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AVRIL - MAI - JUIN 2008 (3/3)

 

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COURRIER AVRIL - MAI - JUIN 2008

COURRIER DE

 
9 avril 2008
LA VENGEANCE DE LA FORÊT : ARBRES ÉTRANGLEURS, CANNIBALES ET AUTRES MÉTAMORPHOSES
Francois a écrit :
Je recherche un film mythologique que j'ai vu entre 1960 et 1970 (je suis né en 52) et qui m'avait marqué à l'époque par la forêt - ou le marais - dans laquelle les arbres étaient vivants : les branches étaient animées et quand le héros (était-ce Hercule ou un autre ?) en casse une, du sang se met à couler...
 
 
RÉPONSE :

Des arbres vivants et agressifs ?
Je verrais : Le voleur de Bagdad (CLICK, CLICK & CLICK) (1960 [mais aussi les autres versions d'avant 1960 ou d'après 1970]) (DVD espagnol chez Impulso), Les amours d'Hercule (sort en DVD VF chez René Chateau fin de ce mois) et Hercule contre les Vampires (DVD VF chez Opening depuis l'année passée).

Le voleur de Bagdad
Dans Le voleur de Bagdad (1960), Karim (Steve Reeves) et ses compagnons partis à la recherche de la rose bleue, bivouaquent dans une petite forêt, après avoir franchi la Première porte du royaume enchanté. Pendant la nuit, les arbres rampent sur leurs racines et leurs branches se transforment en tentacules qui cherchent à étrangler les hommes. Karim les combat avec une torche, réussissant à enflammer quelques rameaux. A l'aube, la lumière du jour vient figer l'activité des monstrueux végétaux qui reprennent leur apparence normale.
Dans ce film les arbres ne saignent pas mais craignent le feu et la lumière. Ils rampent sur leurs racines comme les Ents du Seigneur des Anneaux, lesquels - eux - sont en outre capables de parler.

voleur de bagdad

Hercule contre les Vampires
Hercule est descendu aux Enfers. Il ne s'agit pas d'un arbre vivant (animé), mais de sortes de sarments de vigne, dont Hercule fait une corde pour franchir un fleuve de lave, le Styx. Il les coupe, donc, du sang s'écoule et l'on entend un cri de douleur.
Il y a ici un télescopage entre le thème classique des hommes changés en arbres (voyez Ovide, Les Métamorphoses) et le fil de la Destinée que tissent les Parques : lorsqu'elles coupent le fil, un homme meurt. Hercule remplace ici allusivement les Parques.
Cependant, il est possible que vous ayez vu cette même séquence dans un autre film : Le Défi des Géants. Un film-patchwork bidouillé avec un tiers d'Hercule à la conquête de l'Atlantide, un tiers d'Hercule contre les Vampires, et un tiers original.
Comme ça doit bien faire un peu plus de 35 ans que je n'ai vu ce dernier film, je ne puis vous garantir si la séquence y figurait aussi, ou non. Quand diable, un éditeur DVD aura-t-il la bonne idée de rééditer Le Défi des Géants, avec l'excellent Reg Park ? Nom de Zeus !

hercule et thesee aux enfers

Hercule et Thésée descendus aux Enfers, trouvent d'étranges plantations dans le marais d'Achéron (Hercule contre les Vampires, Mario Bava, 1961)

Les amours d'Hercule
Dans Les amours d'Hercule, Hippolyte reine des Amazones (Jayne Mansfield et ses boîtes à lait !) métamorphosait en arbres les amants dont elle était lasse. Errant dans la forêt des amants maudits à la recherche d'Hercule qui la fuit, elle est happée au passage par l'un d'eux, qui se venge en l'étouffant dans ses bras... enfin, entre ses branches, veux-je dire. Je crois bien qu'il y a aussi un rameau cassé, d'où coule du sang.

vengeance du colosse

La plante carnivore du Jardin de Proserpine dans La vengeance du Colosse (Mars, Dieu de la Guerre) (Marcello Baldi, 1962) - phot. extr. Midi-Minuit Fantastique, nÁ 9

Hors ça, il doit y avoir des arbres agressifs ou cannibales dans d'autres films border-line du péplum qui ne me viennent pas à l'esprit pour l'instant. Les arbres cannibales ou plantes carnivores sont une tarte à la crème des romans-BD-films d'aventures qui se sont complus à grossir les sarracénies et autres dionées gobe-mouche (cf. Le monde perdu [Irwin Allen, 1960], ou encore l'hammerien Peuple des Abîmes [Michael Carreras, 1968] et ses sargasses envahissantes, pour ne citer que ces deux là). Justement, c'est à une sorte de dionée géante que l'on sacrifie à la déesse Vénus des jeunes vierges, dans La vengeance du Colosse (Mars, Dieu de la Guerre), un des rares péplums des Sixties que je n'ai toujours pas vu, avec Roger Browne dans le rôle de Mars. Il y a eu une photo de la bête... de la plante veux-je dire, au milieu du Jardin de Proserpine dans un Midi-Minuit fantastique, l'introuvable numéro 9 (j'ai donc reproduit la photo ci-dessus) ! Il faut savoir que dans la mythologie grecque, Vénus-Aphrodite est fille de Jupiter-Zeus et de... Dioné. C'était donc tentant de rapprocher dans un film fantastico-mythologique l'humble Dionée-tue-mouches des botanistes et la nymphe Dioné, aimée de Zeus et - en fait - sa parèdre (si vous avez fait du grec, vous savez que «Dio-» est la forme déclinée du nominatif «Zeus»), pour imaginer ce pittoresque culte de la déesse Vénus. Et «pittoresque» est, en effet, le moins qu'on puisse en dire !

  Forêt Branche qui saigne Tueuses Cannibales Parole
SOUVENIR oui oui - - -
Le Voleur de Bagdad oui non oui non non
Hercule contre les vampires non
(Hadès)
oui non non oui
Les amours d'Hercule oui oui oui non oui

Voilà, j'espère que ces quelques indications sauront orienter vos recherches. Comme vous me dites que c'est un héros du genre Hercule qui était agressé par l'arbre qui saigne, je serais prêt à parier qu'il s'agit d'Hercule contre les Vampires, même si Hercule n'est pas réellement agressé. Toutefois, ce sont Les amours d'Hercule qui réunissent le plus de paramètres probants (forêt, branches animées et qui saignent) sauf que c'est la reine Hippolyte et non Hercule qui périt étranglée entre les branches vengeresses...

La Divine comédie
La description des Enfers dans le film de Mario Bava, Hercule contre les Vampires (Ercole all' centro della Terra) emprunte beaucoup à la vision de son compatriote Dante, La Divine Comédie, notamment cette vision d'un Enfer monde de flammes et de démons, qui est une conception chrétienne. Telle n'était toutefois pas la conception des Gréco-Romains. Dans le film de Bava, le Styx est une illusion : feu en apparence, mais eau douce quand on s'y plonge.
Mais il ne faut pas être Prix Nobel pour identifier/rectifier celui que le film nomme le «Styx» : il s'agit du Phlégéthon ou Pyriphlégéton, le fleuve de feu qui coule aux Enfers, affluent du Styx. Les Anciens ne nous décrivent jamais le Styx comme un fleuve de feu, mais plutôt comme une eau incorruptible (chez les Grecs) ou fangeuse (chez les Romains, ces invertis qui ne font jamais rien comme les Grecs, Hi Hi Hi !).

enfer de dante enfer de dante

Gauche. Accusé de félonie, Pierre Desvignes, chancelier de l'empereur Frédéric II Hohenstauffen, est placé aux Enfers par Dante et métamorphosé en arbre qui saigne lorsqu'on lui rompt un rameau. Droite. Dans la conception chrétienne, les cercles des Enfers sont dominés par les flammes, les fours, les brasiers. Bava s'en est souvenu (et peut-être aussi du Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, pour imaginer ses fantasmagories. Mais dans les neuf cercles du Styx de la mythologie grecque, il n'en était pas question. Dans la conception grecque, les Enfers sont un lieu froid et sombre, du moins de Tartare, lieu de relégation des méchants. Séjour des justes, les Champs-Elyséens, avec leurs prairies d'asphodèles, semblent plus avenants...

Dans son poème eschatologique, Dante place aux Enfers des damnés qui - comme Pierre Desvignes - ont trahi leur maître : «Les feuilles n'avaient pas la couleur de la verdure ordinaire, mais une sorte de couleur noirâtre. Les rameaux étaient noueux et embarrassés, privés de fruits, souillés d'épines et de substances vénéneuses. (...) J'avançai la main, et je rompis un rameau d'un grand arbre. Le tronc cria sur-le-champ : «Pourquoi me déchires-tu ?» En même temps un sang noir coula le long de l'écorce, et le tronc recommença ainsi : «Pourquoi me blesses-tu ? n'as-tu aucun sentiment de pitié ? Nous fûmes des hommes, nous sommes aujourd'hui des troncs animés. Ta main devrait encore nous respecter, quand même nos âmes eussent été celles de vils reptiles.» De même qu'un rameau vert présenté à la flamme fait entendre, par le côté opposé, le bruit de l'air qui s'en dégage, de même, de ce tronc sortaient à la fois du sang et des paroles, et, dans un mouvement de crainte, je laissai tomber la branche que j'avais rompue» (L'Enfer, XIII - trad. Artaud de Montor).

Dryope
Ces damnés ont été changés en arbres. Cependant, dans la mythologie grecque, ce n'est pas aux Enfers mais dans notre monde de tous les jours que nous risquons de rencontrer des arbres ou autres végétaux qui naguère furent des êtres humains. La plupart du temps, ils l'ont été en divine punition, à moins que ce ne fusse par compassion : la nymphe Daphné fut changée en laurier par le dieu Apollon à qui elle se refusait; pleurant des larmes d'ambre leur frère Phaéton, les Héliades furent métamorphosées en peupliers; et l'aimé d'Apollon, Cyparissus, devint cyprès, et l'incestueuse Myrrha myrte.

De même Dryope fut métamorphosée en chêne en punition d'avoir blessé la nymphe Lotis elle-même changée en lotos (nénuphar). Les Dryades ou Nymphes des chênes tirent d'elle leur nom et Thomas Burnett Swann fera de celles-ci les héroïnes de son Cycle du Latium. Jeune maman voulant amuser son bébé, la princesse d'Œchalie Dryope cueillit pour lui une fleur «couleur de pourpre tyrienne, (...) un lotus ami de l'eau. (...) La vérité était, comme, comme les paysans trop tard nous l'apprennent enfin, que la nymphe Lotis, fuyant l'insistance obscène de Priape, s'était métamorphosée en cet arbre, tout en conservant son nom.»
Alors, sous les yeux de son époux, «ses pieds [ceux de Dryope] restèrent fixés au sol par une racine. Elle fait tous ses efforts pour s'en détacher, mais ne peut mouvoir que le haut du corps. Par le bas pousse l'écorce qui, peu à peu, la recouvre entièrement d'une flexible enveloppe jusqu'aux aines. Quand elle s'en aperçut, elle s'efforça, de sa main, de s'arracher les cheveux, mais n'emplit cette main que de feuilles» (OVIDE, Métamorphoses, IX, 331-342 - trad. J. Chamonard).

dryope
 
pleiades

.Pour avoir cueilli un lotus habité par une nymphe, Dryope est transformée en chêne sous les yeux de son mari Andræmon et de son bébé Amphissos. Gravure de Peter van der Borcht.
Pleurant leur frère, les sœurs de Phaéton sont métamorphosées en peupliers. Doc. Bibliothèque nationale, Paris. Extr. M. GRANT & J. HAZEL, Who's who de la Mythologie, Seghers, 1975

Dans la tragédie de Shakespeare Titus Andronicus, Lavinia, fille de Titus, est violée par les ennemis son père, ses deux mains sont coupées ainsi que sa langue afin qu'elle ne puisse révéler ni son déshonneur ni le nom des coupables. La scène se passe dans la forêt : survient son oncle Marcus, qui la découvre toute ensanglantée : «Parle, gentille nièce, quelles mains atrocement cruelles t'ont mutilées et dépecées ? Quelles mains ont dépouillé ton corps de ses deux branches, de ces douces guirlandes, dans le cercle ombré desquelles des rois ont ambitionné de dormir,» etc. (acte II, sc. 4). Immédiatement, Marcus comprend qu'il est arrivé à sa nièce la même chose qu'à Philomèle et sa sœur Procné, violées et réduites au silence par le mari de la première. Plus tard (acte IV, sc. 1), en désignant l'épisode de Procné et Philomèle dans un exemplaire des Métamorphose d'Ovide, trouvé dans la bibliothèque paternelle, Lavinia fera comprendre à Titus ce qui est arrivé.
Julie Taymor, qui porta à l'écran cette tragédie gore, utilisera comme métaphore l'épisode de Daphné, tiré du même Ovide : après l'avoir outragée, Démétrius et Chiron, les fils de Tamora, s'enfuient, laissant leur victime juchée sur une souche d'arbre dont elle semble être le prolongement; des poignets sectionnés de Lavinia sortent déjà de sombres rameaux. A moins d'avoir ajouté au grand guignol shakespearien quelque supplice bantou qui n'y figurait point, le corps mutilé de Lavinia paraît être en train de se changer en arbre. S'y prête le décor boueux d'une clairière peuplée d'arbres dépouillés par l'hiver, silhouettes noirâtres et ricanantes...

(De fait, dans la mythologie, on ne se métamorphose pas qu'en végétaux : Arachné est transformée en araignée, Philomèle en rossignol; les compagnons d'Ulysse en porcs; les victimes de la Méduse en statues de pierre. Ovide en cite d'autres : le bouvier Battus en rocher (Mét., II, 676-707), Atlas en montagne (Mét., IV, 604-662). Il faut citer ici une curieuse séquence d'un autre péplum, Hercule à la conquête de l'Atlantide de Cottafavi : la princesse Ismène est sacrifiée à Protée, dont les brumes dissimulent l'Atlantide aux yeux des navigateurs importuns. Protée, dans le film, est le dieu d'une île-vampire dont les victimes s'incorporent à la falaise. Le corps d'Ismène est en train de se minéraliser lorsqu'arrive Hercule qui tue le dieu aux nombreuses métamorphoses. Alors le fils de Zeus détache la jeune fille de la parois où elle laisse autant de marques sanglantes, empreintes de son corps... Très belle séquence.)

Polydore et le cornouiller
Le prince troyen Polydore, assassiné, se perpétua à travers un cornouiller. Virgile nous conte, en effet, que débarqué sur le rivage de la Thrace, Enée voulut offrir un sacrifice aux dieux et leur élever un autel. «Il y avait, par hasard, tout près un tertre et, sur le sommet, un cornouiller et un myrte dru hérissé de tiges comme des hampes. Je m'en approchai, et, lorsque j'essayai d'arracher du sol ces branches vertes pour couvrir l'autel de rameaux feuillus, je vis un incroyable, un horrible prodige. La première branche que j'arrache en brisant ses racines laisse égoutter un sang noir et corrompu qui souille la terre. Une froide horreur secoue mes membres, et, d'épouvante, mon sang se fige, glacé. Je recommence; je veux arracher une autre branche flexible et pénétrer les causes de ce mystère. Un sang noir s'échappe encore de cette autre écorce. L'âme bouleversée, je suppliais les Nymphes agrestes et le vénérable Mars Gradivus, qui protège les champs des Gètes, de rendre, comme ils le peuvent, ce prodige favorable et d'en conjurer la signification. Mais lorsqu'une troisième fois, d'un plus grand effort, je m'attaquai aux tiges de l'arbrisseau, agenouillé et luttant contre le sol - faut-il le dire ou le taire ? - j'entendis des entrailles du tertre un gémissement lamentable, et une voix monta vers moi : «Enée, pourquoi déchirer un malheureux ? Cesse; épargne un homme enterré; garde tes mains pieuses d'un sacrilège. Troyen, je ne suis pas un étranger pour toi, et ce sang ne coule pas du bois d'un arbre. Hélas, fuis ces terres cruelles; fuis ce rivage de l'avarice. C'est moi Polydore : la moisson de fer, dont les traits ici même m'ont percé et recouvert, a pris racine et grandit en javelots aigus.» Et moi, j'étais là, hésitant d'effroi, frappé de stupeur, les cheveux hérissés, la voix arrêtée dans la gorge» (VIRGILE, Enéide, III, 19 - trad. André Bellessort).

Ce Polydore était le plus jeune des fils de Priam. En prévision de la guerre, son père l'avait mis en sécurité auprès de son allié, le roi thrace Polymestor. Mais celui-ci, auri sacra fames, massacra son hôte pour s'emparer de ses richesses et abandonna son corps percé de lances en bois de cornouiller, lesquelles fichées dans la chair du jeune homme, nourries de son sang reprirent vie.

Lucien de Samosate
Dans la tradition gréco-romaine, les humains changés en arbres sont somme toutes débonnaires avec nous, pauvres mortels. Bien sûr, les arbres se vengent parfois en nous faisant partager leur sort, comme ce fut le cas de Dryope. Le philosophe grec Lucien s'en amuse. Dans son petit roman L'Histoire vraie, Lucien de Samosate s'amuse à parodier les récits de voyages merveilleux aux confins du monde. Les voyageurs découvrent ainsi «une espèce de vigne tout à fait merveilleuse. La partie qui sortait du sol, le tronc même était un gros cep d'une belle venue; le haut était une femme dont tout le corps à partir de la ceinture était d'une beauté parfaite. C'est ainsi que nos peintres représentent Daphné métamorphosée en arbre à l'instant où Apollon va l'atteindre. Les rameaux sortaient de l'extrémité de leurs doigts et ils étaient remplis de raisins. Leurs têtes, au lieu de cheveux, étaient couvertes de vrilles, de feuilles, de grappes. Quand nous nous sommes approchés d'elles, elles nous saluèrent, nous tendirent la main et nous parlèrent, les unes en lydien, les autres en indien, la plupart en grec. Elles nous baisaient sur la bouche et celui qui avait reçu leur baiser devenait ivre sur-le-champ et chancelait. Mais elles ne permettaient pas que l'on cueillît leurs fruits et criaient de douleur, si on les arrachait. Certaines d'entre elles avaient grande envie de s'unir à nous. Deux de nos compagnons, s'étant approchés d'elles, ne purent s'en détacher et restèrent liés par leurs parties sexuelles; ils se fondirent avec elles et poussèrent des racines avec elles; en un instant leurs doigts furent changés en rameaux et enlacés dans des vrilles et ils étaient sur le point, eux aussi, de porter des fruits» (LUCIEN, Hist. vraie, I, 8 - trad. Emile Chambry).

Les arbres anthropophages
Chez Lucien, donc, le monde végétal est capable d'agresser les humains : les compagnons de Lucien qui s'unissent sexuellement aux femmes-vignes s'incorporent à elles, sont perdus pour notre monde. Chez Ovide, Dryope qui en a blessé une, partagera désormais leur sort. Nous sommes encore assez loin des arbres agressifs dont traite le cinéma SF ou fantastique, dont des différentes versions du Voleur de Bagdad : arbres étrangleurs voire carnivores.

Différents voyageurs - plus ou moins sérieux - en ont pourtant signalé l'existence. Le premier à en avoir parlé fut semble-t-il, en 1581, un certain capitaine Arkright, qui situe dans l'atoll d'El Bannor (Pacifique Sud) une plante aux couleurs vives, dont le parfum capiteux étourdit l'homme qui, l'ayant respiré, tombe entre les pétales qui se referment sur lui.

Ensuite ce fut le botaniste allemand Carl Liche qui assista, en 1868, chez les Mkodos - dans le S.-E. de Madagascar - au sacrifice annuel d'une jeune fille livrée par ses congénères à la voracité d'un arbre cannibale, lequel était ensuite brûlé, d'où sa raréfaction.

En 1882, un planteur américain W.C. Bryant raconta avoir failli être dévoré par un arbre haut de douze mètres à Mindanao (Philippines).

En 1913, au Nicaragua, un chasseur américain nommé Dunstan arracha son chien aux lianes-tentacules d'un curieux végétal. L'animal portait des marques de ventouses sur tout le corps (!). Plus proche de nous - dans les années '40-'50 ? -, l'explorateur brésilien Mariano da Silva vit chez les indiens Xatapu, à la frontière guyano-brésilienne, un petit singe avalé par des mâchoires végétales dentelée (du genre Dionée), dont le squelette parfaitement nettoyé fut régurgité trois jours plus tard...

Certaines de ces descriptions peuvent être mises en relation avec des espèce insectivores bien connues comme la Droséra (la variété la plus grande, en Australie, mesure trente centimètres en hauteur); la Dionée ou Vénus-attrape-Mouche (qui peut même avaler de petites grenouilles); l'algue utriculaire qui s'attaque aux insectes aquatiques et à de minuscules poissons; ou encore les Sarracénies ou «plantes-estomacs» dont le calice peut mesurer jusqu'à soixante-dix centimètres de profondeur, sur trente de largeur... La plus grande de cette dernière espèce, le Népenthès Rajah, était capable - selon le chasseur français Max Dervaux qui l'observa à Bornéo, en 1902 - d'avaler de petits écureuils ou des oiseaux.

bob morane - terreur verte

Bob Morane affronte à la machette les Dionées cannibales de l'Amazonie centrale particulièrement agressives : peinture de Dino Attanasio (cv. [détail] de la BD Henri VERNES (sc.), Dino ATTANASIO (d.), Bob Morane et La Terreur Verte, Marabout, 1963) (prépubl. in Femmes d'aujourd'hui, août 1960-févr. 1961).
Dans son livre A la recherche du Monde Perdu, Ray Stevens (plus connu, depuis, sous le nom de Henri Vernes) a consacré tout un chapitre aux plantes cannibales : «Quand les plantes dévorent les hommes»
(1)



NOTE :

(1) Ce texte parut d'abord sous forme d'article : Charles Henri DEWISME, «La vérité sur les plantes carnivores», in Secrets du Monde, nÁ 14 (2e an.), février 1952; Star Ciné-Cosmos, nÁs 79-80-81, octobre 1964; Henri VERNES, L'orchidée noire (Marabout chercheur Bob Morane), Marabout Junior, 1958. Repris in Ray STEVENS, A la recherche du Monde perdu (Mumbo-Jumbo), Paris, André Bonne, coll. «Records», 1954; rééd. Henri VERNES, A la recherche du Monde Perdu (Les origines de Bob Morane/1), Bruxelles, Ananké, 2004. - Retour texte

 
 
 
19 avril 2008
PÉPLUM GRATOS : THE GREAT COMMANDMENT (1939)
Georges a écrit :
Sur le site www.archive.org il y a des films tombés dans le domaine public, dont The Great Commandment d'Irving Pichel (1939). Tu connais ? Une histoire de zélotes et de Romains à l'époque du Christ et sur la conversion de Longinus... Tu peux les visionner ou les charger gratos.
 
 
 
14 mai 2008
PETITE SOIRÉE POMPÉIENNE...
Cathy a écrit :
J'aimerais acquérir le film documentaire en français Les derniers jours de Pompéi et éventuellement toutes les explications qui vont avec. Je vais organiser une soirée pour mes amies le 11 juin prochain.
Est-ce possible et combien m'en coûtera-t-il, expédition comprise ?
 
 
RÉPONSE :

Je suppose que vous voulez parler du docu-fiction de 2003, Le dernier jour de Pompéi ? Vous trouverez toutes les explications historiques utiles ici : CLICK.

A noter qu'on trouve aussi en DVD des versions «fiction» de 1935 (Schoedsack), 1948 (Marcel L'Herbier), et 1960 (Mario Bonnard - Sergio Leone)...
Il existe même, également, Les derniers jours d'Herculanum dans la collection Fabbri, mais ils ne vendent qu'en France Métropolitaine (existe en espagnol chez Impulso Records).

Quand à l'acquisition de ces DVD, qui se trouvent (ou se sont trouvés) dans le commerce, j'ai le regret de vous rappeler que je ne fais aucun business, ni échanges, ni copies. Juste de l'exégèse et de l'information (CLICK).

Voyez donc avec votre dealer habituel. Mon conseil : tapez amazon.fr (vente) ou dvdfr.com (professionnel) et sélectionnez la catégorie «péplum», et vous verrez ce qui existe sur le marché.

 
 
 
2 juin 2008
ALEXANDER THE GREAT DE PANAYOTI KAROUSOS, À L'OPÉRA À NEW YORK !
Peter Karoussos a écrit :

Please include at your web site the marvelus opera of Greek-Canadian composer Panayoti Karousos'. The opera presented in french in Montreal Canada and in english in Chicago USA with big success. Here the info : CLICK & CLICK.

alexander the great

Giorgos Orfanos congratule le compositeur Panayotis Karousos

Ryan Gintoft [tenor] : Alexandre
Francesca Lunghi [mezzo] : Olympias
Michael Brown [baryton] : Philippe
Benjamin Leclaire [basse] : Aristote
Kevin Siembor [tenor] : Hephæstion
Kristina Pappademos [alto] : Sisygambis
Greer Brown [soprano] : Cléopâtre, Roxane

Orchestre conduit par David Stech.

Sur ce site :

 
 
 
6 juin 2008
L'EMPIRE DES CONTRESENS
Georges a écrit :
Je viens de trouver un double DVD Empire. J'avais essayé de suivre la mini-série sur M6, mais mon M6 marche tellement mal que ce qui en sortait était inexploitable et ce me semblait très loin du «top» de Rome. Là, bien que double DVD avec VO & VF, je crois que je me suis fait avoir (pas pécuniairement : 10 EUR) mais, d'après ton étude sur le site, il me semble que ce soit un raccourci de la série : 4 épisodes de 40' au lieu de 6 de 60'... La fin est la même que ce que tu décris donc ils ont taillé dedans... et je déteste ça ! Je râle déjà sur les films raccourcis de quelques minutes, alors une telle amputation !
 
 
RÉPONSE :

En ce qui concerne Empire, je n'ai rien pigé à la diffusion DVD. Tu n'es pas le seul à t'en plaindre. Un autre de mes correspondants semble avoir eu le même problème que toi : un coffret de quatre épisodes, donc incomplet. Moi, j'ai acheté un coffret rassemblant trois DVD séparés, et possède donc les six épisodes. Je ne les ai pas encore regardés, ayant à l'époque travaillé à partir de la VF enregistrée sur la TV M6 (ainsi que les DVD néerlandais). Tu dis, donc, qu'il s'agit d'épisodes de 40' au lieu des 60' que j'ai annoncés ? Faudrait s'entendre sur ce qu'il faut comprendre, en langage de programmation télévisuelle : 60' c'est, le plus souvent, 50' de film + 10' de pub et autres cornichonneries).

Va donc voir la page M6 sur dvdfr.com et tu constateras qu'ils ont bizarrement modulé la diffusion de la série. Ce que tu possèdes, à mon avis, c'est tout simplement les deux premiers DVD, il te manque donc le troisième. Mais il n'y a rien de coupé/raccourci.

(...)

La différence entre 60' ou 40' par épisode doit s'expliquer par le fait que, compilant diverses sources, j'en aie étourdiment intégré une arrondissant abusivement les épisodes à 60'. D'ailleurs, si tu examines bien ma fiche, tu verras que j'indique que le DVD VO st/NL - que je possédais alors pour établir mon dossier - indique une durée totale avoisinant les 250'; si tu divises par 6 épisodes, tu obtiendras env. 40' par épisode.

Donc la durée serait OK.

Reste que tu n'es pas le premier à me dire qu'il a acheté une série incomplète, ne contenant que les quatre premiers épisodes en deux disques.
Tyrannus quitte deux fois Rome pour aller à Chypre : la première fois à la fin du 4e épisode (parce qu'Octave l'a «remercié»), la seconde fois à la fin du 6e (parce que l'aventure est finie). A mon avis, il te suffirait de te mettre en quête du volume III, qui est vendu séparément tout comme le I et le II, du reste, et tu aurais ainsi la série complète. Mais quelle idée incongrue, chez M6, de proposer sous un coffret la série... incomplète. C'est d'autant plus désobligeant que l'adresse e-mail de ces frileux est quasiment introuvable sur le Net ! «Il y a plus de choses en ce monde, Horatio, que ne peut en concevoir ta philosophie !»

Description sur DVDfr :

Empire - 2005
Série / Drame, Mini-series / Feuilletons / M6 Vidéo / Réalisateur : John Gray / Sorti le 8 novembre 2006 / Acteur principal : Santiago Cabrera

Empire - Volume I - 2005
Série / Drame, Mini-series / Feuilletons / M6 Vidéo / Réalisateur : John Gray / Annoncé Date non communiquée / Acteur principal : Santiago Cabrera

Empire - Volume II - 2005
Série / Drame, Mini-series / Feuilletons / M6 Vidéo / Réalisateur : John Gray / Annoncé Date non communiquée / Acteur principal : Santiago Cabrera

Empire - Volume III - 2005
Série / Drame, Mini-series / Feuilletons / M6 Vidéo / Réalisateur : John Gray / Annoncé Date non communiquée / Acteur principal : Santiago Cabrera

empire (abc) empire (abc) empire (abc)
     
  empire (abc)  
 
 
 
8 juin 2008
RESONABILIS ECHO (CLAUDE AUBERT, CH - 2009)
Claude Aubert a écrit :
Au soir du quatrième jour important de tournage de Resonabilis Echo (et au risque de doublonner avec des envois précédents - cf. La 12e HEURE), il me semble intéressant de vous envoyer en pièces attachées un petit florilège de nos photos de tournage. Je n'ai que l'embarras du choix, tant sont nombreuses les vues splendides que nous avons prises jusqu'à maintenant.
 
 
RÉPONSE :

Les décors agrestes sont superbes (en particulier la cascade). Juste un bémol pour les robes des trois nymphes.

Les robes antiques étaient des espèces de sacs qui se galbaient sur le corps au moyen d'un système de rubans. Mais on ne fait pas toujours ce qu'on veut, j'imagine. Le choix d'étoffes «qui tombent bien» est aussi très important. Quand je vois ce qui se portait au temps du cinéma muet... on est très loin des tenues seyantes et sexy des Golden Sixties, qui elles-mêmes prenaient des libertés avec nos sources iconographiques. Ah, les drapés des frises du Parthénon ! Et la «Diane chasseresse» dite de Versailles !

Toutes mes félicitations et encouragements pour cette initiative qui prolonge les Amours d'Astrée et de Céladon. Le film sera-t-il sonore ou muet ? Court-métrage ?

En Belgique, on avait eu dans les années 80' un certain Guy Licoppe (U.L.B.) et son association Mélissa, qui avaient tourné en latin une adaptation du Rudens (1983) de Plaute.

resonabilis echo
 
resonabilis echo
 
 
 
CLAUDE RÉÉCRIT :

Un sujet mythologique prête à beaucoup de liberté pour les costumes : entre les représentations des vases grecs, des frises du Parthénon, des fresques pompéiennes, des sculptures romaines, du classicisme et du romantisme français, des divers péplums et j'en passe, l'imagination a champ libre pour des créations lumineuses ou ternes, fantaisistes ou réalistes. En voyage archéologique en Algérie en mars, j'ai pu constater que les représentations de nymphes sur les mosaïques romaines passaient allègrement de costumes très prudes de matrones romaines quasi préislamiques à une nudité presque totale que ne cachaient nullement des voiles transparents flottant largement au vent. Si un sujet historique suppose un grand respect des costumes, nous revendiquons face à un sujet mythologique cette liberté que bien d'autres se sont arrogée avant nous et ont interprétée de multiples façons.

Par contre, le scénario de notre film respectera au mieux (tout en étant une interprétation filmique) un texte du poète Ovide, et sera dans un registre très différent des Amours d'Astrée et de Céladon, qui ne puise pas son inspiration dans l'Antiquité, mais dans l'interprétation qu'Honoré d'Urfé en a faite au début du dix-septième siècle. Seule la tonalité «pastorale» sera commune avec l'œuvre d'Eric Rohmer.

Il est un peu tôt pour en dévoiler plus sur ce moyen métrage, dont nous espérons finir la postproduction en mars 2009.

RESONABILIS ECHO
un film de Claude Aubert

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3 juin 2008
DÉFENSE ET ILLUSTRATION DU CINÉMA HISTORICO-MYTHOLOGIQUE
Erwan a écrit :

J'ai toujours privilégié un plaidoyer pour le péplum et le film en costume et à reconstitutions, en insistant sur l'instrumentalisation du passé par le présent, l'image du passé au présent, les mensonges des arts populaires, dont le cinéma & TV, par rapport à ceux (non moins énormes) de l'Histoire, e.a. D'autres exégètes préféreront sans doute, hélas, montrer plutôt le côté risible d'un DeMille et des péplums fauchés, ce qui est facile. Sans doute, à leur manière, aiment-ils beaucoup le genre - pas de doute - mais c'est un peu un amour de potache. Alors qu'il y aurait quand même mieux à faire et à dire que de simplement se moquer des stéréotypes et des trucs bâclés.

(...) Quel numéro de trapèze d'essayer de combiner les points de vue du cinéphile, de l'historien, du conteur et du passionné de films historiques, mais il n'y a pas de raisons pour que ce ne soit pas possible. Certains exégètes présentent le péplum à une audience lambda, qui n'en sait pas grand chose (une litote), en mettant en avant non les erreurs historiques (ce qui serait légitime, voire intéressant), mais les égarements de goût, le kitsch, les idioties, afin de faire rigoler les intellos. A trop insister sur les ridicules, j'estime qu'on défend bien mal ce qu'on aime. J'ai toujours préféré démontrer aux gens qu'ils avaient des idées toutes faites, des parti-pris, et que le péplum - toute question d'esthétique mise à part - recelait des aspects passionnants, qui méritaient le détour, même (et surtout) pour des gens intelligents.

 
 
RÉPONSE :

Quand on est historien (les archéologues et les philologues sont généralement plus indulgents), il est difficile de ne pas épingler les errements du péplum. C'est un travers personnel contre lequel je dois moi-même lutter. Vous n'imaginerez jamais le bonheur que ce fut pour moi de travailler sur la série Rome (HBO) : enfin un truc intelligent. Bien sûr, j'essaie de voir plus loin, et je crois que j'y ai réussi particulièrement à propos de 300.

Le regard du cinéphile est, évidemment, plus pur. Il ne se soucie pas de savoir si la fibule de l'imperator est plus toltèque que romaine, ou si réellement les riches romains s'essuyaient les doigts dans la chevelure des jeunes échansons, cliché dont nous sommes redevables, pourtant, à un grand historien (Jérôme Carcopino). Le cinéma crée sa propre vérité. Et le regard cinéphilique se moque de la référence historique, ne voyant ici que la manifestation du déni de la dignité humaine, qu'il transpose de l'Antiquité dans son époque à lui.

A l'opposé de la vision cohérente du cinéphile, la mienne est quelque peu schizophène.

 
 
 
9 juin 2008
«IL N'Y AURA PLUS JAMAIS DE MASADA (1)»
Satya a écrit :
Je reviens d'Israël où j'ai longuement visité Masada. Comment dois-je faire pour me procurer la version cinématographique ou autre version de cet emblématique endroit ?
 
 
RÉPONSE :

Je ne sache pas qu'il existe une version VF DVD/VHS du film de cinéma Les Antagonistes (Masada) (env. 2h), mais il semble qu'on ait enfin sorti en VO aux USA un DVD de la version TV (plus intéressante, puisqu'elle fait le triple en durée). Elle était en vente sur Amazon.com. Voyez ici, mon courrier de janvier 2008.

Evidemment, cette édition est en VO et ne comporte pas de VF; et il n'y a pas non plus de sous-titrage en français, pour autant que je sache.

Hors ça, j'ai énuméré dans ma biblio - si j'ai bonne mémoire - l'ouvrage incontournable de Ygaël Yadin, le fouilleur de Masada, et les romans de Guy Rachet (un bon vulgarisateur archéologique, passé au roman historique) chez Lattès, et Ernst K. Gann (chez Stock; en poche chez J'ai Lu), Duel à Masada / Les Antagonistes dont le film a été tiré.

Il existe aussi une BD française : Claude MOLITERNI (sc.) & Jean-Marie RUFFIEUX (d.), Massada (Flavius Josèphe, Juif et citoyen romain - La première guerre des Juifs contre les Romains), Dargaud, coll. «Histoire», avril 1988, 42 pl. (60 p.). Avec une préface de Pierre Vidal-Naquet.
N'oublions pas, non plus, le superbe «Pilotorama» de J.L. DEVAUX, «Masada», Pilote, nÁ 481 (11e an.), 23.01.1969.

Voilà, j'espère que ces pistes vous aideront à revivre votre voyage. Mais dites-moi : est-ce que les machines de guerre romaines utilisées dans le film, et abandonnées sur le site pour l'étonnement des touristes, sont encore visibles ?


NOTE :

(1) Serment des paras israéliens. - Retour texte

 
 
 
18 juin 2008
JEUNES TALENTS : KRISTINA PARIS, BETTINA PARIS, GINA NALAMLIENG ET JOSEPHINE PARIS...
RC a écrit :
Je cherche désespérément des photos des actrices Kristina Paris, Bettina Paris, Gina Nalamlieng et Josephine Paris. Si vous avez cela, merci de m'en envoyer...
 
 
RÉPONSE :

Tout de même, votre demande m'interpellait. J'ai donc été voir sur IMDb. Les quatre actrices qui ont recueilli vos faveurs n'ont actuellement qu'un seul et unique TV-film à leur actif, Helen of Troy (John Kent Harrison, 2003), et dans des rôles mineurs : Kristina Paris (Iphigénie), Bettina Paris (Cassandre, jeune), Gina Nalamlieng (Athéna) et Josephine Paris (une matrone). Mais je ne possède aucun document photographique de ce film, seulement le DVD (vous aurez remarqué qu'il n'y avait aucune photo dans le dossier qui est sur mon site).

Le mieux pour vous serait de faire des captures d'écran d'après le DVD, mais je vous avouerais que moi-même j'ignore comment on procède. Avez vous prospecté les sites DVD ?

 
 
 
17 juin 2008
ANTAR BEN SHADDAD (1963) : BEN HUR CONTRE LES PIRATES DU DÉSERT !
Farida a écrit :

Je suis une grande fan du film de Antar et Abla.

Par contre je cherche depuis un moment le nom de la chanteuse ou la BO du film afin de pouvoir profiter pleinement des chants.
Si tu as des infos... ça m'intéresse.

 
 
RÉPONSE :

Débroussaillons la question. Vous parlez bien du film de 1963 avec Farid Chawki, dont j'ai reproduit la jaquette de VHS sur mon site ?

Je possède peu de documentation sur le cinéma arabe. Dans ma vie, je n'ai eu l'occasion de voir que deux «Antar» arabes : la VHS de 1963 et, en salle, le film de 1973 (Antar à la conquête du Sahara).
Je l'ai inclus dans ma filmo parce que ses aventures font de lui un contemporain de l'Empereur byzantin Héraclius II. En effet, je connaissais son histoire par les livres. Mais j'aurais beaucoup voulu voir la version 1948 (Antar et l'Empire romain) de Salah Abou Seif, réalisateur égyptien que j'avais eu l'occasion de rencontrer lors d'un Festival à Djerba en 1992, si j'ai bonne mémoire.

Si vous êtes fan de la version 1963, comme je crois comprendre, je suppose que vous possédez déjà la VHS ou, mieux, le DVD. Nous sommes donc à armes égales. Autant qu'il m'en souvienne (mais je peux vérifier un de ces soirs) le générique est en arabe, langue que je ne lis pas. En revanche j'avais remarqué que la BO de la VF était un pillage d'Ennio Morricone et de Miklos Rozsa (Ben Hur). Et j'en viens à ma question : s'agit-il une chanson en langue arabe [là, je ne peux pas vous aider], ou de vocalises d'une de ces solistes italiennes comme Edda Dell'Orso qu'aimait à utiliser Ennio Morricone ?
Dans ce second cas de figure, aidez-moi à localiser le passage sur la bande du film, et je pourrais essayer de retrouver de quel film italien c'est tiré...

 
 
 
FARIDA RÉÉCRIT :

Nous parlons de la même chose. En pièce jointe également un petit extrait que j'ai enregistré sur mon portable (la qualité est vraiment médiocre) mais j'adore et impossible de tomber sur quelqu'un qui connaisse.

Si tu n'arrives pas à l'écouter depuis l'ordi, tu peux te la transférer sur un portable car c'est tout à fait lisible depuis le portable !

 
 
RÉPONSE :

Bien, nous avançons.
Mais moi, je suis «de la vieille école», et je n'ai pas de portable (c'est ce que nous appelons en Belgique un «GSM», je suppose ?).

Le plus simple serait de me dire :

  1. S'agit-il d'une chanson en arabe ? Si oui, je suis totalement incompétent pour vous répondre. A part Oum Kalsoum, je ne connais rien à la chanson arabe.
    Si par contre il s'agit de vocalises morriconiennes, là il se pourrait que je sache... J'ai autrefois beaucoup aimé les westerns italiens et ça pourrait être un emprunt à l'un d'eux.
  2. Evidemment, mon ordi refuse. Le mieux serait de vous repasser la vidéo, de noter à combien de minutes depuis le début intervient cette chanson. Eventuellement, me dire à quelle scène cela correspond. Il y a bien dix-douze ans que je n'ai plus regardé ce film.
 
 
 
FARIDA RÉPOND :
A quelles scènes ?
La 1ère donc c'est lorsque l'héroïne du film décide d'aller «au lac»; et elle et ses amies font toute une chorégraphie autour de balançoires, puis en bordure du lac... avant de se faire attaquer par les méchants !
La 2ème c'est lorsqu'Antar rentre de la guerre et qu'il a défendu tout le monde... et là l'héroïne chante avec une épée à la main.
 
 
RÉPONSE :

Je viens de me passer les 18 premières minutes d'Antar Ben Shadad en VHS. Ca commence par un dialogue du héros avec un homme de son village - il n'y a pas de sous-titres - sur fond du «Love theme of Ben Hur» de Miklos Rozsa.

Ensuite les guerriers de la tribu partent pour la guerre : de 10'20" à 11'00", en psalmodiant un chant guerrier en arabe, qui ne doit rien au tzigane wagnérien. Dialogues.
Puis de 11'30" à 12'00", les trompettes de la «Parade of the charioteers» avec, de 12'25" à 13'20", un enchaînement rythmé par les tambours : «Roman March» également connu, selon le pressage, sous le nom de «Gratus' entry into Jérusalem». A moins que le mixeur ait préféré utiliser la combinaison trompettes/tambours déjà existante dans l'illustration sonore du Triomphe de Quintus Arrius à Rome (les trompettes pour le char du proconsul romain combinées avec les tambours ponctuant la marche de ses légionnaires à pied : autant de thèmes qui reviennent régulièrement à différents endroits de la B.O. de Ben Hur) («Victory parade»).
L'ingénieur du son d'Antar Ben Shadad utilise habilement sa table de mixage, mais les thèmes restent parfaitement identifiables.

De 13'45" à 15'15", «The Mother's love» - toujours de notre ami Rozsa, et toujours emprunté à Ben Hur - accompagne nos personnages.
De 15'34" à 18'15", les filles rassemblées sous les palmiers, au bord du point d'eau de l'oasis, chantent et dansent autour de la balançoire. C'est la première scène que vous décrivez. Elles chantent en arabe et... ici nous sortons : nous, du domaine du cinéma américano-italien et, moi, de ma sphère de compétence ! Ca me fait penser à de l'Oum Kalsoum, mais qui suis-je pour être affirmatif en ce domaine ?

Désolé de ne pouvoir vous en dire plus.

 
 
 
30 juin 2008
DU PÉPLUM AUX JEUX VIDÉOS...
Julien a écrit :
Je suis étudiant en master de recherche d'histoire, mon sujet de mémoire recoupe un peu votre site, puisque qu'il concerne la représentation de l'Antiquité romaine dans les jeux vidéo (mon sujet n'est pas encore très bien établi). J'ai trouvé votre site très intéressant et c'est ce qui m'a poussé à vous écrire, j'aimerais - si cela ne vous dérange pas - que vous me conseilliez sur des lectures ou des orientations concernant mon sujet.
 
 
RÉPONSE :

Là nous atteignons les limites de mon incompétence. En effet, je ne suis pas, mais alors pas du tout «jeux» vidéo, ni jeux tout court.
Que vous conseiller comme lectures ? Si vous êtes déjà étudiant en Histoire, je ne vois pas trop quoi vous conseiller dans ce domaine. Et j'imagine que si vous avez choisi ce sujet, vous en savez sans doute plus que moi en matière de logiciels de jeux.

Voyez tout de même la littérature spécifiques aux militaria, en particulier chez Errance. Poussez la curiosité vers les associations qui font de la reconstitution.
Question jeux, il existe également des publications spécialisées en jeux de stratégie comme Væ Victis. Væ Victis s'intéresse à des batailles qui ont réellement eu lieu. Mais les jeux vidéos ont une certaine tendance à faire n'importe quoi, les Spartiates contre les Toltèques ou que sais-je encore ? et les jeux mythologiques à mélanger les cultures (Grecs et Nordiques, p. ex.), mythes et SF. Mais c'est vrai qu'on se croirait en plein péplum - comme dans Le Choc des Titans, où le Kraken scandinave intervient dans le mythe grec - ou dans une BD de la Marvel !
Je serais bien sûr très heureux de vous aider à fixer certaines choses... si vous avez des questions bien précises. Mais ne m'interrogez pas sur les mérites respectifs de tel ou tel jeu. Je ne les connais pas