables», selon l'évêque Hippolyte (IIIe s.). En fait, il était banquier, au service de l'affranchi Carpophore. Poursuivi devant les tribunaux par des Juifs qui l'accusaient d'avoir troublé leur culte, il fut pour ce motif condamné aux travaux forcés par le préfet de Rome. Retour de Sardaigne, il ne séjourna point à Rome tant que dura le pontificat de Victor, qui peut-être partageait quelques-unes des préventions excitées par les mésaventures financières auxquelles Calixte s'était trouvé mêlé. Zéphirin le nomma diacre du cimetière de la via Appia, encore connue de nos jours comme les «Catacombes St Calixte». Il devint en 217 évêque de Rome (on ne disait pas encore «pape», à l'époque), et mourut - martyr, semble-t-il - en 222.
Avec d'autres chrétiens, condamné aux mines en Sardaigne par un fonctionnaire trop zélé qui appliquait toujours les directives de Marc Aurèle, il fut gracié par Commode à la demande de sa concubine Marcia (HIPPOLYTE, Philosoph., 9. 12).

A l'écran
Dans
Centurions contre gladiateurs, Commode fait crucifier des chrétiens, dont leur évêque Sixte. On ne sait à peu près rien du 7e pape, l'évêque de Rome Sixte Ier; et Sixte II et III sont bien postérieurs aux événements ici traités. Orthographe corrompue, ce Sixte cinecittien est de toute évidence Calixte, que l'affreux Commode crucifie - pourquoi se gêner ? - alors qu'en réalité la persécution religieuse fut plutôt le fait du paternel philosophe, non celui du fils dépravé.
Calixte est aussi un des principaux personnages du roman de Gilbert Sinoué,
La pourpre et l'olivier.

Les chrétiens n'apparaissent que de manière allusive dans La chute de l'Empire romain (la caméra dévoile que Timonidès dissimule une petite croix dans les plis de sa tunique). Les barbares qui périssent sur le bûcher ne sont à aucun moment connotés comme «chrétiens».
Dans
Gladiator, quelques plans de chrétiens envoyés dans l'arène avaient été filmés, mais tombèrent au montage définitif de la version d'exploitation en salle. On peut les voir comme bonus (CLICK & CLICK) du DVD. Dans l'édition DVD collector restaurée, certaines scènes tombées ont été remises dans le film, mais heureusement pas celles avec les chrétiens. C'était préférable, en effet : elles n'apportaient rien au film et, sous Commode, étaient anachroniques, ou du moins pas représentatives de son règne.

Carpophore
Affranchi impérial de Commode. Il avait à son service un esclave nommé Calliste (ou Calixte) directeur pour son compte d'une banque assez prospère.

Cléandre (La Chute de l'Empire romain, Centurions contre gladiateurs, La fureur des gladiateurs)
Esclave phrygien, favori de l'empereur Commode dont il fut le chambellan. Il se vit confier des responsabilités dans l'administration de l'empire, et devint préfet du prétoire.

 

cleandre - mel ferrer

Mel Ferrer incarne Cléandre, l'esclave phrygien affranchi, chambellan puis préfet du prétoire de Commode - bizarrement «prophète aveugle» dans La chute de l'empire romain, mais absent dans Gladiator

 

Cléandre était réputé pour sa cruauté et ses abus. Sous la pression, Commode fut bien obligé de l'abandonner à la vindicte populaire : Cléandre fut décapité en 190.
Il semble qu'il ait été chrétien, ou sympathisant (7) comme l'étaient aussi du reste Carpophore, Eclectus et Marcia, la concubine de l'empereur.

A l'écran
La Chute de l'Empire romain en a fait un haruspice aveugle qui, parmi les amis de Commode, se propose pour empoisonner l'empereur Marc Aurèle. L'idée de l'aliment (en l'occurrence une tétine de truie) que l'on sépare en deux au moyen d'un couteau dont une face de la lame est empoisonnée, se trouve dans l'Histoire Auguste («L. Verus», XI, 2; «Marc Aurèle», XV, 5), mais c'est le frère adoptif et coempereur de Marc Aurèle, Lucius Verus qui en fut la victime... et le «sournois» Marc Aurèle qui en fut soupçonné !

Eclectus
Affranchi égyptien de L. Verus, connu pour sa malhonnêteté. A la mort de son coempereur, Marc Aurèle chercha à l'éloigner en lui confiant une charge honorifique : chambellan de son fils Commode. Avec la complicité du préfet de prétoire Lætus, il monta la conjuration qui fut fatale à Commode, et fit élire par les prétoriens Pertinax empereur.
Il mourra peu de temps après, en défendant Pertinax (il tua de sa main deux de ses agresseurs) contre les prétoriens excités par leur préfet, Lætus.

Marcia (Ursus le Rebelle, Centurions contre gladiateurs)
Concubine de Commode. Dion Cassius dit seulement qu'elle avait de la sympathie pour les chrétiens (DION CASSIUS, Hist. rom., LXXII, 4). Elle usa de sa position pour protéger ses coreligionnaires (?) chrétiens et, notamment, obtenir la grâce du futur évêque de Rome Calixte, condamné aux mines.

Elle joue un rôle de premier plan dans le roman de Gilbert Sinoué, La pourpre et l'olivier.

Narcisse, ancien gladiateur et maître d'armes de Commode. Le poison ne semblant pas venir à bout de l'Empereur, il l'étrangla.

A l'écran
Dans
La chute d'Empire romain, ce personnage devient le gladiateur Verulus (Anthony Quayle), qui telle une ombre suit Commode partout. Selon ce film, Verulus aurait été l'amant de l'impératrice Faustina - elle en eut beaucoup d'autres, à ce que l'on dit - et le père biologique de Commode. Il commet l'imprudence d'avouer sa paternité à Commode qui, de colère, l'étrangle. Encore une de ces inversions de situation, un de ces spoiling dont le cinéma est friand.
Un autre avatar filmique de Narcisse semble être Ursus (Alan Steel), dans
Ursus, gladiateur rebelle.

Peitholaos, gouverneur de Commode.

Proculus
Ce serviteur chrétien, familier d'Antonin le Pieux, est mentionné par Tertullien dans sa Lettre à Scapula, proconsul d'Afrique : «Sévère lui-même, père d'Antonin, eut lieu de se souvenir des chrétiens. Il fit venir Proculus, surnommé Tropacion, intendant d'Euhodie, qui l'avait guéri autrefois par l'huile sainte; il le nourrit et le logea dans son palais jusqu'à sa mort. Antonin-le-Pieux le connaissait parfaitement, puisque lui-même avait sucé le lait chrétien. Il y a plus. Ce même Sévère informé que des hommes et des femmes de la plus haute distinction avaient embrassé le christianisme, au lieu de les persécuter, porta témoignage en leur faveur et les protégea publiquement contre les violences populaires» (TERT., Scapula, IV, 462 - trad. E.-A. de Genoude).

Prosénès
M. Aurelius Prosenes affranchi impérial chrétien de Commode qui finit sa carrière comme a cubiculo, donc maître de la maison impériale. On a retrouvé Villa Borghese le sarcophage dans lequel fut inhumé ce chambellan, en 217. Une inscription nous renseigne sur son identité (CIL, IV, 8494) (CLICK).

Tigidius Perennis (ou Perennius) Préfet du prétoire de Commode, condamné à mort en 185. Voir plus haut, sous «Marc Aurèle», une notice détaillée.

6. Les protagonistes cinématographiques

 
chute empire romain chute empire romain

Les principaux protagonistes de La chute de l'Empire romain

6.1. Livius

«Inventé pour les besoins du romanesque cinématographique - note Claude Aziza - (car) il faut bien qu'un héros, si possible noble et courageux, s'oppose au mauvais empereur, en l'occurrence Commode.»
Gaius Livius Metellus, alias Stephen Boyd, deviendra Maximus-Russell Crowe dans le film de Ridley Scott, Gladiator (2000). Mais dans les deux films, il s'agit de soupirants de Lucilla déboutés par la raison d'Etat, qui vont prendre leur revanche. Livius aime Lucilla que Marc Aurèle destinait à Sohamus. C'est le sujet du film d'A. Mann. Maximus a aimé Lucilla neuf ans plus tôt, mais contre le coempereur Verus c'était un amour impossible. Le film de Scott va leur donner une nouvelle chance.

 
livius et lucilla maximus et lucilla

Livius et Lucilla, Maximus et Lucilla... le cinéma fait graviter autour d'amours insatisfaites le complot de la succession de Marc Aurèle. A vrai dire, alors que l'on croyait l'empereur à l'agonie, l'«usurpateur» Avidius Cassius, en Egypte, aurait lui aussi agi avec l'aval de l'impératrice Faustina

 

Brillants chefs de guerre, c'est une banalité de le dire, Livius/Maximus procèdent à la fois de Pompeianus, lequel, âgé, épousa effectivement Lucilla (et s'en mordit les doigts !) et de Pertinax, empereur pendant trois mois en 193, à la mort de Commode. C'étaient les deux meilleurs généraux de Marc Aurèle. Mais ils procèdent aussi de l'usurpateur Avidius Cassius, excellent général également - mais ici nous revenons à l'uchronie de Charles Renouvier déjà débattue plus haut.

 
stephen boyd - livius russel crowe - maximus

Livius (Stephen Boyd) et son double Maximus (Russell Crowe), quarante ans plus tard...

6.2. Maximus

Le général romain Ælius Maximus (que la VF nomme également Maximus Decimus Meridius), général préféré de l'empereur Marc Aurèle, le commandant des Légions «Felix», dont l'emblème est un félin (8), n'aspire qu'a retourner sur ses terres, moissonner ses champs. Sur les bords du Danube, il vient d'infliger une solide raclée aux barbares germains. Sans doute aimerait-il rentrer chez lui, à Trujillo en Espagne (Tergillium, dans l'Extremadure), retrouver sa femme et son jeune fils de huit ans qu'il n'a plus vus depuis 2 années, 264 jours et une matinée. Toutefois son ami l'empereur Marc Aurèle, qui se sent mourir, a une dernière mission à lui confier : devenir le «protecteur» de Rome, en abolissant l'Empire et en rétablissant l'autorité du Sénat, donc la République. Ce qu'apprenant, son fils Commode - le mal nommé - étrangle son paternel et ordonne l'exécution de Maximus et de sa famille. Le général fausse compagnie à ses bourreaux, mais, blessé se fait prendre comme esclave et devient gladiateur. Sa maîtrise des armes blanches feront d'Ælius Maximus un «spectatus», une vedette de l'amphithéâtre et permettra sa confrontation avec son ennemi Commode dont l'histoire se souvient, en effet, comme d'un «empereur-gladiateur».

Gaius Livius Metellus incarné jadis par Stephen Boyd, Ælius Maximus aujourd'hui campé par Russell Crowe sont des personnages de fiction qui synthétisent plusieurs protagonistes historiques :

P. Tarruntenus Paternus, le préfet du prétoire artisan de la dernière grande victoire de Marc Aurèle contre les Germains, qui en outre, plus tard, conspira avec Lucilla contre Commode.
   
Avidius Cassius, général intègre, cruel peut-être, mais aussi général rebelle, héros de la guerre contre les Parthes (trait de caractère reporté sur Livius, dans La chute de l'Empire romain).
Soit ambition personnelle, soit défiance de Commode (pourquoi pas ?), il tenta - avec l'assentiment de l'impératrice Faustina, semble-t-il, mais celle-ci n'était pas non plus un modèle de probité - d'usurper le pouvoir à l'annonce du décès de Marc Aurèle. Ce n'était toutefois qu'une rumeur. L'empereur était toujours bien vivant.
Avidius Cassius ayant été liquidé par ses propres hommes, Marc Aurèle protégea la famille du général rebelle. Mais lorsqu'il prit le pouvoir, Commode les fera tous brûler vif («Avidius Cassius», in Hist. Aug., XIII, 7).
C'est un des ressorts de Gladiator, le moteur-même de la vengeance de Maximus.
   
Ti. Claudius Pompeianus, le vieux général de Marc Aurèle, compagnon de bien des batailles, qui épousa Lucilla veuve de Lucius Verus. Il se garda bien de se mêler aux conspirations de son intrigante jeune épouse.
Cf. François FONTAINE, D'or et de bronze. Mémoires de T. Claudius Pompeianus, Julliard, 1986.
   
L. Marius Maximus, l'historien, confident de Marc Aurèle, qui fut également tribun militaire et son compagnon d'armes.
L'œuvre de Marius Maximus est perdue, mais nous est connue par de larges extraits dans L'Histoire Auguste. François Fontaine en a tenté une reconstitution dans Douze autres Césars, Julliard, 1985.
Parmi les homonymies possibles, on mentionnera un autre général de Marc Aurèle, M. Valerius Maximianus.

Maximus-Russell Crowe, l'homme «pour qui les femmes s'arrachent le bout des seins» a été à l'écran le swashbuckler par excellence du début du troisième millénaire. Sa personnalité avait été soigneusement étudiée par les marketters de DreamWork : il est l'homme qui rassure, modeste et terrible à la fois. L'amant idéal pour les spectatrices; l'homme d'action invincible pour les spectateurs, le James Bond en toge (qu'il ne porte d'ailleurs jamais). On ne s'étonnera donc pas de ce que ses aventures aient fait fantasmer de sympathiques jeunes femmes qui écrivirent la suite, ou plutôt - puisque Maximus meurt à la fin de film - les préquelles de ses aventures. On peut consulter ces textes traduits en français sur le site de Dominique Charlier.

5«What we do in life... echoes in Eternity !» («Ce que nous faisons dans la vie résonne dans l'Eternité !»). Russell Crowe a collaboré à l'écriture de ses dialogues en y incluant des extraits des Pensées pour moi-même de Marc Aurèle, que l'empereur, à la fin de sa vie, rédigea en grec et au jour le jour, au cours de ses expéditions contre les Quades et les Marcomans. Ces réflexions, qui n'étaient pas destinées à être publiées, furent après sa mort rassemblées et classée par son secrétaire. Soucieux de réalisme et de crédibilité, Russell Crowe s'est plongé dans les manuels d'histoire et les méandres de la philosophie stoïcienne. De fait, le nom même de «Maximus» est, semble-t-il, tiré des Pensées. Maximus est l'ami et confident auquel l'empereur s'adresse dans ses réflexions et cité à maintes reprises. «L'histoire était l'une des seules matières dans laquelle j'étais bon à l'école. Pour moi, Max est un disciple de Marc Aurèle, déclarera-t-il. Ce qui m'a conduit à utiliser son livre, Les Pensées, dont certaines répliques du film sont directement tirées. Je vois Maximus comme un soldat sans attache politique, qui n'a de loyauté que pour Marc Aurèle. C'est une période très étrange et très intéressante de l'histoire, avec une conscience sociale et politique remarquable et des inventions extraordinaires, qu'il faut mettre en parallèle avec la brutalité de leurs distractions sportives... Beaucoup de choses ont changé depuis ce temps-là. Les véhicules ont changé. On est passé du char à la Ferrari. Mais pour ce qui est des relations humaines, de la gamme des émotions et des désirs, ça n'a guère évolué. On a seulement fait des progrès dans les moyens d'acheminer le spectacle de la violence jusque dans nos maisons. Plus besoin de sortir...» (9).

Le premier livre des Pensées s'ouvre sur une série de réflexions qui trouvent leur écho dans le dialogue du père et du fils : ses vertus, Marc Aurèle les tiens de son grand-père : la bonté coutumière, le calme inaltérable (I, 1); de son père : la réserve et la force virile (I, 2); de sa mère : la piété, la libéralité, le refus des mauvaises actions, la simplicité de vie (I, 3); de son bisaïeul : avoir eu de bons professeurs privés, le goût de l'étude (I, 4); et bien d'autres qualités encore de son précepteur et de Diognète, de Rusticus et d'Apollonius, et de Sextus etc. Tout ce passage transsude, bien évidemment, dans le dialogue entre Richard Harris et Joaquin Phoenix à propos des vertus que se doit de posséder un homme honorable. Sagesse, justice, force d'âme, tempérance, sont les vertus cardinales de Marc Aurèle-Richard Harris, auprès desquelles celles de son fils - l'ambition perfectionniste, l'ingéniosité, un certain courage, le dévouement envers les siens - ne sont que choses médiocres.

Les divers scénaristes, puis Russell Crowe lui-même, se sont appliqués à peaufiner le personnage de Maximus, ses idéaux. On ne voulait pas d'un simple tueur qui se venge; ainsi a-t-on fini par en faire une sorte de nouvel Orphée qui n'aspire qu'à sa terre d'abord, puis à retrouver femme et enfant dans le Monde des Morts. Le film s'ouvre sur sa main flattant les blés dorés des Champs Elyséens, et se termine sur les mêmes images et la porte du Monde des Morts finalement ouverte, images solarisées qui reviennent comme une leitmotiv, à plusieurs reprises, échéance toujours repoussée (but not yet...). Ces Champs Elyséens, il les a prémonitoirement nommés à ses cavaliers, avant de charger les Germains («N'en soyez pas étonnés... c'est que vous êtes déjà morts»). C'est une forte spiritualité qui soutient Maximus, héros stoïcien. «La mort n'est pas une privation, explique Jean-Marc Piotte, commentant les Pensées de Marc Aurèle, stoïcien de la troisième vague (10). Pour chaque individu, la mort est, pour le corps, retour à ses éléments matériels, et pour l'âme, fusion dans la raison universelle dont elle est issue. [...] La mort est naturelle.» Maximus ne se sent pas responsable des autres - qu'il ne contrôle pas - mais, responsable de ses actes, est exigeant avec lui-même... De là son charisme.

(Pour les visiteurs pressés, une succincte présentation des Pensées pour moi-même [CLICK] ou, pour ceux qui veulent aller au fond des choses, la traduction et le commentaire des Pensées par J. Barthélémy Saint-Hilaire [Paris, 1876] [CLICK].)

6.3. Les épigones de Gladiator

GLADIATOR 2 - Scén. : John Logan; Prod. Walter Parkes. Se passe quinze ans après la mort de Maximus/Russell Crowe. Espérons que la sortie de cette séquelle ne tarde pas d'autant, en temps réel !
Sur le site Internet Empire Online (12 septembre 2003), Ridley Scott a donné quelques informations sur cette séquelle de Gladiator aux 5 Academy Awards, dont il préparait le tournage.
Un premier scénario a été écrit, qui était en cours de retraitement par John Logan. Co-scénariste de Gladiator 1, Logan est l'auteur de Star Trek : Nemesis et Sinbad : La Légende des sept mers.
La sortie du film était prévue pour 2005. Sans nouvelles depuis : abandonné ?

La participation de Russell Crowe à Gladiator 2 n'a jamais été confirmée, et rien ne filtra du casting éventuel. On seulement su que le Colisée ne serait plus au centre de l'action, laquelle devait cette fois avoir une dimension plus politique.
[D'après T.N. (12 septembre 2003, avec Empire Online).]

GLADIATOR (Série TV) - Plus aucune nouvelle non plus de cette série inspirée par le succès du film de Ridley Scott, qui en aurait tourné le pilote, mais qui devait se dérouler dans la Rome de Néron. Dreamwork en avait confié le concept à l'un des créateurs de New York Police Blues... (Ciné Live, n 41, décembre 2000, p. 134). Abandonné ?

I GLADIATORI - Réal. : Bruno Mattei; Prod. La Perla Nera.

AMAZONS AND GLADIATORS [dvd] - Réal. : Zachary Weintraub (EU-AL, 2001). Avec Patrick Bergin et Wendi Winburn. Disponible en DVD chez Paramount Pictures (Pays-Bas), en 2002. Version anglaise / sous-titrée néerlandais. L'affiche à personnages sombres sur ciel jaune imite le style de celle de Gladiator, première manière.
En 60 de n.E., Marcus Crass(i)us - «le héros des guerres puniques, le vainqueur de Spartacus» (sic) - est le général préféré de l'Empereur de Rome [Vespasien, alors ?]. Il assure la soumission d'un petit village barbare avec une férocité incroyable. Serena, un fillette d'à peine dix ans, voit sa mère pendue et brûlée vive par les légionnaires... Plus de détails sur le site péplum de Gilles Laurent et celui de Wendi Winburn.

 
amazons and gladiators
 

GLADIATOR EROTICVS : THE LESBIAN WARRIORS (film X) [vd] - Réal. : John Bacchus; Prod. : Ei Independent Cinema (distr. : Seduction Cinema) (EU, 2001). Avec Darian Caine (Eroticus), Misty Mundæ (Clitoris), Jade Duboir (Orgasmus), John Paul Fedele (Dickus Minimus). Softcore déjanté, qui se veut un remake au féminin du film de Ridley Scott. Eroticus (CLICK et CLICK) est une générale romaine à qui il va arriver toutes sortes de bricoles. Peut se commander aux States via le Net.

THE ARENA (Gladiatrix [Russie]) [vd] - Etats-Unis, 2001. Prod. : New Concorde (Roger Corman); Réal. : Timur Bekmambetov; Scén. : John William Corrington / 92'.
«On reste dans le monde des gladiateurs avec ce
remake du film du même nom avec Pam Grier (The Arena, Steve Carver, 1973). Toujours produit par Roger Corman, le film a été tourné pour le marché de la vidéo, en Russie, par une équipe russe, mais avec des playmates américaines. Roger Corman, surfant sur les récents attentats aux Etats-Unis, a acheté les droits du premier film de Timur Bekmambetov, qui avait pour cadre la guerre en Afghanistan. The Arena nouvelle formule reprend grosso modo les grandes lignes de l'original» (Gilles Laurent). (CLICK)

 
gladiator eroticus
the arena the arena
 

THE PRIVATE GLADIATOR I, II et III (film X) [vd] [dvd] - Réal. : Antonio Adamo. Avec Tony Ribas (dans le rôle de Maxximus, avec deux XX car c'est une grande taille !) et Rita Faltoyano.
Libération
(mercredi 24 avril 2002) a sur deux pages et demie parlé de ce remake porno de Gladiator tourné à Budapest, devenu une épopée hardcore en trois épisodes. La volonté de refaire, à grand renfort d'images informatiques, le film de Ridley Scott est bien réelle, quitte à en simplifier le scénario. Toutefois, l'intrigue se dilue dans d'interminables démonstrations du missus propagandæ Christianæ doctrinæ causa legatus (11) alternant avec, plus sulfureuse, la catullienne recommandation pedicabo ego uos et irrumabo (12) (CAT., XVI, 1). Vous pouvez les trouver en DVD et en vidéo dans votre sex-shop favori !
Pour les péplologues insatiables que ces quelques six heures de minutieuses «reconstitutions archéologiques» en droite ligne inspirées des trésors du Cabinet Secret du Musée de Naples n'auraient pas lassé, Private (CLICK, CLICK & CLICK) a également édité une trilogie DVD hardcore dont l'action se passe dans l'Egypte pharaonique - à faire se redresser la momie dans son sarcophage et débander les bandelettes -, intitulée Pyramid... ainsi qu'une Cléopâtre en trois épisodes également.

 
private gladiator private gladiator private gladiator
 

«GLAD HE ATE HER» - Gag ! Dans le «bollywoodien (13Le Gourou et les Femmes (The Guru, Daisy von Scherler Mayer, GB - 2002), le professeur de danse et réalisateur Rama Gupta - star chez lui, à Bombay - décide de percer à Hollywood et d'y monter une comédie musicale à l'américaine. Pour survivre, il lui faudra faire bien des concessions à ses ambitions et tourner, par exemple, des pornos comme «Glad He Ate Her» («Heureux qu'il l'ait mangée»), fin calembour qui vaut largement «Le gladiateur aux bretelles rouges» dont il était question dans Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ?
Juste pour le fun, nous tenions à mentionner cet «epic that never was».

GLADIATEURS (COLOSSEUM - ROME'S ARENA OF DEATH) - Docufiction [tv]. Grande-Bretagne, 2003. Prod. : BBC - Discovery Channel - RTL (participation de France 2) / env. 50'
Réal. : Tilman Remme. Avec Robert Shannon (Verus) & Derek Lea (Priscus).

Les douze vers latins de l'épigramme XXIX du Liber spectaculis de Martial ont fourni le point de départ de ce documentaire qui essaie de remettre l'église au milieu du village (ou faudrait-il dire «le gladiateur au centre de l'arène» ?).

GLADIATEUR - Prod. : Valéry Zeitoun (AZ/Universal); Mise en scène : Elie Chouraqui (Les Dix Commandements); Chansons : Maxime Le Forestier (paroles et musique).
Cette comédie musicale a été représentée au Palais des Sport (Paris), en octobre 2004. «L'émotion, la passion, la révolte, un message de liberté...» proclame le slogan. Une nouvelle mouture de Spartacus. DVD, CD et BD dans le commerce.

 
spartacus gladiateur

Conclusion

Historiographie romanesque
Qu'ils travaillent à Hollywood ou à Cinecittà, qu'ils soient scénaristes de cinéma ou de BD, ou encore romanciers : ce sont les nouveaux historiens, des historiographes plus proches d'Hérodote que de Thucydide s'il faut remonter aux origines de la discipline.

Pour eux l'Histoire n'est pas une science objective (du reste, l'a-t-elle jamais été ?) mais un récit édifiant, émouvant, bref entertainement. Elle doit plaire aux masses qui feront rentrer les dollars dans la caisse et ainsi assurer le succès matériel de leur entreprise. Et assurer leur viabilité. La meilleure façon d'y parvenir est encore d'opposer des bons et des mauvais. Encore faut-il que les bons soient très bons, et les mauvais très mauvais. Nous ne croyons pas que les cinéastes et les scénaristes d'Hollywood ou d'ailleurs soient les idiots incultes que l'on dit (en prise directe avec l'argent, pour les producteurs c'est autre chose !).

Au contraire, nous nous plaisons à imaginer Ben Barzman, Basilio Franchina et Philip Yordan, les scénaristes de La chute de l'Empire romain, lisant dans l'Histoire Auguste que Marc Aurèle - par précaution - massacra les lètes germaniques qu'il avait accueillis dans l'Empire, ou empoisonna son demi-frère L. Verus en découpant un met avec un couteau dont une face de la lame était empoisonnée. Mais que, comme ces viles actions convenaient mieux au «cruel» Commode qu'au «philosophe» Marc Aurèle, la chose fut vite jugée. En toute connaissance de cause, bien entendu.
«Et voilà, Madame, comment on écrit non pas l'Histoire, mais... une histoire

Suite…

NOTES :

(1) En 183, un Ulpius Marcellus mata pour Commode une révolte en... Bretagne. - Retour texte

(2) L'Histoire Auguste lui reproche notamment une excessive sévérité confinant à la cruauté (sa cruauté lui valut le surnom de «Catilina»), pour ses propres soldats qui s'étaient livrés au pillage des biens de sujets de l'Empire. - Retour texte

(3) Cf. aussi : Eric B. HENRIET, L'Histoire revisitée. Panorama de l'Uchronie sous toutes ses formes, Amiens, Ed. Encrage, 1999. - Retour texte

(4) Pertinax alla deux fois en Bretagne : d'abord comme simple préfet de cohorte, ensuite - mais en 185 ! - comme légat consulaire. - Retour texte

(5) Histoire Auguste - Les Empereurs romains des IIe et IIIe s. (André CHASTAGNOL éd.), Robert Laffont, coll. Bouquins, 1994; François FONTAINE, Douze autres Césars, Julliard, 1985. - Retour texte

(6) Sept ans après Gladiator, Tomas Arana reprendra du service comme maître gladiateur dans le téléfilm Pompéi de Paolo Poeti. - Retour texte

(7) Henri GRÉGOIRE, Les persécutions dans l'Empire romain, Académie royale de Belgique, 1964, 2e éd., p. 116. - Retour texte

(8) Lorsque dans l'arène l'«Espagnol» avoue son identité, il se déclare général «des» légions Felix. De fait, un vexillium porte l'inscription Felix II et un lion; on voit aussi les inscriptions Felix III et Prætoria XV (photo e.a. dans Historia, n 643, p. 67). - Retour texte

(9) Première, n 280, juin-juillet 2000, pp. 109-110; cf. aussi Studio, n 157, juin 2000, p. 78. - Retour texte

(10) J.-M. PIOTTE, Les grands penseurs du monde occidental - L'éthique et la politique de Platon à nos jours, Éd. Fides, 1997, 1999. - Retour texte

(11) La position «du Missionnaire». - Retour texte

(12) «Je vous enculerai et vous me sucerez.» - Retour texte

(13) Le producteur exécutif est l'Indien Shekhar Kapur (Bandit Queen, 1995, Elizabeth, 1997 et The Four Feathers, 2002). - Retour texte