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Apostat
Ken Broeders

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Un auteur : Ken Broeders
Bibliographie
Interview

A. L'Empire romain avant Julien

B. Julien le Grand

3. Le Græculus

Sur cette page :

4. Le César des Gaules

4.1. La situation politique en 355
4.2. Un brillant stratège se révèle

4.2.1. L'armée romaine sous le Bas-Empire
4.2.2. La bataille de Strasbourg - 15 août 357

5. Empereur Auguste

Addendum : quelques personnages

Ammien Marcellin
Eusèbe de Pergame
Faustine
Grégoire de Nazianze
Libanius d'Antioche
Maxime d'Ephèse
Oribase de Pergame
Paul Catena
Salluste

Chronologie de Julien

Fastes Consulaires
Chronologie

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Bibliographie
Littérature
Filmographie

 
casque bas empire casque bas empire, berkasovo

Types de casques romains du Bas-Empire : à gauche un casque à crète (Ridge Helmet) type «Deurne» (Musée de Leyde - Pays-Bas) et à droite le «Berkasovo», ainsi nommés d'après le lieu où ils ont été trouvés

4. Le César des Gaules

4.1. La situation politique en 355

Mais n'anticipons pas. Revenons en 355, l'année qui voit notre philosophe s'extirper de sa terne chrysalide pour se révéler rude chef de guerre tout d'acier bardé !
Constantin avait prévu de partager son Empire entre ses trois fils et ses deux neveux - Dalmatius César (Mésie et Thrace) et Hannibalien Junior (Arménie) (1). Mais lorsque qu'il meurt, les trois fils s'empressent de liquider les neveux, comme on l'a dit plus haut, et se partagent l'Empire en se proclamant tous trois «Auguste» (9 septembre 337).

Constance II (318/361) s'attribue tout l'Orient, le Pont et le diocèse de Thrace (2). C'est néanmoins de Milan, capitale de l'Empire d'Occident (3) - il s'est rapproché de l'inextricable conflit qui ravage les Gaules qui ont sombré dans l'anarchie -, qu'il enverra le jeune Julien, promu «César des Gaules», mettre au pas le roi alaman Chnodomar. Comment en est-il arrivé là ? Voyons ce qu'il est advenu de ses frères...

L'aîné des trois, Constantin II, dit «le Jeune» (316/340), a reçu l'Occident (Espagne, Bretagne et Gaule). Voulant châtier son trop indépendant frère Constant, il tombe dans une embuscade près d'Aquilée et est tué (printemps 340).

Constant (320/350), le cadet qui règne à Sirmium - auj. Mitrovica, en Serbie -, reçoit l'Afrique, l'Italie et l'Illyrie-Pannonie. On vient de voir aussi qu'il s'empara des provinces de son frère Constantin II, devenant ainsi Auguste de tout l'Occident.

Constantin II disparu, une dyarchie de fait s'est instaurée : Constant en Occident et Constance II en Orient. Ils sont trop préoccupés l'un par les Alamans sur le Rhin, l'autre par les Perses sur le glacis arménien pour renégocier le partage de l'Empire suite à l'Anschluss de Constant.

Toutefois, le 18 janvier 350 Constant est assassiné par l'usurpateur païen Magnence - lequel à l'instigation de Constantia, une fille de Constantin Ier, est bientôt lui-même renversé par le commandant de l'armée du Danube, Vetranio (4). Trois mois plus tard, une sœur de Constantin Ier, Eutropia, met son fils Népotien (5) sur le trône de Rome où il est tué 27 jours plus tard par Magnence, qui a repris le pouvoir. Magnence aura été empereur du 28 février 350 à août 350, date à laquelle il est à son tour occis par le roi alaman Chnodomar - que Constance II a suscité sur ses arrières ! Son frère, le César Decentius se suicidera peu de temps après.
L'usurpateur battu, la guerre est donc finie ? Que nenni ! Les Alamans, déloyaux et fourbes comme il se doit, ne rentrent pas chez eux et, bien évidemment, mettent tout le nord-est de la Gaule à feu et à sang... Faussement accusé de complot contre l'empereur, le général franc Silvanus - qui les combattait - est obligé de proclamer un putsch le 11 août 355. Il n'aura régné que 28 jours, soit un jour de plus que le pauvre Népotien.

Après cela, faute de leaders, l'Empire romain se voit réunifié de fait sous la seule autorité de Constance II. Mais la Gaule, plus que jamais, est livrée aux rapines des barbares.

casque bas empre, spangenhelm casque bas empire, intercisa

Types de casques romains du Bas-Empire : à gauche une reconstitution d'un Spangenhelm à nasal inspiré du «Concesti» et, à droite, un «Intercisa»

4.2. Un brillant stratège se révèle

Ses frères disparus, Constance II est, en 350, unique maître de l'Empire. Les fils de Constantin ont si bien fait le ménage qu'il ne reste plus aucun membre de la famille à qui faire appel pour seconder Constance dans sa tâche colossale. Plus personne ? Mais si ! il reste les cousins Gallus et Julien qui se morfondent dans le coin de forteresse où on les a relégués. C'est donc dans la branche rivale de la famille que l'empereur ira chercher un parent qui pourrait le seconder. Il choisit Gallus comme «César d'Orient» tandis que Julien est autoriser à aller étudier à Nicomédie.
Appelé à Milan, Gallus (25 ans), épouse le 15 mars 351 Constantina, sœur de Constance, l'intrigante qui avait favorisé l'usurpation de Vetranio et qu'Ammien Marcellin qualifiera de «mégère». Le nouveau César part pour Antioche afin de tenir le «Front de l'Est». Gallus s'y révèle être un véritable tyran; il faut dire que Constantina l'y pousse hardiment, elle qui - comme sœur de l'empereur - se croit tout permis. Dénoncé par Barbatio, le capitaine de sa garde, son mari est rappelé par Constance II et finalement condamné à mort par un tribunal présidé par l'eunuque Eusébios (septembre 354).

Voilà donc la situation quand, le 1er décembre 355, à son tour appelé à Milan, le cousin Julien se met en route pour la Gaule. Chaudement recommandé par l'impératrice Eusébie, il est en effet à son tour devenu le beau-frère de Constance en épousant dare-dare son autre sœur Hélène-la-Jeune. Il est accompagné de Marcellus et Saloustios, deux généraux chargés de l'espionner, et de... 360 soldats plus doués pour les patenôtres que brillants sur le champ de bataille, comme le sous-entend Zozime.
On attend du jeune César un rôle d'impériale figuration. Il est encadré par les vrais décideurs, les généraux Marcellus et Ursicinus, ce dernier déjà sur place, et plus tard par Barbatio (6). Le préfet du prétoire des Gaules Florentius (7) et le questeur Saloustios complètent son état-major. Avec ce dernier, il s'entendra merveilleusement bien. Et aussi avec un autre excellent officier, grec et païen, le futur historien Ammien Marcellin d'Antioche, bras droit d'Ursicinus. Pendant deux ans, ce sera le bras de fer entre le César et ses rétifs «subordonnés». Que les choses soient claires toutefois, et que l'on ne prête pas au retors Constance plus de malignité qu'il n'en avait : dans la logique du temps, où le lignage est tout, Julien comme petit-fils du grand Constance-Chlore - vénéré par tous les Gaulois - se présentait comme un gage de la bienveillance de Constance et de sa volonté de pacifier la Gaule en y éradiquant les barbares. Or Julien, c'était de notoriété publique, n'avait aucune expérience militaire, aussi était-ce à son état-major de faire à sa place le travail de Mars.
Dilettante doué, mais dilettante tout de même, le doux philosophe, le «rat de bibliothèque» qu'il était, de manière inattendue se révéla rapidement être un habile stratège et un soldat endurant. Ascétique par nature, Julien détestait le faste et le luxe, et partageait l'ordinaire de ses soldats dont, par sa simplicité, il sut se faire aimer.

En route pour la Gaule, Julien découvrit que Constance avait négligé de le prévenir que Cologne était tombée. Pourquoi d'ailleurs l'aurait-il fait ? Julien n'était à ses yeux qu'un homme de paille. Après avoir hiverné à Vienne où Salustios l'initia rapidement au métier des armes, deux armées romaines constituées au printemps se mettent en route pour le Rhin : la première est commandée par Marcellus et Ursicinus, la seconde par Julien qui reprend Cologne en août 356. En cette affaire, ne sous-estimons pas le rôle des professionnels placés «sous» les ordres de Julien.

Avec une troupe restreinte, Julien hiverne à Sens (Agedincum) que Marcellus a vidé de ses troupes. Là, il est un mois durant assiégé par les Alamans qui finalement se retirent - sans que Marcellus lève le plus petit doigt pour secourir son supérieur. Peut-être par jalousie vis-à-vis d'un rival potentiel.

Conseillé par son épouse Eusébie, Constance limoge Marcellus, le général incompétent, et envoie le brave Ursicinus en Orient (c'est une promotion), laissant les pleins pouvoirs à Julien qui semble avoir fait ses preuves. Avec néanmoins sur son dos - on n'est jamais assez prudent - un autre général, le précité Magister peditum Barbatio, pour surveiller et éventuellement contrer ce cousin dont il continue de se méfier.

Descendant le cours du Rhin sur sa rive gauche, Barbatio arrive avec des renforts (25.000 h). Toutefois, près de Bâle, il décide de traverser le Rhin afin de mener sa propre expédition contre les Germains. Ceux-ci lâchent des troncs d'arbres en amont, anéantissant son pont de bateaux. Dépité, le piteux Magister peditum regagne sa base, laissant les coudées franches aux Alamans. Sans doute Barbatio craint-il d'avoir à rendre des comptes au jeune César; à moins qu'il ne redoute que celui-ci ne saisisse le prétexte pour lui faire payer son rôle dans la destitution et la mort de Gallus ?

4.2.1. L'armée romaine sous le Bas-Empire

Aux Ier et IIe s., les légions étaient stationnées dans des camps échelonnés sur le limes. Sous le Bas-Empire, la vision stratégique a changé. La frontière est désormais défendue par des troupes policières de gardes-frontières, les limitani. Les troupes d'élite sont positionnées plus à l'intérieur, pour une défense en profondeur contre les raids barbares. Et l'on distingue à présent les troupes d'élite (légions et auxiliats palatins) des légions régulières, dites «d'accompagnement» (comitatenses). Les légions sont toujours composées en principe de citoyens, mais les auxiliaires barbares - qui étaient de simples troupes supplétives sous le Haut-Empire - sont maintenant assimilés aux troupes d'élites. Ce sont les auxiliats palatins.
A l'origine, les troupes auxiliaires étaient destinées à combler les vides entre les différents camps légionnaires établis sur le limes, ce qui leur valait d'être considérées comme inférieures aux troupes légionnaires. Leur rôle consistait à quadriller la frontière en petites unités mobiles, sous la protection des légions alors concentrées en des points très précis, mais prêtes à intervenir partout où on les requerrait.

Par ailleurs en passant de moins d'une trentaine depuis la réforme augustéenne au Ier s. de n.E. à près de 160 sous le Bas-Empire, les légions se sont démultipliées en même temps que fondent leurs effectifs : de 4 à 6.000 h sous la République et le Haut-Empire, elles n'en comptabilisent maintenant plus qu'un millier (entre 800 et 1.200 h), ce qui n'empêchera pas l'armée romaine de quasiment tripler (de 200.000 à plus de 500.000 h). L'inflation, en quelque sorte.

La Notitia Dignitatum nous donne par provinces un aperçu des forces armées romaines, avec des omissions et des confusions du fait de la superposition de données de différentes époques. Les légions sont souvent dédoublées en seniores et iuniores. La Notitia cite la plupart des unités qui participeront à la bataille de Strasbourg aux côtés de Julien, et qu'Ammien Marcellin nomme dans son récit de la bataille.À l'énoncé de ces «régiments» (Bataves, Hérules, Mœsiens, Pannoniens, Dalmates) on comprend ce que signifie le néologisme «barbarisation» de l'armée romaine, laquelle incorpore des tribus entières d'auxiliaires. D'autres barbares de condition libre s'engagent à titre individuel; ils sont Francs, Alamans, Vandales etc. Ces pérégrins combattent dans les légions palatines aux côtés des Romains de souche. Ainsi, par exemple, à côté de la désaffection générale des citoyens de l'Empire, la carrière des armes sourit encore aux Celtes et aux Numides... Au contraire des légions des Ier et IIe s. qui affectionnaient des casques d'origine celtique ou italique (dont la calotte était faite d'une seule pièce), on porte surtout, maintenant, des modèles orientaux (?) faits de deux, quatre ou six morceaux rivetés le long de bandes radiales. Les cuirasses à bandes articulées ont disparu au profit des cotes de mailles ou d'écailles d'inspiration perse. Beaucoup de légionnaires combattent sans cuirasse, avec pour seules protections le casque et le bouclier (et chez les auxiliaires barbares, les casques n'équipent pas tout de monde). La toque pannonienne, qui coiffe les soldats au repos, au combat sert de sous-casque.

soldat bas empire, plumbata

Ce légionnaire s'apprête à lancer une plumbata, flèche lestée de plomb qui se lance à la main (ph. François Gilbert)

Disparus également des célèbres scuti rectangulaires et cintrés du Haut-Empire, au profit des boucliers ronds ou ovales et plats. La lance, à la hampe peinte de deux ou trois couleurs vives, tend à remplacer pila et autres javelots; mais les légionnaires cachent sous l'orbe de leur bouclier une provision de plumbatæ, lourdes flèches plombées qui se lancent à la main. Ammien Marcellin nous montre «les antépilaires, les hastaires et leurs serre-files [antepilani hastatisque et ordinum primis] se mettre en ligne et rester fixes, présentant un front de bataille aussi solide qu'un mur» (AMM., XVI, 12. 22). Comme leur nom l'indique les hastaires manient la lance (hasta) et les antepilani doivent être des troupes légères armées de javelots (pila), placées en avant. Les ordinum primis sont les sous-officiers qui noyautent les files de soldats. De fait, la tactique tend à revenir aux principes de la phalange gréco-macédonienne : des bataillons de 16 hommes de front sur 16 en profondeur, soit 246, donnent par deux des cohortes quingénaires (500 hommes).

4.3. La bataille de Strasbourg - 15 août 357

Julien arrive de Tres Tabernæ (Saverne). Barbatio et ses 25.000 fantassins ayant rebroussé chemin, le César des Gaules est réduit à ses seules forces et dispose d'environ 13.000 hommes, dont 3.000 cavaliers. Quatre kilomètres avant Argentoratum (Strasbourg), quelque 35.000 Alamans - selon Ammien Marcellin - lui barrent le passage. Un chiffre surévalué, que Drinkwater ramène à 15.000 hommes.
En fait, c'est depuis la veille que Julien observe les Alamans traversant le Rhin en attendant qu'il y en ait suffisamment pour en faire un grand massacre - mais pas plus qu'il n'en peut dévorer !

Chnodomar commande l'aile gauche, soit 4.000 cavaliers alamans et de l'infanterie légère. Au centre, 16.000 alliés germaniques conduits par leurs rois respectifs - Felstrap, Urius, Suomaire et Hortaire. À droite, dans la forêt, Sérapion (8) s'est dissimulé avec 2.000 fantassins alamans.

Face à l'aile droite alamanne, la gauche romaine conduite par Severus, son nouveau Magister peditum («maître de l'infanterie»), est forte de quinze cents auxiliaires et des archers. Jaillissant de leurs tranchées, les archers alamans ne se laissent pas dénombrer et lui causent des difficultés.

vexillarius, cornuti

Un Vexillarius (porte enseigne) des auxiliaires palatins Cornuti seniores, reconnaissable à son bouclier blanc marqué de l'emblème cornu rouge, vers 312 (ph. François Gilbert)

cornuti, bataille de strasbourg

La même légion des Cornuti à la bataille de Strasbourg, vu par Ken Broeders (Apostat/2, p. 23). Dans le même album on reconnaît, p. 25, les boucliers jaunes à double croix de diagonales rouge et noire des Pannoniciani seniores; p. 26, les boucliers rouges à croix bleue des Primani (Prima Flauia Pacis, «Ière Flavienne de la Paix»); p. 33, les boucliers jaunes et bleus des Petulantes seniores à côté de ceux des Cornuti; et p. 35, une identification plus hasardeuse des hommes à pied qui encerclent Chnodomar : leurs boucliers décorés d'une cocarde tricolore rouge, jaune et au centre bleue semble renvoyer aux Equites Bataui seniores...

Le centre de Julien se compose de quatre légions palatines encadrées sur les ailes par des auxiliats palatins dont les Cornuti («Cornus») et les Brachiati. Au total donc 6.000 hommes soutenus par un millier d'archers. Ammien Marcellin ne nomme pas les légions de première ligne, mais les Herculiani n'y étaient pas : ayant combattu pour l'usurpateur Magnence, ils avaient depuis été transférés en Orient. Toutefois ils seront aux côtés de Julien pendant sa fatale campagne en Mésopotamie (363).

Derrière cette première ligne se tient Julien César avec une schole (9) de 200 cavaliers au-dessus de laquelle au bout d'une pique flotte son dragon de pourpre. Il précède la seconde ligne constituée par une cinquième légion régulière, les Primani, entourés des auxiliats des Bataves et des «Royaux» (Regii).

Enfin, face à la cavalerie mêlée d'infanterie légère de Chnodomar, se tient l'aile droite de Julien : six vexillations de cavalerie, dont deux de cataphractaires à la tête desquels les tribuns Laipsus et Innocentus se feront tuer en chargeant. Les Germains «avaient remarqué que les rênes et le bouclier ne laissaient à leurs gens de cheval qu'une main libre pour lancer le javelot. Le plus exercé - dans un combat corps à corps avec un de nos clibanares (10)- ne faisait que s'escrimer en pure perte contre le guerrier complètement abrité sous son armure de fer. Mais un fantassin pouvait (inaperçu dans la chaleur du conflit où l'on ne songe qu'à ce qu'on a devant soi) se glisser sous les flancs du cheval, l'éventrer, et démonter ainsi l'ennemi invulnérable, dont alors on avait bon marché» (AMM., XVI, 12). C'est la technique de la cavalerie mixte, bien connue des Germains comme des Celtes, dont César parlait déjà dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. Les vélites alamans provoquent ainsi le reflux des cuirassiers sur l'infanterie romaine, qui cependant tiendra bon.
C'est alors que les Gaulois poussèrent le barritus, leur cri de guerre. «Il préludait - rapporte Ammien Marcellin - par un léger murmure, qui s'enflait peu à peu, pour éclater en un fracas pareil au bruit des flots se heurtant à une falaise.» La mêlée est sans merci. Julien et sa garde personnelle vont devoir voler au secours de Severus sur l'aile gauche, tandis qu'au centre l'entrée en jeu des Primani va soulager le front romain en train de fléchir.

Les Romains auront 243 tués, mais six mille Alamans resteront sur le carreau; et dans la débâcle deux mille autres se noieront en essayant de repasser le Rhin (11). Fait prisonnier, Chnodomar est envoyé à Rome chargé de chaînes et finit ses jours sur le mont Cœlius, dans un cachot de la Castra Peregrina où il se laissera mourir de consomption (AMM., XVI, 12. 66).

bataille de strasbourg, chnodomar, empereur julien

La capture de Chnodomar, tout d'un coup devenu moins bravache à en croire Ammien Marcellin (Apostat/3, p. 36)

Julien mène ensuite une expédition punitive outre-Rhin puis regagne Lutèce où il se trouve au printemps 358. C'est pendant l'hiver 358 qu'Hélène-la-Jeune, l'épouse de Julien, qui d'ordinaire réside en Italie, vient retrouver son époux et, après avoir accouché d'un fils mort-né, décède peu après. Selon Ammien Marcellin, ce serait l'impératrice Eusébie - la protectrice de Julien - qui, jalouse de ne pouvoir elle-même donner un héritier à son mari, aurait soudoyé la sage-femme pour empêcher Julien d'en avoir un.

En 358 et 359, Julien pacifie la Toxandrie [le Brabant] occupée par les Francs saliens qu'il écrase à Tongres, ainsi que les Chamaves qui se sont établis au delà de la Meuse, sur le cours inférieur du Rhin. Il relève les forteresses sur le Rhin et réorganise la Classis britannica, la flotte de 200 bateaux pourvoyant le ravitaillement de Bretagne et qu'harcèlent les pirates saxons.

legionnaires bas empire

Franchissant le Rhin, les légionnaires iront porter la guerre en territoire alaman. Notez le casque «Intercisa» que Ken Broeders reproduit souvent dans sa BD (ph. Coll. P. Demory)

Certes Constance II est heureux de voir l'ordre enfin régner dans les Gaules, mais il redoute que ces succès - joints à sa popularité - ne montent à la tête du jeune César et ne le poussent à l'usurpation. En Orient, la forteresse d'Amida tombe entre les mains du Roi des Rois perse, qui fait prisonnières six légions.
Constance II décide de faire d'une pierre deux coups en réclamant à Julien ses meilleures troupes pour les envoyer contre les Perses. Ainsi désarmé, Julien ne pourra plus rien contre lui. Mais arrive ce que Constance redoutait : les troupes gauloises, bataves et franques ne souhaitent pas abandonner leurs foyers aux Alamans hostiles, sous prétexte d'aller combattre dans de lointaines régions de l'Orient. Et c'est ainsi qu'en février 360, à Lutèce, elles proclament Auguste le César Julien. En guise de diadème, un sous-officier des Pétulants lui pose son torque sur la tête et ses camarades hissent Julien sur un pavois, à la manière franque.
Julien envoie des émissaires à Constance, protestant de ce qu'il n'avait accepté ce titre que pour éviter qu'un autre candidat n'usurpe le pouvoir. Aussi souhaite-t-il négocier un statu quo : Constance doit le reconnaître pour Auguste d'Occident ! L'empereur ne l'entend pas de cette oreille, évidemment. On entame des négociations. Après une dernière opération sur le Rhin, Julien descend sur Vienne où il passe l'hiver 360.
C'est ici que s'achève le troisième tome d'Apostat.

empereur julien, lutece

C'est en sa «chère Lutèce» («peri tèn philè Loutakian» [12]) où il passe l'hiver 359-360, que Julien attise la révolte des légions, qui décident d'un putsch. Julien est sacré Auguste par ses soldats, lesquels refusent d'aller combattre en Orient, loin de leurs foyers qu'ils laisseraient à la merci des Alamans... (Apostat/3, p. 44)

 

5. Empereur Auguste

La situation de Constance en Orient n'est guère brillante. Pour contrer Julien, il a - comme il l'avait déjà fait avec Magnence - suscité un autre chef barbare, Vadomaire. Julien en est rapidement venu à bout et marche maintenant sur Sirmium en Illyrie (Mitrovica en Serbie), puis Naïssos (Nisch), la ville natale de Constantin-le-Grand. Mais sur le chemin du retour, Constance qui, d'Orient, accourt à la rencontre du rebelle, tombe malade et meurt à Mopsucrène de Cilicie (3 novembre 361).
Heureusement, avant d'expirer, il a la sagesse de reconnaître Julien pour son successeur, épargant ainsi à l'Empire une nouvelle guerre civile.

Celui-ci marche alors sur Constantinople où il accueille les restes mortels de son cousin, à qui il concède les honneurs de l'apothéose avant de le faire inhumer dans l'Eglise des Saints-Apôtres aux côtés de son père, le Grand Constantin Ier. Ensuite, affichant publiquement désormais son adhésion aux anciens cultes romains - sacrifices publics, etc. - il entreprend des réformes visant à éliminer les chrétiens de l'enseignement, à simplifier les usages de la cour et à rendre à leur destination initiale les temples des dieux devenus des églises. Il envisagea même de restituer aux Juifs le temple de Jérusalem, consacré à Zeus depuis la répression de la révolte de Bar-Kocheba deux siècles plus tôt.

Pendant ce temps, tout ne va pas trop bien chez les Perses, lesquels, le 1er janvier 363, envoient à Julien un ambassadeur que celui-ci refuse de recevoir. L'empereur sait parfaitement bien que ceux-ci cherchent à gagner du temps, mais que leur objectif ultime est de conquérir toute l'Asie romaine.

Il rassemble des troupes à Antioche où, lorsqu'il arrive, les habitants se moquent de la simplicité de ses mœurs, de son austérité de philosophe porteur de barbe. En réponse aux lazzis, il composa un traité, le Misopogon («L'Ennemi de la barbe») (13). Le 5 mars, son armée s'ébranle et atteint bientôt l'Euphrate qu'elle traverse sur un pont de bateaux le 11 du même mois. Il embarque ses provisions et son matériel de guerre sur une importante flotte de chalands qui suivra son armée, laquelle, en le longeant, descend le cours du grand fleuve. Quelques escarmouches plus tard, l'armée et la flotte bifurquent en empruntant le canal de Naarmalcha qui relie l'Euphrate au Tigre. En juin, les Romains arrivent devant les ruines de l'ancienne Séleucie-du-Tigre - rebâtie juste à côté, sur la rive droite - presque en face de Ctésiphon qui dresse ses puissantes murailles non loin de l'actuelle Bagdad.

Julien avait dispersé ses troupes pour égarer l'armée perse dont le gros devait le guetter ailleurs. Par un audacieux coup de main, il franchit le Tigre et met en déroute la garnison ennemie qui campe sous les murs de Ctésiphon. Toutefois, soupçonnant un piège, il n'arrive pas à - ou n'ose pas - pénétrer de nuit dans la capitale ennemie. Désormais, le temps joue contre lui. Alertées, le gros des forces perses risque d'arriver d'un moment à l'autre. Il lui faut faire sa jonction avec les troupes romaines des généraux Procope et Sébastien, et les Arméniens de son allié Arsace.
Il remonte la vallée du Tigre dans le vain espoir de les voir arriver à sa rencontre (en réalité Procope campe paisiblement plus au nord, où il attend). Ne rencontrant que terre brûlée, le moral des Romains en prend un coup. C'est la débâcle. Le 26 juin, à Samarra, dans les «Champs phrygiens», ils remportent une ultime bataille au cours de laquelle Julien trouvera la mort. Selon son fidèle correspondant et ami, le rhéteur Libanius qui n'y était pas, il a été traîtreusement assassiné par un de ses officiers chrétiens. Mais Ammien Marcellin - autre fidèle qui participa à la bataille et qui, païen, est peu suspect de parti-pris en faveur des chrétiens - penche pour une rencontre malheureuse entre le foie de Julien et la lance d'un cavalier romain en déroute, au devant de qui l'empereur se serait malencontreusement porté.

Il avait 32 ans et son règne n'avait duré que vingt mois. La légende lui prête ces ultimes paroles : «Tu as vaincu, Galiléen» (14).

apocalypse, giuseppe maria scotese

«Tu as vaincu Galiléen...» auraient été ses derniers mots, au soir de la bataille dans les Champs phrygiens : détail de l'affichette belge du film L'Apocalypse (Giuseppe Maria Scotese, IT - 1946). Ce film dénonçait clairement le païen Julien comme Antéchrist...

 

Addendum : quelques personnages

Quantité de personnages apparaissent dans la BD de Ken Broeders, certains plus ou moins fictionnels comme Milius, son maître d'armes (qui apparaît dans le tome I, pp. 15, 28 etc.) ou la devineresse Placidia (tome II, p. 19), créature étrange et torturée; d'autres sont historiques comme Salluste, le militaire (tome I, p. 31 etc.); Ecébolius, officier de Julien (tome II, p. 10 etc.) ou Barbatio, le général envoyé en Gaule par Constance pour «aider» Julien (tome II, p. 7 etc.).
Evoquons quelques personnages des quatre premier albums, sans oublier le croustillant Grégoire de Nazianze que Ken Broeders nous a dit tenir en réserve dans ses cartons...

Ammien Marcellin

(Il apparaît pour la première fois à la page 6 du tome II, aux côtés de Constance, en Perse)
Syrien d'origine grecque, Ammien est né à Antioche vers 330. Nous ne savons rien de ses parents mais ils devaient être de bonne naissance car il se dit lui-même ingenuus, terme que par ailleurs il utilise pour désigner les nobles (ingenui).

Il a vingt ans en 350, lorsqu'il intègre les protectores domestici, la garde impériale de Constance II, un corps d'élite très estimé. Il y a pour collègue un certain Jovien lequel, de simple protector domesticus deviendra le «primicier de l'école» (schola), puis empereur à la mort de Julien.
Mais pour l'heure, Ammien est sous les ordres d'Ursicinus qui, dans l'armée d'Orient, commande depuis 349 la cavalerie (magister equitum per Orientem) et réside à Nisibis, en Mésopotamie. Jusqu'à la disgrâce de ce général, le destin d'Ammien se confond avec le sien.

Donc vers 351-352, Ursicinus écrase brutalement une révolte juive dirigée contre le César Gallus - Tibériade et Diospolis sont rasées -, mais ce n'est qu'en 353 qu'Ammien intègre son état-major. Il suit Ursicinus à Antioche, à Milan, puis en Gaule où le général fait rapidement rentrer dans le rang la Colonie des Ubiens (Colonia Ubiorum, Cologne) qui s'était ralliée au maître de cavalerie rebelle, le Franc Claudius Silvanus - qu'il assassine personnellement, avec l'aide d'un petit commando de tueurs dont Ammien a peut-être fait partie (septembre 355). Ils y rencontrent le César Julien (356-357). Après le siège de Sens (356-357), Marcellus est limogé et Ursicinus est rappelé en Orient (hiver 358-359). Ils sont remplacés par le maître de cavalerie Sévère et le comte Barbatio, maître de l'infanterie. Ammien Marcellin n'a donc pas participé à la bataille de Strasbourg que, cependant, il a décrite en détail. Remplacé en Gaule par Sabinianus, Ursicinus, toujours flanqué d'Ammien, revient en Orient où le Perse Sapor (Shapur) s'agite à nouveau.
Constance, qui a fait exécuter Barbatio, lui confie sa charge de magister peditum præsentalis, la suprême dignité militaire.

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Le comte Barbatio, Magister peditum incompétent qui a failli compromettre Julien et son armée, est condamné à mort par Constance II. Mais d'abord, ce sont ses fils et son épouse qui sont décapités. Exterminer toute la famille est généralement plus sûr... (Apostata/4, p. 11)

Ursicinus et Ammien séjournent d'abord à Sirmium, puis repartent pour la Mésopotamie, où Ammien se distingue à la fois comme négociateur et comme soldat. Ammien participe à la bataille d'Amida (Diyarbakir, en Turquie), qui est prise par les Perses et où il manque d'être capturé (359). Séparé de son chef et assiégé dans cette ville, qui est prise malgré une vigoureuse défense, il parvient néanmoins à s'en échapper et - après diverses aventures - rejoint Ursicinus à Antioche.

Cette défaite d'Amida - où six légions sont faites prisonnières par l'ennemi - entraîne la disgrâce d'Ursicinus, qui est condamné à réintégrer la vie civile. Depuis longtemps, l'eunuque chambellan (præpositus cubiculi) de Constance, Eusèbe, qui avait déjà perdu le César Gallus, guettait l'occasion de ruiner le grand général. La responsabilité de la défaite d'Amida lui est reprochée alors même qu'il n'y était pas lorsqu'elle tomba. Du même coup, elle interrompt provisoirement la carrière d'Ammien qui, néanmoins, demeure parmi les protectores domestici. Les livres XIV et XV de son Histoire romaine évoqueront les intrigues «byzantines» qui se déroulent en coulisse du pouvoir et qui finalement aboutirent à l'exécution du César Gallus et à la destitution d'Ursicinus dont, par ailleurs, il vante les mérites - peut-être avec une certaine partialité (?).

Entre-temps, l'armée des Gaules a salué Julien du nom d'Auguste (février 360), puis Constance II décède en Cilicie (3 novembre 361) ce qui évite à l'Empire une nouvelle guerre civile. Ammien Marcellin se retrouve de nouveau auprès de Julien, mais on ne sait si c'est en qualité de protector domesticus ou avec un grade supérieur. C'est en tout cas avec des fonctions d'officier d'intendance qu'il participe à cette campagne en Perse au cours de laquelle l'empereur trouve la mort, le 26 juin 363.

À la mort de Julien, Ammien passe sous les ordres de Jovien (27 juin 363) qui, lui-même, disparaît bientôt, asphyxié par les émanations d'un brasero (17 février 364). Ammien quitte alors l'armée et se retire à Antioche. Pendant près de trente ans, le détail de sa vie nous échappe. Des démêlés juridiques le poussent à quitter Antioche et à s'établir à Rome, encore du temps de Valens (mais après 375). Il s'y fait de nombreuses relations parmi les personnages de marque. Désormais tout adonné aux lettres, il scrute les écrits de Caton le Censeur, de César, de Salluste et de Cicéron et entreprend d'écrire une Histoire de Rome (les Res Gestæ) en trente et un livres. Commencés vers 380, achevés vers 395 (?), ils en couvrent deux cent quatre-vingt-trois années - du règne de Nerva (96) à la mort de Valens (378). Cependant, nous n'en avons conservé que les livres XIV à XXXI, soit les années 353 à 378.

Il écrit, fréquente la meilleure société et voyage (Égypte, Thrace). Les lectures qu'il fait de ses Res Gestæ obtiennent un franc succès. Un dernier signe de vie nous est adressé en 392, grâce à une lettre que lui adresse Libanius [lettre 1063], mais on ignore l'année de sa mort.

Eusébios de Pergame

Disciple d'Édésios - élève de Jamblique -, Eusébios avait pour condisciples Maxime d'Éphèse, Priscus (15) et Chrysantios de Pergame. Ce philosophe adepte d'un néoplatonisme austère, dans la lignée de Plotin, eut un temps - mais non sans réticences - Julien pour élève. En effet, les pratiques théurgiques de Maxime et des autres le laissaient sceptique. Aussi Julien le délaissa-t-il pour Maxime qui défendait un néoplatonisme à la manière de Jamblique.

Sauf si un jour Ken Broeders décide d'évoquer en flash back la jeunesse de Julien, il est peu probable qu'on le rencontre dans sa BD. Il ne faut pas confondre cet Eusébios avec son homonyme Eusébios [ou Eusebius/Eusèbe], l'évêque arien de Nicomédie qui après l'assassinat de ses parents (337), éduqua Julien jusqu'à son propre décès en 341.

Il ne faut pas le confondre non plus avec l'eunuque Eusebius, rusé conseiller de Constance, qui condamna à mort le demi-frère de Julien, Gallus.
Encore moins avec l'évêque crypto-arien de Césarée (313), auteur de la fameuse Histoire ecclésiatique, qui plaida auprès de Constantin Ier le rappel d'Arius exilé.
Des «Eusèbe», il en existe une kyrielle, depuis l'évêque d'Emèse disciple de son homonyme «de Césarée», celui de Verceil qui vécut sous Dioclétien et Julien et tel autre encore, évêque de Dorylée en Phrygie, qui en 448 fut l'accusateur de son ami Eutychès.
(Et bien entendu, pas non plus avec l'impératrice Eusébie, épouse de Constance II, la protectrice de Julien (ce qui ne l'empêcha pas - semble-t-il - de faire périr son épouse Hélène, sa propre belle-sœur, sur le point de donner un héritier à Julien. Le sens des priorités !)

Faustine

La BD évoque cette Faustina Maxima (tome II, p. 46), concubine et favorite de Constance II, qui fait mourir son épouse d'Eusébie - laquelle ne lui a pas donné d'héritier - pour la mettre à sa place lorsqu'elle se révèle être enceinte. Décédé avant, Constance n'aura pas la déception de se voir père d'une petite fille, laquelle plus tard épousera l'empereur Gratien.

Grégoire de Nazianze (saint)

Docteur de l'Église, né et mort à Arianze, en Cappadoce (ca 330-ca 390). De formation littéraire, il était de ces intellectuels chrétiens qui ne boudaient pas les lettres classiques. Rhéteur d'abord, il avait poursuivi des études littéraires à Césarée de Cappadoce, Césarée de Palestine, Alexandrie et Athènes (où il côtoya Julien en 355). Il était un ami intime de Basile le Grand et de Grégoire de Nysse.

Baptisé en 358, il avait 28 ans lorsqu'il se convertit au christianisme. Évêque du diocèse de Nazianze, son père Grégoire l'Ancien avait d'abord été un hypsistarien (un culte zoroastrien mêlé de judaïsme). En 361, celui-ci ordonna prêtre son fils qui devint son coadjuteur jusqu'à sa mort en 374 (16). Toutefois, préférant la retraite aux charges ecclésiastiques, Grégoire de Nazianze rejoignit d'abord la communauté monastique de son ami saint Basile, à Annisi, mais refusa d'occuper le siège épiscopal de Sasimes où ledit Basile l'avait nommé (372).

Il démissionna aussi du siège de Constantinople - où l'avait désigné le concile de 381 - où il se faisait disputer tantôt à propos du schisme de Mélèce à Antioche, tantôt à propos du symbole [de Nicée], sans omettre son cumul des fonctions puisqu'officiellement il était déjà évêque de Sasimes où il avait refusé de mettre les pieds ! En fait, après la mort de l'empereur arien Valens (9 août 378), les Nicéens - les catholiques-orthodoxes - espéraient reprendre à travers lui le contrôle de la vie spirituelle de la capitale impériale, après quarante ans de domination des hérétiques sectateurs d'Arius (17). Mais fuir responsabilités et conflits était semble-t-il un trait essentiel de son caractère...

Le Concile de Chalcédoine (451) lui avait associé l'épithète de «Théologien». Sa brillante éloquence lui vaudra encore d'êtres surnommé «le Divin». Ne se sentant pas à la hauteur du texte original, Erasme renonça à le traduire en langue vulgaire.
On a conservé de lui 44 discours écrits entre 362 et 383, dont deux Contre Julien (discours 4 & 5) et cinq théologiques définissant le dogme trinitaire contre l'arianisme (discours 27 à 31). Il est auteur, également, de nombreux sermons - davantage destinés à être entendus par des philosophes que par le commun des mortels -, et de 249 lettres composées entre 359 et 389.
En revanche on a pu dire que, des quelque 17.000 vers de ses poèmes théologiques, écrits sur le tard il est vrai, «beaucoup manqu[ai]ent de souffle» (18). Saint Grégoire de Nazianze a également composé un poème autobiographique (Sur sa vie).

Nous l'avons dit, Grégoire de Nazianze avait connu Julien lorsque - non encore baptisé - il était, comme lui, étudiant à l'Académie d'Athènes (355). Mais si, d'une outrageante partialité, il en fut le plus grand contempteur, il sut aussi... prudemment... attendre que l'intéressé fusse décédé (juin 363) pour écrire ses deux discours «Contre Julien» (hiver 363-364). A l'en croire, Julien était ravagé par des tics nerveux, avait le regard halluciné, l'esprit brouillon... En fait, sa haine pour Julien semble venir de la loi scolaire du 17 juin 362, interdisant aux chrétiens comme lui, l'enseignement de la littérature grecque dont il était féru.

Son frère Césaire fut le médecin personnel de Julien, pour le plus grand chagrin de Grégoire et de sa famille. Fête le 2 janvier.

Libanius d'Antioche

Élevé à Athènes, ce sophiste païen enseigna à Constantinople mais termina son existence à Antioche à une date inconnue; il survécut à Julien avec qui il correspondit toute sa vie.
Ce dernier nourrissait pour lui une très grande amitié. Esprit indépendant, Libanius refusa toujours les dignités que l'empereur le pressait d'accepter. Et même, il défendit hardiment des sénateurs de sa ville natale, que Julien avait condamnés.
Julien le consultait souvent, et il semble que ce quelque peu pédant homériste l'ait aidé dans la rédaction du Contra Galileos et du Misopogon. Parmi ses disciples, saint Basile lui conserva son amitié la plus vive, mais saint Jean Chrysostome - en qui il voyait son successeur - se détourna de lui pour le christianisme.
Auteur de divers discours : Éloge à Antioche, À Julien, Monodie sur Julien, Epitaphe pour Julien, Pour venger Julien, etc.

Maxime d'Ephèse, ou «le Cynique»

(Il apparaît pour la première fois à la page 19 du tome II et sera bientôt flanqué d'une devineresse de foire nommée Placidia, dans Cologne en proie à la furie des barbares.)
Sophiste, thaumaturge, Maxime d'Éphèse, ou «le Cynique», avait un tempérament de chef de secte et, aux dires de saint Grégoire de Nazianze, il aurait à Éphèse initié ce dernier aux Mystères d'Hécate, déesse de la magie et des carrefours (351). Savant commentateur des Catégories d'Aristote, Maxime s'inscrivait dans la mouvance théurgique (19) du néoplatonicien Jamblique et des Oracles chaldaïques(20).

Nous serions tentés, aujourd'hui, de le qualifier de «charlatan» (et c'est bien l'image que donne de lui Ken Broeders dans le tome 2 de sa bande dessinée), mais son enseignement était celui qui convenait le mieux à l'âme de Julien, toute pétrie d'idéalisme et de merveilleux. Plus tard, le jeune empereur fit de Maxime d'Éphèse son mentor et le nomma grand-pontife de Lydie, charge où - du reste - il se distingua autant par sa justice que sa modération. Astrologue, il prédit à Julien son triomphe dans l'expédition contre les Perses - au cours de laquelle, en fait, il trouva la mort !
Professant la théorie de la métempsycose, Maxime avait affirmé que l'âme d'Alexandre le Grand s'était réincarnée dans l'enveloppe charnelle de Julien. La crédulité de Julien, par ailleurs si rationnel et pragmatique, nous étonne. Mais on pourrait dresser une liste - impressionnante - de chefs d'État contemporains qui prêtent l'oreille à un(e) astrologue ! Qu'une croyance théurgique soit scientifiquement erronée - ce que, peu ou prou, toute espèce de religion est - ne signifie pas pour autant que ceux qui la professent soient incompétents ou mauvais.

Julien mort, son successeur Valens (emp. 364-378) promulguera un décret contre les magico-sophistes, fera arrêter Maxime, le fera cruellement torturer et, finalement, décapiter.

ken broeders, apostat, maxime d'ephese

La BD de Ken Broeders donne une image assez pittoresque du personnage historique de Maxime d'Ephèse

Oribase de Pergame

(Il apparaît pour la première fois à la page 16 du tome I)
Disciple de Zénon de Chypre, Oribase de Pergame fut le médecin personnel de Julien, qui le nomma questeur de Constantinople. Il accompagna Julien dans sa désastreuse campagne contre les Parthes et assista à ses derniers moments. Après le décès de son protecteur, sa carrière connut un certain déclin. Le plus apprécié de ses ouvrages, rédigé à la demande de son ami, fut les Collections en 72 livres, dont nous n'en avons conservé que dix-sept - mais qui doivent beaucoup à son compatriote Galien de Pergame (médecin personnel de Marc Aurèle).
A noter que Julien eut encore un autre médecin attaché à sa personne : Césaire, frère de Grégoire de Nazianze !

Paul Catena

Décalqué sur celui du «notaire» Paul Catena (Paul «la Chaîne»), le personnage d'Arbacès (II, p. 46 etc.) est le maître-espion de Constance II. Ken Broeders s'est expliqué plus haut comment lui est venu l'idée d'Arbacès, doublon de Paulus Catena (à qui est consacré l'opus 4 de la saga).
Quoique homme de l'ombre, l'incontournable Paul Catena joue un rôle important dans le roman de P. Demory, Peur sur Lutèce.

Salluste

(Il apparaît pour la première fois à la page 31 du tome I)
Officier païen, Satorninos Saloustios (ou Salluste) était connu pour sa probité. C'est lui qui, à Vienne, initia Julien à l'art de la guerre. Plus tard, Julien empereur en fera son préfet du prétoire d'Orient. À la mort de Jovien, les généraux lui offrirent l'Empire - un cadeau empoisonné qu'il refusa se prétendant trop vieux, et refusa également pour son fils... trop jeune !

Il ne faut pas le confondre avec son homonyme, un autre ami de Julien, Flavius Salustius, un capitaine gaulois de grande valeur que Julien fit préfet des Gaules, puis prit comme co-consul en 363.

 

Chronologie de Julien

Fastes consulaires

Sous la République, deux consuls étaient annuellement nommés pour exercer la magistrature suprême. Lesquels, renvoyant à une liste soigneusement tenue à jour - les «Fastes consulaires» -, donnaient leur nom à l'année («sous le consulat d'un tel et un tel»). Sous l'empire, cette magistrature civile et militaire devient fluctuante; il n'est pas rare que l'empereur exerce lui-même le consulat certaines années, mais pas systématiquement. Voyons donc comment cela se passe à l'époque de Julien (les chiffres romains indiquent le nombre de consulats exercés : ainsi en 352, l'Auguste Constance II est consul pour la cinquième fois).

350 EN OCCIDENT : Flauius Sergius
& Flauius Nigrinianus
351 DANS LES GAULES, L'ITALIE ET L'AFRIQUE : Imp. Cæsar Flauius Magnus Magnentius Augustus (ou Tyrannus) [l'usurpateur Magnence]
& Gaiso Flauius Sergius et Flauius Nigrinianus
352 mp. Cæsar Flauius Iulius Constantius Augustus V [Constance II]
& Flauius Claudius Constantius Cæsar I [Gallus, demi-frère de Julien]
DANS LES GAULES, L'ITALIE ET L'AFRIQUE : Magnus Decentius Cæsar [frère de l'usurpateur Magnence]
& Paulus
353 Imp. Cæsar Flauius Iulius Constantius Augustus VI [Constance II]
& Flauius Claudius Constantius Cæsar II [Gallus]
DANS LES GAULES, L'ITALIE ET L'AFRIQUE : Imp. Cæsar Flauius Magnus Magnentius Augustus [l'usurpateur Magnence]
& Magnus Decentius Cæsar [son frère]
354 Imp. Cæsar Flauius Iulius Constantius Augustus VII [Constance II]
& Flauius Claudius Constantius Cæsar III [Gallus]
355 Flauius Arbitio [Arbetio]
& Q. Flauius Mæsius Egnatius Lollianus [Mauoritus Lollianus]
356 Imp. Cæsar Flauius Iulius Constantius Augustus VIII [Constance II]
& Flauius Claudius Iulianus Cæsar I [Julien]
357 Imp. Cæsar Flauius Iulius Constantius Augustus IX [Constance II]
& Flauius Claudius Iulianus Cæsar II [Julien]
358 EN OCCIDENT : Tib. Fabius Datianus [Ititianus]
& Næratius Cerealis
359 Flauius Eusebius
& Flauius Hypatius
360 Imp. Cæsar Flauius Iulius Constantius Augustus X [Constance II]
Flauius Claudius Iulianus Cæsar III [Julien]
361 EN OCCIDENT : Flauius Taurus
EN ORIENT : Flauius Florentius
362 EN OCCIDENT : Claudius Mamertinus [Flauius Mamercinus]
& Flauius Neuitta [Nevitta, un général d'origine franque, lieutenant de Julien]
363 Imp. Cæsar Flauius Claudius Iulianus Augustus IV [Julien]
EN OCCIDENT : Flauius Sallustius [autre fidèle de Julien]
364 Imp. Cæsar Flauius Iouianus Augustus [Jovien]
& Flauius Uarronianus N.P. (id est Nobilissimus Puer, Jouiani filius) [fils de Jovien]
     

soldat bas empire, brachiati iuniores

Soldat des Brachiati iuniores (auxiliaires palatins), vers 300 (ph. François Gilbert)

Chronologie

Chronologie établie par Aude de Saint-Loup pour l'édition du Misopogon dans la collection «Classiques en Poche», ní 63.
(Grandes variantes, suivant les historiens, pour la période précédant le césarat de Julien. Nous suivons ici la notice de René BRAUN, in L'Empereur Julien, De l'Histoire à la légende, Belles Lettres, J 978, p. 9-14.)

332 (Mai) Naissance de Flavius Claudianus Julianus, petit-fils de Constance-Chlore, neveu de Constantin Ier. Mort de sa mère Basilina quelques mois plus tard.
335 Son père, Jules Constance, demi-frère de Constantin Ier, nommé consul.
337 (22 mai) Mort de Constantin Ier, laissant l'Empire en partage à ses trois fils.
(Septembre 337) Massacre de Jules Constance, de son frère aîné et de sept autres membres de sa famille à Constantinople. Julien (7 ans) et son demi-frère Gallus (12 ans), en réchappent de justesse.
337-341 Julien à Nicomédie, chez sa grand-mère maternelle, aristocrate de Bithynie, éduqué par l'eunuque Mardonios qu'il adorait et l'arien Eusèbe de Nicomédie.
342-344 Julien à Constantinople, où Eusèbe est nommé évêque. Éduqué par les chrétiens Nikoklès et Hékébolios.
344 Julien est de retour à Nicomédie.
345-351 Julien à Macellum, près de Césarée, forteresse isolée de Cappadoce; il dévore la bibliothèque de Georges de Cappadoce. Préparé à la cléricature.
351 Gallus est nommé César en Orient, Constance II lutte contre le païen Magnence, usurpateur en Gaule.
351-354 Julien à Nicomédie et voyages en Asie Mineure; il s'ouvre au néoplatonisme ésotérique.
354 Émeute à Antioche, massacre du gouverneur de Syrie. Arrestation et exécution de Gallus sur ordre de Constance II.
354-355 (Fin) Suspecté de complicité avec Gallus, Julien est emprisonné à Milan durant sept mois. Intervention en sa faveur d'Eusébie, femme de Constance II.
355 (Été) Julien à Athènes. Études et hypothétique initiation aux mystères d'Éleusis.
(Octobre) Usurpation de Silvanus en Gaule. Julien de nouveau convoqué à Milan.
(6 novembre) Julien César. Marié à Hélène-la-Jeune, sœur de Constance II (morte en 360, après avoir accouché d'un fils mort-né).
Départ sous surveillance en Gaule avec 360 soldats.
(Hiver) Julien à Vienne, en Gaule.
356 (Janvier) Julien est nommé consul.
(Juin) Il chasse les Alamans d'Autun.
(Septembre) Il leur reprend Cologne, en concertation avec Constance II.
(Hiver) Assiégé à Sens, Julien parvient à repousser les barbares. En accord avec Constance II, renvoi de Marcellus, général douteux.
Pendant l'hiver 356-357, il rédige le Panégyrique de Constance et le Panégyrique d'Eusébie.
357 (25 août) Victoire de Strasbourg contre les Alamans, malgré l'inertie de Barbatio, autre général douteux, peut-être cette fois sur instructions de Constance II. Capture de Chnodomar, chef alaman, envoyé à Constance II qui fait célébrer un triomphe.
(Hiver) Julien à Lutèce, où il prendra ses deux autres quartiers d'hiver.
Rédige Les Actions de l'Empereur ou De la Royauté, second panégyrique de Constance.
358-359 Actions diplomatiques et campagnes contre les Francs, les Chamaves et les Saliens; œuvre de restauration.
(Fin) Préparation d'une nouvelle campagne de Constance II contre les Perses. Il réclame ses meilleures troupes à Julien. Mécontentement de l'armée d'Occident.
360 (Février) Julien proclamé Auguste par ses soldats. Constance Il s'apprête à marcher contre lui. Perspective d'une guerre civile.
Décès de son épouse Hélène-la-Jeune, après avoir tenté de lui donner un fils mort-né. (Peut-être une vengeance d'Eusébie, la «protectrice» de Julien, mais qui ne peut donner un héritier à son mari Constance II ? S'il eut vécu, le fils de Julien aurait eu la priorité dans la liste des successibles.)
(6 novembre) Le diadème et la pourpre; célébration du quinquennat de César et du second Auguste à Vienne [Vienne en Gaule, bien sûr !].
360-361 Campagne contre les Alamans soudoyés par Constance II, que Julien poursuit jusqu'en Forêt Noire, puis marche vers l'Est. Rédige diverses lettres à l'adresse des grandes cités de l'Empire, dont il ne reste que la Lettre au Sénat et au peuple d'Athènes, réquisitoire contre Constance II.
361 (3 novembre) Mort de Constance en Cilicie, près de Tarse.
Installé en Mésie à Nish (Naïssus), ville natale de Constantin le Grand, Julien ne l'apprend que fin novembre.
Premiers sacrifices publics aux dieux païens.
Novembre 361-juin 363 : règne de Julien Empereur.
361-362 (Du 11 décembre 361 à juin 362) Julien à Constantinople.
Tribunal de Chalcédoine, épuration, réforme de la Cour : Julien proscrit tout le faste oriental imité des Perses. Rétablissement de l'autorité du Sénat de Constantinople, dont il devient l'un des membres.
Réformes simplifiant la bureaucratie en donnant plus d'autonomie aux cités (Lettre aux Thraces : dispense de dette envers l'État contre versement de moitié aux soldats de la région), répartissant charges et biens; «nationalisation» de la poste : contrôle systématique des taxes.
Or coronaire volontaire, et non obligatoire (édit du 29 avril 362).
Nomme son oncle Julius Julianus comte d'Orient.
(Décembre 361) Georges de Cappadoce assassiné à Alexandrie; sans procès, Julien récupère sa bibliothèque.
Réouverture des temples païens, restauration des sacrifices dans l'Empire.
«Tolérance religieuse» : amnistie des chrétiens orthodoxes, exilés par le gouvernement arien de Constance II.
Réactivation des conflits entre ariens et orthodoxes. Annulation des exemptions d'impôts au clergé chrétien.
Restitution des biens publics saisis par les chrétiens (édit du 13 mars 362).
(17 juin 362) Interdiction aux chrétiens d'enseigner les lettres profanes.
Rédige Contre les Cyniques ignorants (printemps 362), Contre Héracleios le Cynique, Hélios et Cybèle ou Sur la Mère des Dieux.
Traversée de l'Anatolie: multiplication de gestes païens, mesures pour la constitution d'un nouveau clergé païen dont il serait le Pontifex Maximus. Tolérance vis-à-vis d'émeutes antichrétiennes.
362 (18 juillet) Entrée à Antioche.
(22 octobre) Incendie du temple de Daphné.
(Hiver) Rédaction du Banquet ou Les Césars, Sur Hélios-Roi, Le Misopogon, Contre les Galiléens.
363 Multiplication des mesures antichrétiennes :
(Janvier) Accès restreint des chrétiens aux postes officiels à Rome;
(Février) Enterrements chrétiens interdits de jour; exécution de soldats refusant de sacrifier aux dieux, etc.
Contrôle économique et administratif.
Hostilité croissante des Antiochiens.
(Fin février) Départ précipité pour Tarse.
(5 mars) Campagne contre les Perses.
(Juin) Assiège Ctésiphon, puis abandonne.
Début de la retraite; affrontement désastreux avec l'armée de Shapur.
(26 juin) : Julien, blessé au combat, meurt dans la nuit.
Corps rapporté et incinéré à Tarse.
Suite…

NOTES :

(1) Dalmatius César et Hannibalien Junior sont les fils de Dalmatius, frère de Jules Constance et d'un autre Hannibalien. Tous les cinq - fils ou petits-fils de Constance-Chlore et de Théodora - seront massacrés par les gardes de Constantin II, Constance II et Constant. - Retour texte

(2) C'est-à-dire les diocèses prévus pour ses cousins Delmatius et Hannibalien, sauf une partie de la Mésie qui va à Constant. - Retour texte

(3) Au détriment de Rome. - Retour texte

(4) Emp. 1er mars 350 - abdication 25 décembre 350. - Retour texte

(5) Emp. 3 juin 350 - 30 juin 350. - Retour texte

(6) Au printemps 357, Barbatio remplaça Marcellus tombé en disgrâce. Pour l'anecdote : c'est Barbatio qui avait dénoncé, arrêté et exécuté Gallus, le demi-frère de Julien. - Retour texte

(7) Il ne s'agit plus maintenant du «patron» des militaires prétoriens, dissous par Constantin Ier, mais d'un administrateur civil en charge plusieurs diocèses (chacun dirigés par un vicaire). Il y a à ce moment quatre préfets en charge pour les prétoires des Gaules, d'Italie, d'Illyrie et d'Orient. Le préfet du prétoire a alors pour principale fonction la perception des impôts. D'où un désaccord persistant avec Julien qui désire alléger la pression fiscale sur la Gaule exsangue. - Retour texte

(8) Il s'appelle en réalité Agénaric, mais son père Médéric - frère de Chnodomar - crut bon d'helléniser son nom en «Sérapion».
Otage en Gaule, Médéric s'y était fait initier aux Mystères de Sérapis. Ce qui nous en dit long sur les «barbares» qui, certes, avant tout et à court terme cherchent à faire du butin, mais ne souhaitent pas détruire cet Empire romain qui pourtant les rejette. Bien au contraire, ils souhaitent s'y intégrer. A preuve, les nombreux contingents barbares «fédérés» qui servent dans l'armée romaine. - Retour texte

(9) Une schola est une unité spéciale constituée d'élèves officiers, de même que les protectores domestici. Une schole palatine tourne autour de 500 chevaux. - Retour texte

(10) Clibanares est le mot persan pour le grec cataphractoï. Les Romains les recrutaient chez les Sarmates, mais beaucoup de mercenaires perses y servaient aussi. Les archers montés (Sagitarii) étaient une autre spécialité parthe. - Retour texte

(11) Un siècle plus tard, Zozime parlera de 120.000 Germains morts. - Retour texte

(12) JULIEN, Misopogon, 5, 6. - Retour texte

(13) C'est à tort que Ken Broeders représente barbu Julien, César des Gaules. Le barbier de Constance la lui avait rasée lors de sa nommination. Il ne la laissera repousser qu'en devenant Auguste. - Retour texte

(14) «Vicistii, Galileæ», rapporte Théodoret de Cyr (ce Théodoret fut, en 420, évêque de Cyr [ou Cyrrhus], en Syrie). - Retour texte

(15) Futur favori de Julien. - Retour texte

(16) Mort centenaire en 374, Grégoire l'Ancien fut évêque de Nazianze pendant 45 ans. - Retour texte

(17) Le 24 novembre 380, le nouvel empereur Théodose - catholique - avait contraint à se retirer l'évêque arien de Constantinople, Démophile. - Retour texte

(18) Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien, Cerf, 1990, p. 1110. - Retour texte

(19) La théurgie ou magie supérieure (on dit aussi magie blanche, par opposition à la magie noire), de théos «dieu» et ergon «travail», vise à établir un contact avec les esprits bénéfiques. - Retour texte

(20) Composés vers 170 par Julien le Théurge. - Retour texte