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MURENA, t. 9 — LES ÉPINES
Jean DUFAUX & Philippe DELABY

 

Introduction

Biographies des auteurs

Agenda

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LES 10 PREMÈRES PAGES DE L'ALBUM

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murena, les epines, dufaux et delaby
 

Dans Rome ruinée par le grand incendie de 64, des intrigues se nouent autour de Néron. Qui a bouté le feu à la ville ? Qui faut-il livrer à la vengeance du peuple romain ? Qui doit expier ? Les Juifs ? Difficile, car ils sont protégés par la judaïsante impératrice Poppée. Ou seulement la secte juive des chrétiens, ces individus suspects qui adorent un certain charpentier crucifié ? Néron tergiverse car il a pris l'un d'eux en sympathie - et rien moins que l'apôtre Pierre.

Seul Massam, le gladiateur borgne, connaît la vérité : l'incendie est parti d'une torche que lui a lancée Lucius Murena, au cours d'une bagarre qui les mettait aux prises... Massam compte bien, auprès de sa maîtresse Poppée, chèrement monnayer cette information qui mettrait hors cause ses amis juifs. Mais Massam s'en est imprudemment ouvert au centurion Raffalo, le père de Claudia, amoureuse de Murena. Le rude militaire tente de protéger celui qu'il considère comme son futur gendre.

Et pendant ce temps, dans un quartier ravagé de l'Urbs, Murena le réprouvé, entouré de quelques amis, trace des plans pour relever les ruines. Mais que peut-il faire sans argent ?... c'est-à-dire sans l'aide de son ancien ami l'empereur Néron, qui désormais le considère comme un traître car il n'a su résister aux charmes de sa favorite, Acté. Un lourd sentiment de malaise obsède les deux hommes, car d'un autre côté la mère de Néron, Agrippine, avait commandité l'exécution de la mère de Murena, sa rivale Lollia Paulina. «[Murena] vogue entre passion charnelle, amour et culpabilité. [Néron] semble subir les événements, ballotté par leur tourbillon, avec une certaine forme de regrets, commente Jean-Bernard Vanier sur Planète BD. [Dans ce nouvel album] tous les deux sont particulièrement inactifs, en tout cas. Si l'on fait exception cependant des performances sexuelles de notre bon Lucius.»

Jean Dufaux et Philippe Delaby continuent de suivre Néron dans sa descente aux Enfers. Ses turpitudes, ses débauches... ses crimes aussi. Ne s'était-il pas, dans un précédent album bouclant le «Cycle de la Mère», rendu coupable d'inceste puis de matricide ? «On peut ainsi évoquer l'exemple - peut-être secondaire, mais pourtant très révélateur parce qu'il tranche avec les choix retenus dans d'autres bandes dessinées sur l'Antiquité - de la sexualité : elle est représentée ici sans fard, mais aussi sans inutiles «gauloiseries», écrit Olivier Christin. (...) En effet, s'aimer à Rome n'avait finalement pas grand-chose à voir avec ce que nous pensons et vivons aujourd'hui : à l'homme libre, tout ou presque était possible», sauf se soumettre passivement au désir sexuel de sa/de son partenaire. Ce qui - par exemple - excluait d'office des relations avec un autre citoyen, un des deux assumant forcément un rôle passif ce qui faisait de lui un cinaedus (débauché). Pour un citoyen romain parfaitement respectable et soucieux des conventions, il ne restait plus comme possibilité que les esclaves, les prostitué(e)s et les étrangers sur qui épancher de sa libido. Pénétrateur, le mâle romain refusait la fellatio, mais pratiquait l'irrumatio - ce qui revient au même, la délicatesse en moins ! Naturellement, à côté de cette morale respectable il y avait les transgressions (1) dont ne se privaient pas certaine personnes tel le jeune Néron, à qui l'on reprochait déjà, à la politique, de préférer la poésie et autres mœurs «grecques».

La saga a parfois un petit air de convenu. Assurément, l'ombre de Quo Vadis ? s'étire sur les cogitations du scénariste lequel, à travers les hésitations du «monstre», explore adroitement de nouvelles pistes, portraiturant Néron avec même une certaine objectivité, sinon sympathie.

Néron, les chrétiens et l'incendie de Rome
C'était Jean-Charles Pichon dans Saint-Néron (1962) (2) qui, le premier (?), avait suggéré que Néron était relativement proche des chrétiens pour s'être lié d'amitié avec l'apôtre Paul, comme on le sait venu à Rome en appeler à la justice de l'empereur («Ciues romanus sum !», cf. Act. Ap., 22 : 25-28). On pensera ce que l'on voudra de l'hasardeuse thèse de Pichon, mais soit... elle semble avoir fait des enfants que le Père Dumas aurait pu lui envier. Déjà dans Néron tyran de Rome (Nerone e Messalina, 1953) de Primo Zeglio, bourrelé de remords suite à son matricide, Néron (Gino Cervi) incognito, se tournait vers les chrétiens espérant obtenir de leur Dieu son pardon. Assistant à une de leurs réunions dans les catacombes, il tombait alors amoureux de la chrétienne Acté à qui il se confiait. Celle-ci lui ayant remis une lettre de saint Paul, Néron se trahissait en sortant l'émeraude qui lui servait de loupe pour lire. Dans la bousculade qui s'ensuivit, une lampe était renversée qui allait embraser Rome. Le procédé qui consiste à «révéler» au bon public ce que l'«Histoire officielle» lui a occulté, a fait recette ! Ainsi, c'est avec un vrai bonheur que dans son Homme qui devint Dieu, Gérald Messadié s'interrogera : «Comment ne pas supposer que Saül [Paul] rêva de convertir la maison impériale et, qui sait, jusqu'à Néron lui-même ?» (3). L'épître aux Philippiens ne suggère-t-elle pas qu'il y avait déjà des chrétiens parmi les serviteurs de l'Empereur ? (Phil., 4 : 22). Si ça lui fait plaisir de le croire... pourquoi pas ? En tout cas, faisant tâche d'huile, l'idée séduira maints romanciers ou scénaristes.
Une variante remplace Paul par Pierre. Elle s'inscrit dans le sillage des Actes de Pierre, un apocryphe du IIe s. repris au XIIIe s. dans La Légende dorée de Jacques de Voragine. Ces Actes, d'où nous viennent entre autres le fameux «Quo uadis, Domine ?» (4), ne prétendent-ils pas que l'apôtre pêcheur d'âmes rencontra Néron à Rome, devant qui il dénonça les impostures de Simon le Magicien (5) ? En tout cas ils situent vers 65-67 la mort de Pierre (6), crucifié tête en bas. Mais, pas davantage que La Légende..., les Actes (7) - qui nous présentent Pierre comme une sorte de Père-la-Pudeur dissuadant les prostituées d'exercer leur métier - ne relient son exécution à l'incendie de Rome; ce que ne feront pas non plus les bons auteurs chrétiens du IVe s. (Lactance, Eusèbe de Césarée, Jean Chrysostome...).

Délicieux tourments
Bien que Dufaux ait soigneusement compulsé toutes les sources, on voit que son scénario creuse son lit dans la tradition chrétienne la plus couramment admise. Avec des nuances, des choix. «Précision du dessin et des dialogues, sans toutefois jamais céder à la maniaquerie archéologique, note un critique. (...) Bref, un savant mélange entre personnalités historiques restituées avec précision et personnages de fiction créant une intrigue qui étonne, qui séduit, qui captive.» On a vu que si Dufaux fut marqué par l'interprétation de Peter Ustinov dans la version 1951 (8), le personnage de Néron est ici plus nuancé que d'ordinaire. Saint Pierre n'est pas crucifié tête en bas mais en position accroupie latérale, conforme à l'attitude du crucifié de Givat Hamitvar (9). «Dans l'imagerie historique, l'apôtre Pierre meurt crucifié la tête en bas, observe Jean Dufaux (10). Nous avons préféré réfléchir à notre propre thématique, celle des épines qui meurtrissent Pierre sur la croix. Puis qui sortent de la sphère physique, deviennent people, anecdotiques, simples composants d'un plat que les Romains mangent en riant.» Ces épines qui naguère ont lacéré le front du Christ, et maintenant la chair de Pierre supplicié, sont devenues une friandise de pâte d'amandes enrobée de miel, qui font les délices des convives de Trimalchion. Et le scénariste d'ajouter : «C'est une projection de notre société, où l'on vit très bien avec les événements dramatiques qui nous entourent. Rome nous apprend des choses sur notre histoire contemporaine.»
Par ailleurs, les auteurs nous ont épargné les savoureux supplices - Lygie et l'aurochs, etc. - anachroniquement imaginés par Sienkiewicz d'après Renan (11), se privant par la même occasion d'un beau «morceau de bravoure» (12)... à moins que, peut-être dans un prochain tome... ?
Il faut bien le reconnaître : du malicieux Jusqu'où oseras-tu Néron ? de Philippe de Jonas à l'ingénieuse Colère de l'Agneau de Guy Hocquenghem, le sanglant happening des persécutions a fait gamberger l'imagination des romanciers. Dans Jusqu'où oseras-tu Néron ?, Néron châtie les chrétiens par ce qu'ils ont le plus en horreur, les jeux sexuels. Revêtu d'une peau de bête, il se livre sur eux aux attouchements les plus ignobles (13) ! Dans le second, La Colère de l'Agneau, deux sectes chrétiennes opposées «se font la guerre» dans Rome. Sous la férule de Jean, la première vit dans Suburre et appelle à la Fin du Monde : c'est elle qui boute le feu à Rome. Mais ce sont les ouailles de Pierre - qui ont, elles, leurs quartiers dans le Transtevere - qui en feront les frais. Le fait que leur quartier, de l'autre côté du Tibre, a été épargné par l'incendie présume de leur culpabilité. Ce n'en est pas moins Jean, «celui que Jésus aimait», qui sera crucifié; et non Pierre. Non pas tête en bas, cette fois, mais face contre bois. Ce qui permettra à Néron - revêtu de peaux de bête - de lui faire a tergo subir les derniers outrages. Ainsi déguisé, l'Antéchrist Néron s'identifie à la Bête immonde de la Fin des Temps. Amusante variation homosexuelle de Quo Vadis ?, La Colère de l'Agneau combinait ingénieusement la persécution sous Néron (54-68) avec celle sous Domitien (81-96). Au cours de la première, ou à deux ans d'intervalle, périrent Paul (64 ?) et Pierre (65-67 ?). Sous Domitien - à en croire la tradition hagiographique -, la seconde vit supplicier Jean, dans le Nouveau Testament auteur du Livre de l'Apocalypse; plongé dans une cuve d'huile bouillante, il en ressortit miraculeusement indemne (14). Pierre, Paul et les autres auraient-ils donc été martyrisés quinze-vingt ans trop tôt, au temps où l'on en mourait encore... Dommage pour eux. Mais curieux, quand même !

Qui donc a incendié Rome ?
Si l'on considère les richesses artistiques contenues dans les palais de Néron et de Tigellin, sur le Palatin - qui furent parmi les premiers à brûler - la question ne se pose même pas. Aucun ordre venu d'en haut n'a décidé du tragique destin de la Ville !
La problématique de l'origine de l'incendie de Rome - de toute évidence accidentelle en ces jours de canicule où elle sévit (mi-juillet) - a valu aux amateurs de fictions historiques les explications les plus contradictoires. Ainsi dans le Barabbas de Richard Fleischer, tiré du roman «Prix Nobel» de Pär Lagerkvist (1950). Venu à Rome, le brigand Barabbas - celui qui à Pâques fut préféré au Christ - a «entendu parler» des chrétiens. À la suite d'un malentendu et dans une de ces crises de fanatisme que connaissent bien les imbéciles, le zélé nouveau converti boute le feu à la Ville en se proclamant disciple du Christ. Ni chair ni poisson, ce sont donc ici les chrétiens qui sont coupables, sans l'être en aucune façon. Habile. Anno Domini (1984) est une série TV de Stuart Cooper, qui a fait l'objet d'une novelisation par Kirk Mitchell. Cette série conte le zélote Caleb, venu à Rome dans le but d'incendier cette Urbs dont les armées ravagent la Judée. Il y rencontre l'amour avec Cora, une patricienne déchue devenue gladiatrice. La chair est faible ! En revanche, le Néron de Paul Marcus, deuxième épisode de la série TV Imperium, est probablement l'unique péplum à montrer l'empereur sincèrement affligé par la catastrophe, et ouvrant à la populace sinistrée ses jardins du Vatican (cf. TAC., An., XV).

Collector
Après ces excès d'imagination sadique, on ne peut que rendre grâce à la version de Jean Dufaux et Philippe Delaby, plus sobre - quoique de cet album, il existe une version plutôt croustillante, un collector (5.000 ex.) destiné à des lecteurs avertis, dont la parution est annoncée pour novembre 2013. Une ou deux planches supplémentaires complétées par un dossier de Claude Aziza sur le sexe dans la Rome de Néron.

Deux mots à propos de Joseph ben Mattias,
plus tard connu comme «Flavius Josèphe»

C'est très adroitement que - pour signifier l'attitude judaïsante de Poppée - Dufaux fait intervenir le personnage de Joseph ben Mattias, ce pharisien qui était venu à Rome (de fait, en 64), plaider la cause de ses coreligionnaires. Plus tard, rentré en Judée, dans la forteresse de Jotapata il commandera à ses compatriotes révoltés. Cette place tombée (en 67), il est fait prisonnier par le général Vespasien, qu'il saluera comme futur empereur. Ces flagorneries lui vaudront son affranchissement, d'où son gentilice de Flavius. Flavius Josèphe, donc, écrira notamment des Antiquités judaïques où il fera une brève allusion à Jésus-Christ (JOS., Antiq. jud., XVIII, 63-64), du reste considérée comme une interpolation des bons moines, mais qui faudront à son auteur de pas sombrer dans l'oubli.

Enfin, saluons le superbe travail du coloriste Sébastien Gérard, qui succède à Jérémy Petiqueux, lequel avait assuré les tomes V à VIII, lui-même après Dina Kathelyn (Ib, pp. III 1-36, IV), André Benn (II), Béatrice Delpire (Ia) (15) et... Philippe Delaby himself (II, III pp. 37-46).

Pour rappel :

Le Cycle de la Mère
1. La Pourpre et l'Or, 1997
2. De Sable et de Sang, 1999
1.-2. Murena, Chapitres I & II, 2000 (édition de luxe brochée, N&B, suivie de «La Mort Blanche» (Hello BD, 1992), Bruxelles, JEM DIFFUSION, 1.000 ex.)
1. La Pourpre et l'Or, 2001 (3e éd. couleurs refaites)
3. La Meilleure des Mères, 2001
Folio : Philippe Delaby - Dufaux, 2001 (Dargaud Benelux - uitgeverij Silhouet)
4. Ceux qui vont mourir..., 2002

Le Cycle de l'Épouse
5. La Déesse Noire, 2006
6. Le Sang des Bêtes, 2007 (deux éditions, avec ou sans DVD)
1. Murex et Aurum, 2009 (traduction en latin : Claude Aziza & Cathy Rousset)
7. Vie des Feux, novembre 2009 [et «Rome au temps de Néron», L'Histoire HS «Spécial Murena», novembre-décembre 2009]
8. Revanche des cendres, 2010
8. Revanche des cendres, 2010 (édition spéciale Slumberland, 999 ex.)

Nouveau Cycle
9. Les Épines, juin 2013

MURENA SUR CE SITE :

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Biographie des auteurs

JEAN DUFAUX
Jean Dufaux est l'auteur d'une œuvre importante comprenant près de 200 titres, une production originale, à l'écart des modes, plus complexe qu'il n'y paraît. Le monde de Jean Dufaux s'orchestre en effet autour de quelques thèmes récurrents qui structurent ses récits : le pouvoir et la folie, la solitude et ses miroirs, les égarements du temps, les blessures du passé. Barracuda, La Complainte des landes perdues, Conquistador, Croisades, Djinn, Double masque, Le Bois des vierges, Loup de Pluie, Murena, Rapaces, Sortilèges, pour ne citer que quelques titres : cette mosaïque immense qui ne refuse ni les jubilations du roman-feuilleton ni les ellipses cinématographiques se veut avant tout une œuvre de plaisir et d'enchantement, au sens féerique et occulte du terme. Ces albums, vendus à des millions d'exemplaires, couronnés par de nombreux prix et récompenses, diffusés dans une douzaine de pays (en Europe, au Japon, aux États-Unis), déploient leurs charmes, se parant du graphisme des meilleurs européens et s'appuyant sur un art du dialogue qui épouse et repousse l'image dans un même mouvement. Parmi les nombreuses récompenses, dont certaines pour son œuvre complète, qu'a reçues Jean Dufaux, citons : le prix Calibre 38 (prix du meilleur polar) pour Hammett, aux éditions Glénat, en 1996; le prix de la Société des gens de lettres pour Murena, aux éditions Dargaud, en 2007; le prix Cheverny (meilleur roman graphique catégorie «Histoire») pour Murena, en 2011.
Jean Dufaux est, par ailleurs, président du jury des prix Diagonale qui, en Belgique, récompensent chaque année des artistes de la bande dessinée. En 2009, à l'occasion des Regards croisés de la bande dessinée belge, son œuvre est exposée dans les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Jean Dufaux a été nommé chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2009.

PHILIPPE DELABY
Philippe Delaby est né à Tournai en 1961. Il reçoit de son père à l'âge de huit ans sa première BD : Tintin au Congo. À 14 ans, il entre à l'école des Beaux-Arts de sa ville, où il reçoit un enseignement académique. Fasciné par Ingres et les maîtres flamands, il s'essaie à la peinture à l'huile. À 18 ans, il remporte un concours qui lui ouvre les pages d'Hello Bédé, successeur du journal Tintin. Il y met en images Arthur au royaume de l'Impossible et Richard Cœur de Lion. Ces histoires imaginées par Yves Duval lui valent le prix Clio au Salon de l'histoire de Paris en 1993. La même année, et pour le même éditeur, il dessine Bran, un récit de Jean-Luc Vernal.
En 1994, avec Luc Delisse, il sort au Lombard L'Étoile polaire, un thriller médiéval fantastique. En 1997, il est récompensé lors du Festival de bande dessinée de Boulogne-sur-Mer.
Cette année est aussi celle de la parution de La Pourpre et l'Or, le premier épisode de Murena - un tournant dans la carrière de Philippe Delaby. Dans cette série imaginée par Jean Dufaux et publiée chez Dargaud, il ressuscite de façon magistrale la Rome impériale de Néron. La saga, qui compte à ce jour neuf tomes, connaît un grand succès.
En 2004, Philippe Delaby relève un nouveau défi et prend la suite de Grzegorz Rosinski pour La Complainte des landes perdues de son ami Dufaux, dont le huitième volet, La Fée Sanctus, paraît en juin 2012. En 2011, la ville de Bruxelles lui décerne le grand prix Saint-Michel pour l'ensemble de son œuvre.

AGENDA

Master Class BD
CYCLE UNIVERSITAIRE FRANCO-SUISSE
«LA BANDE DESSINÉE À L'UNIVERSITÉ ?!»

Dans un contexte de concurrence mondiale des universités et de réflexion générale sur la place des humanités et des sciences humaines dans nos sociétés, il a semblé à la fois évident et urgent d'inviter les universités francophones à se pencher sur leur relation à la création artistique et littéraire contemporaine, et à promouvoir des formes originales et ouvertes de formation. En choisissant la bande dessinée, un genre très populaire et pourtant toujours largement ignoré des institutions académiques, les universités et les écoles partenaires en France et en Suisse romande décident d'engager un dialogue neuf avec les écrivains, les scénaristes, les dessinateurs et les graphistes, en imaginant des formes inédites d'introduction à la fiction. Pour répondre à ces préoccupations multiples, ce cycle conjugue master class, ouvertes aux étudiants confirmés, conférences publiques, expositions ou installations en présence des auteurs, pour des rendez-vous marquant durablement l'ouverture universitaire à la création contemporaine.
Les master class BD bénéficient depuis 2011 du soutien des éditions Dargaud. Les établissements d'enseignement supérieur partenaires sont les universités de Neuchâtel, Lyon 2, Saint-Étienne et Grenoble, l'École polytechnique fédérale de Lausanne, l'École supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques de Villeurbanne.

EXPOSITION
Exposition Murena, 2013, université Lyon 2
Reproductions et objets dérivés de la série

L'actualité des Master Class BD : click
Contact : Marion Richard, coordination générale Master Class BD : click

CINÉ BD
Les cinémas MK2, le magazine Trois couleurs et les éditions Dargaud vous donnent rendez-vous tout au long de l'année pour des soirées consacrées au cinéma et à la bande dessinée.
Ces rencontres donnent carte blanche à un auteur de bande dessinée qui est invité, dans le cadre d'une conférence animée par un journaliste, à présenter son œuvre et le rapport qu'il entretien avec le cinéma. Bénéficiant d'une liberté totale, l'artiste choisit le film qui sera projeté à l'issue de la rencontre. L'occasion également de revisiter ses classiques. Lors de la sortie du tome 9 de Murena, retrouvez Jean Dufaux et Philippe Delaby dans le cadre d'une soirée Ciné BD au MK2 Quai-de-Loire le mardi 11 juin à partir de 20 heures, pour la projection d'Agora, le film d'Alejandro Amenábar.
Ciné BD • Mardi 11 juin 2013 à 20 heures • MK2 Quai-de-Loire • 5-19, quai de Loire - 75019 PARIS

VERSION NUMÉRIQUE
Murena part à l'assaut du numérique ! En achetant ce neuvième épisode de Murena, le lecteur pourra, pour la première fois, accéder à une version numérique augmentée de l'album. Grâce à un code spécial figurant sur un sticker, les lecteurs pourront télécharger sur la plate-forme BDComics une version exclusive de Murena, présentant successivement les planches en noir et blanc, puis en couleurs. Une autre manière de découvrir le travail de Philippe Delaby... et d'emporter facilement l'album en vacances !

EXPOSITIONS

À l'occasion de la sortie du tome 9 de Murena, les expositions vont se succéder.

Lyon
La région lyonnaise se met aux couleurs du célèbre péplum.
Tout au long de l'été, le Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal nous offre une exposition inédite autour de la saga et du minutieux travail de reconstitution historique de Jean Dufaux et Philippe Delaby. Vous pourrez y voir, du 17 mai au 1er septembre 2013, des planches originales et des dessins inédits de Philippe Delaby, des extraits de scénarios et d'interviews. Les auteurs seront présents pour une rencontre suivie d'une séance de dédicace et d'un buffet romain le samedi 15 juin 2013.
Exposition Murena, du 17 mai au 1er septembre 2013 • Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal • rue de la Chantrerie - 69560 Saint-Romain-en-Gal / France

Bruxelles
La ville de Bruxelles accueillera également le péplum.
Le centre belge de la Bande Dessinée exposera, dans la Gallery, les planches de la célèbre bande dessinée antique. Du 29 octobre au 1er décembre 2013, vous pourrez découvrir le travail d'orfèvre de Philippe Delaby et Jean Dufaux. Des planches originales de Philippe Delaby seront à la disposition des yeux des petits et des grands.
Le vernissage se déroulera le 6 novembre à partir de 18 heures.
Exposition Murena, du 29 octobre au 1er décembre 2013 • Centre belge de la Bande Dessinée • 20, rue des Sables - 1000 Bruxelles / Belgique

 

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NOTES :

(1) Cicéron déjà, dans un de ses traités, disait : «Dans l'intimité, on fait ce que l'on veut. Ce qui est mal, c'est d'en parler.» Hypocrisie ? Certes. Mais comment faire autrement ? - Retour texte

(2) Ou Néron et le mystère des origines chrétiennes, R. Laffont, coll. «Les Ombres de l'Histoire», 1971 (rééd. complétée et augmentée de Saint-Néron). Pierre Grimal a pourfendu la thèse de cet auteur, par ailleurs connu comme romancier (cf. Jean PRIM in GEORGES-ROUX, Néron, C.A.L., 1963, pp. 311-312). - Retour texte

(3) G. MESSADIÉ, L'Homme qui devint Dieu - L'incendiaire. Vie de Saül, apôtre, R. Laffont, 1991, p. 393. - Retour texte

(4) Dans Murena, ce n'est plus une apparition du Christ qui interpelle Pierre, mais un légionnaire de faction aux portes de Rome : «Quo vadis, l'ami ?» Volonté de rester dans le rationnel ? - Retour texte

(5) Roman de Thomas B. Costain, Le Calice d'Argent, d'où fut tiré le film homonyme de Victor Saville (1954), le premier Warner en CinémaScope, avec pour la première fois à l'écran un certain Paul Newman. - Retour texte

(6) Celle de Paul, traditionnellement, en 64. - Retour texte

(7) Actes de Pierre et Actes de Paul, in Écrits apocryphes chrétiens (sous la dir. François BOVON & Pierre GEOLTRAIN), I, Pléiade, 1998. - Retour texte

(8) J. DUFAUX, in L'Histoire, H.S. «Rome au temps de Néron», novembre-décembre 2009, p. 100. - Retour texte

(9) Le squelette, avec empreinte des clous, d'un notable juif supplicié trouvé dans une nécropole de Jérusalem près de la Porte de Damas (Golgotha), en 1968. Notons que plusieurs films s'y sont conformés comme La dernière tentation du Christ (Martin Scorsese) et L'Inchiesta (Damiano Damiani). - Retour texte

(10) Jean-Jacques Lecocq, «Jean Dufaux ; 'Respectons notre mémoire culturelle'», Ciné-Télé-Revue, ní 25, 20 juin 2013. - Retour texte

(11) Ernest Renan, dans son Histoire du Christianisme - où le romancier polonais s'est largement documenté -, avait compilé toutes les sources disponibles sur les persécutions, y compris des épisodes postérieurs comme Blandine à Lyon (en 178) ou Félicité et Perpétue à Carthage (en 203) - inspirés par le mythe de Dircé garrottée sur l'échine d'un taureau. À noter que saint Clément de Rome écrivit, certes trente ans après l'incendie mais sans spécifier s'il parle de Néron ou de Domitien, que des chrétiennes furent ligotées à des taureaux furieux et traînées jusqu'à ce que mort s'ensuive : «Des femmes, les Danaïdes et les Dircés, [ont] souffert de terribles et monstrueux outrages» (CLÉM., I Cor., VI, 2).
Tacite ne parlait que de chrétiens cousus dans des peaux de moutons et livrés à des molosses, ou crucifiés et brûlés vifs. - Retour texte

(12) Aaaah ! La délicieuse Magdalena Mielcarz, dans la version de Kawalerowicz (Quo Vadis ?, 2001). - Retour texte

(13) Et, ma foi, ceci est bien dans Suétone - mais pas à propos des chrétiens (SUÉT., Nér., XXIX, 1). À notre connaissance, l'épisode des condamné(e)s ligoté(e)s à un poteau et travaillé(e)s au corps par de joyeux drilles revêtus de peaux de bêtes - sous le regard de Néron - n'a, à l'écran, été [brièvement] mis en scène que par Anthony Pass dans Les aventures sexuelles de Néron et Poppée (1981). Si l'on excepte, bien entendu, une intéressante variante au taureau : dans Le Signe de la Croix de Cecil B. DeMille, tiré de l'adaptation théâtrale de Quo Vadis ?, la chrétienne Mercia voit s'approcher d'elle, un concupiscent cynocéphale, alternative à l'homme revêtu d'une peau de bête...
Hubert Montheilet pour sa part, dans Néropolis, retrace les difficultés à dresser un âne pour, dans l'arène, le faire s'accoupler avec une condamnée au cours du mime de Laureolus ! Apulée, l'auteur de l'Âne d'or, n'aurait su le contredire : son âne Lucius s'éclipse sans «consommer» la condamnée offerte à son priape. Cette chose absurde suscitait d'ailleurs l'hilarité de Martial (Spect., V) et de Suétone (Nér., XII, 5-6) selon qui ces «Pasiphaé» couvertes par le taureau n'étaient que des mannequins. - Retour texte

(14) Le fait est que l'historicité de la persécution néronienne est plus que douteuse, alors que celle par Domitien semble bien avérée. Cette dernière aboutit à la condamnation à mort d'une poignée de proches de l'Empereur «adonnés à une superstition étrangère» - dont Flavius Clemens dont on a voulu faire un évêque de Rome. Leur proximité, autant que la fragilité des sources staliniennes... pardon, chrétiennes ! autorisait ce télescopage, au moins dans un roman !
Reste que le pauvre lecteur qui ne serait pas au fait de ces subtilités historiographiques semble superbement bien désinformé... - Retour texte

(15) Rappelons que les couleurs de Béatrice Delpire sur le tome I, insatisfaisantes, avaient entièrement été refaites par Dina Kathelyn à partir de la troisième édition.- Retour texte