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AOÛT - SEPTEMBRE 2008 (3/3)

 

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COURRIER AOÛT - SEPTEMBRE 2008

COURRIER AOÛT - SEPTEMBRE 2008

 
5 août 2008
HANNIBAL (1959) : VERSION US ET VERSION VF
Georges a écrit :

Chez nous est ressortie la «Peplum Collection», petites et élégantes pochettes carton et petits prix... D'après leur pub intérieure sont sortis : Les Derniers Jours de Pompei, de Mario Bonnard; Les Travaux d'Hercule; La Chute de l'Empire romain; Nefertiti, Reine du Nil; Hercule contre les Vampires; Le Fils de Spartacus, et j'ai acheté Hannibal dont j'avais le DVD italien. Est sorti aussi Constantin le Grand (VF).
Le Hannibal est surprenant.. Très belle copie VF de 88'; mais aussi la VO (US) voulue par Edgar G. Ulmer de 100' (alors que la VO italienne n'est que de 90').

La traversée des Alpes est plus longue, avec des luttes et des tractations avec les tribus gauloises... des séquences en plus sur les batailles qui semblent des rajouts de 2e équipe et une fin légèrement différente...

 
 
RÉPONSE :

L'édition Opening comporte deux éditions différentes d'Hannibal : une VOSTF en langue anglaise de 101' (en fait 1h 40' 01" [1]) et une VF plus courte (1h 28' 18"), soit 88'.
Les 12' de différence sont subtilement réparties. Ainsi, entre le premier plan du générique et la dernière images de l'armée carthaginoise dans la neige des Alpes, je compte 15' 17" (VF) contre 18' 07" (VOSTF). Dans la VOSTF, la séquence - ouvrant le film, juste après les cartons du générique - du messager romain chevauchant dans la neige, puis le long du littoral est légèrement plus longue (dans la VOSTF il change de cheval à un relais, et l'ensemble de la séquence supporte un commentaire off exposant la situation : en 218, etc., commentaire qui fait défaut dans la VF). Viennent ensuite la séquence du Sénat romain où s'affrontent Minucius et Fabius Maximus, puis la caméra suit les péripéties de la traversée des Alpes - je cite dans le désordre : le gel qui engourdit les membres, les chutes dans le ravin, les éléphants (il doit bien y en avoir entre six et dix), les obstacles naturels à détruire, les loups qui rodent, l'alliance avec les Gaulois de Rutanius, ... plans rigoureusement identiques d'une version à l'autre, sauf que la VOSTF ajoute une séquence de panique des éléphants, où Hannibal-V. Mature a l'occasion de briller, une torche à la main, en faisant reculer les pachydermes. Faut bien qu'on sache qui est le héros du film !


NOTE :

(1) Je possède aussi une version américaine de 1h 39' 48". - Retour texte

 
 
 
11-12 août 2008
OBITUAIRE : FRANCIS LACASSIN

On ne présente plus Francis Lacassin, le pionnier de la littérature et du cinéma populaires, le grand défricheur su mythe de Tarzan.

Francis Lacassin est mort dans la nuit de lundi à mardi 11-12 août, à l'âge de 76 ans.

Y eut-il, en France, plus considérable promoteur des littératures que nous aimons ? Je ne crois pas. Considérons simplement son travail pour Omnibus et Bouquins (Robert Laffont). En Omnibus, on lui doit la récente intégrale de H. G. Wells, l'intégrale des textes fantastiques de Balzac et Dumas, un énorme recueil de contes de fées modernes (de Perrault à Cocteau). En Bouquins, je ne sais que choisir : les intégrales de Lewis Carroll, Lovecraft, Maurice Renard, de Le Rouge, le cycle de She (Haggard), quelques gros recueils de références comme les Evadés des ténèbres (Radcliffe, Meyrink, Stoker...), Les Maîtres de l'étrange et de la peur, Voyages au pays de nulle part... Ce qui est loin d'épuiser le sujet : la base de données Electre dénombre 282 volumes portant la griffe de Lacassin, tous consacrés à la littérature dite "populaire".

Il fut aussi le grand pionnier de la bande dessinée, et tout ça en étant pote avec Alain Resnais ou Simenon, et en tenant chaire à l'université.

Un de ces grands artisans, dont les volumes resteront pendant bien des décennies dans nos bibliothèques...

Sylvain Fontaine
francis lacassin - fantomas francis lacassin - tarzan

Deux grandes amours de F. Lacassin : le cinéma muet (Maître des lions et des vampires : Louis Feuillade, Pierre Bordas éd., 1995) et l'œuvre d'Edgar Rice Bourroughs (Tarzan, ou le chevalier crispé, Veyrier, 1982). Feuillade commit quelques anté-péplums intéressants; Tarzan en aurait véçu un si un producteur de cinéma avait songé à porter à l'écran Tarzan et l'Empire romain...

 

Difficile d'imaginer à quoi aurait pu ressembler l'édition française au cours de ces quarante dernières années sans lui. Difficile, surtout, de se représenter quel pourrait être en France le statut des littératures de genre et de la BD. Ces genres qu'il a contribué à décloisonner, dont il a encouragé la critique, mais qu'il a aussi et surtout publiés, comme le fantastique et le policier, lui doivent énormément. On pourra lire à ce propos l'article de Patrick Kéchichian paru dans Le Monde du 17 août (CLICK).

Pour nous, Francis Lacassin reste aussi celui qui a permis à l'intégrale des œuvres de Lovecraft de voir le jour en langue française dans la prestigieuse collection Bouquins. Il avait également publié chez son ami Christian Bourgois, décédé en décembre 2007, un premier volume de correspondance de Lovecraft, copieusement annoté, qui faute d'un lectorat suffisant n'avait hélas jamais été suivi d'un second.

On ne saurait trop conseiller la lecture de ses mémoires parues en 2006 aux éditions du Rocher, Sur les chemins qui marchent, même s'il y parle en définitive plus des autres que de lui-même. Espérons que, comme il en émettait le souhait en conclusion de ses mémoires, il s'entend dire en ce moment même par un Saint-Pierre bibliophile : «Sois le bienvenu. À partir de maintenant tu pourras lire tous les livres que tu voudras. Quelle que soit la langue dans laquelle ils sont écrits, tu les comprendras.»

Philippe Gindre
site : http://www.clef-argent.org
francis lacassin francis lacassin francis lacassin

Dans Passagers clandestins, 1, 10/18, nÁ 1319, 1979, Lacassin examine quelques figures emblématiques dont Peau d'Ane, Cagliostro, Monte Cristo, Lovecraft ou Alexandra David-Neel, de même dans A la recherche de l'empire caché, Julliard, 1991 (Eugène Sue, Paul Féval, Gaston Leroux et Gustave Lerouge, Fantômas, Fu Manchu, Harry Dickson, Elle-qui-doit-être-obéie et Tarzan). Enfin, dans Pour une contre-histoire du cinéma, 10/18, nÁ 731, 1972, Lacassin réhabilite les hommes et les genres oubliés et méconnus par l'histoire officielle du cinéma. Rien sur le péplum, hélas.

 
 
 
28 août 2008
CALIGULA NON CENSURÉ ? SHOCKING !

Lu dans Libé :

Caligula, le retour d'un film cul(te)

L'Angleterre vient d'autoriser la sortie en DVD de la version non-coupée du film de 1978. Soit une heure supplémentaire de porno dans un décor de péplum.

«Le très rigoureux et un poil conservateur Office britannique de classification des films (BBFC) vient d'accorder un bon de sortie à l'édition uncut de Caligula en DVD, trente ans après le bide retentissant récolté par le film. Il faut dire que la version en salles, faiblarde et désordonnée, était loin du torrent érotique promis par les affiches racoleuses. Par la suite, les autorités se sont toujours refusées à laisser sortir le film accompagné des scènes les plus torrides.

Avec ce DVD, les Britanniques auront droit à pas moins d'une heure supplémentaire de film, heure exclusivement nourrie des fameuses scènes porno qui avaient disparu lors de l'exploitation en salles. Ils pourront ainsi satisfaire une curiosité bien compréhensible puisqu'un porno, un vrai, se déroulant dans les décors fantasmagoriques d'un péplum à gros budget, et dont la distribution est constellée de stars, la chose n'est pas courante. Mais ce n'est pas le seul mystère du film (dont une version «hard» a déjà été distribuée en France en DVD en 2003 chez Metropolitan) dont l'histoire du tournage a suscité l'émoi de deux générations d'amateurs du genre et les délices des cinéphiles.

Flambeur. Le premier malentendu tient à son producteur lui-même, Bob Guccione. Né à Brooklyn en 1930, glandeur émérite, copain de beuverie de Burroughs époque Tanger, ce fils d'immigré italien se lance dans les affaires en 1965 en publiant le magazine coquin Penthouse, pour concurrencer Playboy. Il lance ce fleuron de la presse érotique en Angleterre avant d'étendre son empire de l'autre côté de l'Atlantique. Dix ans plus tard, il est devenu l'un des hommes les plus riches d'Amérique et, comme son modèle Hugh Hefner, parade dans les magazines au volant de bolides hors de prix, flanqué de créatures outrageusement maquillées, et arbore force bagouses aux doigts et épaisses chaînes en or sur son torse velu. Vers la fin des années 1970, en même temps que la fortune, c'est la mégalomanie qui atteint Guccione de plein fouet. Il se transforme en collectionneur d'art boulimique, entassant des Modigliani, Picasso, Renoir ou Van Gogh et, surtout, décide de se lancer dans le cinéma. Premier (et dernier) projet : un péplum olé olé consacré à l'empereur Caligula. Comme il n'est pas du genre à mégoter, il engage le romancier Gore Vidal pour écrire le scénario, Tinto Brass, le maître de l'érotisme italien, à la réalisation, Danilo Donati, le complice de Fellini, pour les décors et réunit un casting british de haute volée avec Malcolm McDowell, qui attend toujours un grand rôle depuis Orange mécanique, le mythe imbibé Peter O'Toole, la jeune et talentueuse Helen Mirren ainsi que la référence shakespearienne John Gielgud. «Quand Gore Vidal m'a parlé de Guccione, se souvenait Malcolm McDowell dans une interview accordée après la sortie du film, je lui ai demandé s'il s'agissait bien du pornographe. Il m'a répondu que oui mais qu'il ne fallait pas m'inquiéter, Guccione ne ferait que signer les chèques.» C'était mal le connaître.

Mécontent de la manière dont Tinto Brass met en scène les séquences d'orgies romaines, privilégiant une collection de figurantes naines et obèses au détriment des hardeuses engagées par l'expert Guccione, ce dernier utilise en secret le plateau toute la nuit pour tourner des scènes pornos gratinées avec la complicité du chef opérateur. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne fait pas dans la dentelle.

caligula - tinto brass

Bidouillages. L'inévitable clash a lieu au moment du montage. «C'est à ce moment que j'ai été viré, déclarait Tinto Brass à Libération en 2006. Je voulais réaliser un film sur l'origine du pouvoir et il l'a transformé en film sur le pouvoir de l'origine [allusion au tableau de Courbet, L'Origine du monde, NDLR]. Un film de cul, luxueux, certes, mais vulgaire.» Le réalisateur, ainsi que Gore Vidal, exigent alors que leurs noms soient retirés du générique, ce que Guccione refuse catégoriquement. Et quand le film récolte une classification X au moment de sa sortie, le nabab lâche : «Comparer Caligula à un film X revient à comparer la Seconde Guerre mondiale à une bagarre de rue.» Restent les mémorables bidouillages du producteur. Malcolm McDowell se souvenait par exemple d'un plan où il était censé admirer un cheval, scène qui s'est finalement retrouvée en contrechamp d'une acrobatie lesbienne. Avant de goûter à tous les charmes de cette épopée rocambolesque, la Grande-Bretagne peut savourer une ultime pirouette. Pour justifier sa décision de laisser sortir le film en DVD, le sévère BBFC a expliqué, un peu penaud, que c'était pour des raisons historiques

Bruno ICHER, in Libération,
mercredi 27 août 2008
 
RÉACTION
Je suis content pour les sujets de feue Sa Gracieuse Majesté Victoria (celle qui proclamait qu'une honnête femme ne jouissait pas, nom de Zeus !). Mais je doute que cette version uncut de Caligula contienne davantage que notre édition complète VF. Quant à Tinto Brass, il a beau vouloir faire le malin, on l'a vu à l'œuvre avec la même Teresa Ann Savoy dans son porno-nazi Salon Kitty. Bof ! Pas de quoi fouetter un maso !
 
 
 
5 septembre 2008
DES FAITS, DES CHIFFRES ! (à propos des mensurations de quelques athlètes culturistes)
Eric Lahmy a écrit :
Attention, Pete Lupus ne mesure pas 1,98 m mais 1,93 m. Et Reg Park, que vous donnez à 1,87 m, mesurait au plus 1,85 m. J'ai même découvert que dans son site personnel, on lui donnait six pieds, soit 1,83 m. Même chose pour Arnold, qui mesure moins que le 1,88 m qu'on lui accorde. Au concours NABBA Universe en 1970, Park, Arnold et Draper sont photographiés plusieurs fois ensemble, Draper annonce 1,83 m, Reg et Arnold sont pratiquement de la même taille. Dans les photos du concours Univers 1950, Reeves (1,85 m) et Park sont pratiquement de la même taille.
Mais beaucoup de culturistes avaient (et ont) tendance à se grandir).
 
 
RÉPONSE :

Merci pour ces précisions, que je publierai dans le courrier des visiteurs.

Sur ce site
A propos des carrières et mensurations de ces athlètes-acteurs, on se reportera, sur notre site, à :

 
 
 
6 septembre 2008
MADAME HANNIBAL NE LÂCHE PAS LES CALIGÆ À SON MARI...
Frédéric a écrit :

Ai été agréablement surpris par Hannibal (1959). Le passage des Alpes est terriblement impressionnant. J'en suis à la quarantième minute, et j'ai l'impression que la qualité baisse un peu (il faut dire que Victor Mature n'est pas vraiment convaincant), mais j'attends la suite.

(...) Il est intéressant de voir que Mario Hill (non pas Quintus, mais Quintilius, sauf erreur), quoique doublé dans la VO, interprétait déjà son rôle en anglais : il se préparait pour une carrière internationale.
Une question : bien évidemment, nous n'allons pas nous attarder sur la vérité historique dans Hannibal, mais est-il concevable que Madame Hannibal ait traversé la Méd pour aller saluer son mari en Italie ? Est-ce attesté ?
Amusant : la différence des textes de la voix off finale. La VF nous dit que Hannibal est grand malgré tout; la VO qu'il préférerait que son fils ne travaille pas comme lui dans les mines.

 
 
RÉPONSE :

Le fils d'Hannibal travailler dans les mines ? Ou bien le dialoguiste a voulu faire une extrapolation sur les Carthaginois que les Romains vainqueurs auraient réduit en esclavage (ce qu'ils feront, mais au terme de la troisième manche, en 146); ou bien c'est une allusion assez culottée au fait que la famille des Barcides, qui avait colonisé l'Espagne pour son propre compte, y exploitait toutes sortes de mines (or, argent, plomb). Mais le fiston Hannibal ne risquait pas de devoir y manier la pioche.

Hannibal avait une femme, qui lui donna un fils. Silius Italicus (Guerre punique, IV) la nomme Imilcé; le film Danila. J'ignore si Madame Hannibal s'est rendue en Italie pour apporter des oranges à son mari. Il y est quand même resté 16 ans avec son armée, et ladite madame avait peut-être un prurit à appaiser. Selon le film, qui ménage un ressort dramatique vis-à-vis de Sylvia, Danila serait l'épouse répudiée d'Hannibal, mais qui a charge d'élever leur fils. Si l'on se reporte à la mentalité des anciens, il serait plus que douteux qu'un homme qui a répudié son épouse lui laisse la garde de son fils ! En fait, Silius Italicus imagine qu'à Carthage - cependant qu'Hannibal s'apprête à affronter une fois de plus les Romains à Trasimène -, les gérontes décident de sacrifier son fils à Saturne. Mais Imilcé s'interpose et obtient qu'une délégation aille trouver Hannibal en Italie pour obtenir son autorisation d'immoler son fils. Le général s'y oppose, promettant en échange la vie de milliers de Romains. Cet épisode de soixante vers dans le poème épique de Silius Italicus semble être un mauvais roman, reprenant les délires des auteurs Grecs sur les sacrifices d'enfants, d'autant qu'aucun auteur ayant traité de la Seconde Guerre punique ne mentionne des sacrifices de ce genre, ce poète mis à part qui peut-être s'était souvenu d'Iphigénie fille d'Agamemnon ! Chose bizarre : le fils d'Hannibal se serait donc trouvé à Carthage, alors que les Barcides avaient leur quartier général en Espagne, cette Espagne qu'Hasdrubal gouvernait au nom de son frère aîné Hannibal ?

A noter que le scénariste italien semble écartelé entre le désir de présenter sous un jour favorable et le général carthaginois, héros du film, et le Romain Fabius Maximus qui lui résiste à outrange, déterminé à vaincre ou mourir. En fait, selon le film, Hannibal a été piégé par un serment tenu enfant d'haïr Rome, et son désir de paix qu'à fait naître son amour pour la romaine Sylvia, nièce de Fabius Maximus. Et la séquence finale nous montre Hannibal en surimpression de plans de batailles, formula le vœux que son fils ne soit pas un jour obligé, comme lui, d'avoir à faire la guerre, d'avoir à haïr un ennemi (VO). La VF pour sa part se bornant à constater qu'il entra ainsi dans l'Histoire...

Il y a aussi une autre bizarrerie : certaines sources donnent Sylvia pour une vestale qui a failli à ses vœux en se donnant à un homme, Hannibal : c'est pourquoi elle sera condamnée à être enterrée vive. Mais si l'on s'en tient au film, il est évident qu'elle n'est condamnée à cette mort affreuse uniquement pour son intelligence avec l'ennemi. Curieux toutefois qu'elle soit précisément condamnée au supplice d'ordinaire réservé aux vestales : n'eut-il pas été plus logique de la précipiter du haut de la Roche Tarpéienne, qui devait son nom à une autre traîtresse, Tarpéia amoureuse du roi ennemi Titus Tatius ? Ou de la lapider ? Peut-être le scénariste n'a-t-il rien voulu d'autre qu'intégrer dans son intrigue un autre acte barbare : lorsque l'on annonça qu'Hannibal était aux portes de la ville, les Romains enterrèrent vivant un couple de Gaulois et un couple de Grecs en sacrifice propitiatoire...

Curieux le nom de Quintitlius (tu as probablement raison au niveau du casting, mais Quintus était plus vraisemblable : le paternel se nommant, en fait, Quintus Fabius Maximus Verrucosus Cunctator, il est tout à fait normal que son fils aîné porte le même prénom).

 
7 septembre 2008
DIVERGENCES DANS LE DOUBLAGE
Frédéric réécrit :
Non, je plaisantais [en ce qui concerne le travail aux mines du fils d'Hannibal], mais sur le fond je ne trahissais pas la chose : la VO dit qu'Hannibal préférerait que son fils n'ait jamais à assumer les écrasantes et pénibles charges qui sont les siennes. Tandis que, donc, la VF nous dit que, même si les carottes sont cuites pour Hannibal après les délices de Capoue, il est de toute façon entré dans l'Histoire.
 
 
 
7 septembre 2008
A PROPOS DU FORUM EN FOLIE
Frédéric a écrit :
te viens d'acheter ce matin au marché le Forum en folie. Ai-je eu raison ? J'ai toujours soupçonné ce truc d'être aussi poussif que Le Tour du monde en 80 jours, Un Monde fou fou fou fou, et autres superproductions hollywoodiennes prétendant être comiques et ne parvenant qu'à être lourdes.
 
 
RÉPONSE :
Tu as très bien fait : j'aime bien Le Forum en folie. En fait c'est un mix de deux comédies de Plaute (Pseudolus et Miles gloriosus) relifté en comédie musicale à Broadway et, finalement, porté à l'écran.
 
 
 
FRÉDÉRIC RÉÉCRIT :
Quant au Forum, oui, tu as raison : c'est aussi lourd qu'une comédie américaine (je hais les comédies musicales) et qu'une pièce de Plaute (malgré ma passion pour la littérature latine, j'ai toujours trouvé que les pièces de Plaute pesaient trois tonnes; évidemment, il y a à côté le génial Térence, mais je ne suis pas tout à fait sûr que Térence écrive des comédies) réunies. Je vais quand même aller au-delà des vingt premières minutes découvertes hier soir, mais je n'attends pas un revirement sensible de mon jugement.
 
 
 
10 septembre 2008
PAS D'ALIBI POUR LA LIBYE
Une documentaliste a écrit :
Pour les besoins d'une émission de France Culture je recherche un péplum italien des années 1960 et dont l'intrigue se déroulerait en actuelle Libye, c'est-à-dire la Tripolitaine. Pourriez vous m'indiquer quelques titres de films ?
 
 
RÉPONSE :

Hélas, il n'y a aucun péplum se passant dans la Tripolitaine grecque ou romaine (je viens d'introduire sucessivement Libye puis Lybie dans ma base de données perso pour en avoir le cœur net). Il y a des films sur Carthage (Tunisie) et sur l'Egypte pharaonique, mais rien sur le pays du colonel Khadaïf.

Notez tout de même que dans le roman de Flaubert Salammbô, Mathô - le chef des mercenaires révoltés - est un Libyen. Et il le reste dans la version 1925 de Pierre Mardon, mais devient Gaulois dans la version 1959 sous les traits du jeune premier franco-lithuanien Jacques Sernas. Dans Le Pharaon de Jerzy Kawalerowicz, on voit des mercenaires libyens dans l'armée égyptienne.

La scène d'ouverture du Spartacus (1960) de Kubrick est censée se passer dans des Mines en Libye, mais en réalité cela a été filmé dans la Vallée de la Mort, en Californie.

Dans le poème Les Argonautiques, d'Apollonios de Rhodes, le dieu Triton apparaît à Jason et aux Argonautes et leur indique comment sortir du lac des Syrtes où l'Argo est encalminé. Les Syrtes (Djerba, en gros), sont à la frontière de la Tunisie et de la Libye. Notez que cet épisode était en relation avec la fondation d'une colonie grecque en Cyrénaïque par les descendants de l'Argonaute Euphémos. Cet épisode (celui de Triton, mais sa relation avec Euphémos est omise) a plus ou moins subsisté dans le film de Don Chaffey Jason et les Argonautes, mais délocalisé à l'entrée de la mer Noire (!). On voit Triton, mi-homme mi-poisson jaillir des profondeurs de la mer et écarter les Roches Broyeuses pour permettre le passage de l'Argo.

jason et les argonautes

Ce compagnon de Jason, l'Argonaute Euphémos de Ténaron, est lié à deux franchissements difficiles au cours du périple des Argonautes. Pour pénétrer dans la mer Noire, il faut franchir les Roches Broyeuses (les Symplégades); à cet effet Euphémos lache une colombe qui franchit la passe dangereuse de justesse : elle y laisse seulement une plume de sa queue.
C'est également Euphémos qui, avec l'aide de Triton, va guider l'Argo pour sortir du lac Tritonis, au fond du golfe des Syrtes (la Grande Syrte et la Petite Syrte, dans l'Antiquité, sont cette large échancrure entre la Tunisie et la Tripolitaine). Triton lui remet une motte de terre en gage de la Libye qui appartiendra un jour à ses descendants. Au cours d'une tempête pendant le retour des Argonautes en Grèce, cette motte tombe dans la mer et devient l'île de Théra (Santorin). Plus tard, des Lacédémoniens descendants d'Euphémos coloniseront Théra, puis de là un certain Battos fondera Cyrène en Libye d'où la région prendra le nom de Cyrénaïque.
Le film de Don Chaffey télescope les deux épisodes, puisque c'est à l'entrée de la mer Noire qu'apparaît Triton, et on n'y parle pas de la motte de terre, divine prophétie de la domination des Grecs sur la Libye.

Dans Persée l'Invincible, on voit le héros grec tuer la Gorgone Méduse dans une vallée désertique, épisode parfois situé en Libye par les auteurs grecs; toutefois le film ne se prononce pas à ce sujet.

Dans Il conquistatore dell Atlantide (Goldocrack à la conquête de l'Atlantide), on voit Héraclès/Hercule s'enfoncer dans le désert de Libye pour retrouver une jeune fille enlevée par les méchants Atlantes. Le film a en fait été tourné en Egypte, en 1965, par Alfonso Brescia. C'est un télescopage du péplum mythologique et de L'Atlantide de Pierre Benoît. Hyper-kitsch.

Dans le même ordre d'idée, dans La Cité Disparue (Legend of the Lost) d'Henry Hathaway, John Wayne, Sophia Loren et Rossano Brazzi sont à la recherche d'une cité romaine ou atlante (?) dans le désert de Libye.
Tournage en Libye dans l'oasis de Ghadamès (1) ou Rhadamès, proche des frontières tunisienne et algérienne, à l'extrémité du Grand Erg Oriental du Sahara. Certains plans ont été filmés dans un site romain que je n'ai pu identifier, peut-être Sabratha... Tripoli... ou Leptis Magna ?

Enfin, dans un contexte plus ou moins proche de ce que vous recherchez, il y a El Kébir, le fils de Cléopâtre, tourné principalement du côté du Caire, mais aussi près de la frontière libyenne. Une sorte de Robin des Bois bédouin lutte contre le méchant gouverneur romain corrompu, jusqu'à ce que l'empereur Auguste remette de l'ordre dans la boutique.

En fait, j'ignore si vous voulez programmer tout un film, ou si vous avez seulement besoin d'extraits pour composer/illustrer un docu. Aussi, et à tout hasard, je vous signale qu'il existe tout de même une BD qui se passe dans la Libye colonisée par Rome : Alix - Le dieu sauvage. Entièrement axée sur la Cyrénaïque/Tripolitaine.


NOTE :

(1) Sophia LOREN (& coll. A.E. HOTCHNER), La bonne étoile, Seuil, 1979, p. 130 sqq. Ghadamès (ou Rhadamès) est censée être Tombouctou dans le film, mais il n'y a évidemment pas lieu de retenir l'assertion du livre : «Ghadamès, en plein Sahara, près de Tombouctou», cette dernière ville étant au Mali, de l'autre côté du Sahara.
Il n'y a pas lieu non plus de retenir l'affirmation d'Alan EYLES (John Wayne), lorsqu'il affirme que le film fut réalisé dans le désert du Liban.
La précision géographique ne semble décidément pas le fort des biographies de cinéma ! - Retour texte

 
 
 
22 septembre 2008
L'ALBUM PHOTO DE LA COH VII PRÆTORIANA LUPÆ
 

C'est toujours un plaisir pour moi de signaler les activités de nos amis les Prétoriens de la Louve. Les voici, notamment à Verviers (exposition Jacques Martin), à Marle (Aisne) (28-29 juin 2008) et à Bavay (septembre 2008).

On peut également trouver leur album photo ici.

marle
 
 
 
23 septembre 2008
LETTRE DE MILAN (SITE RIVISTA ZETESIS)
Moreno Morani a écrit :
Nous avons visité votre site avec beaucoup de plaisir : il est très intéressant, il propose beaucoup de notices et de matériel, toujours présenté d'une façon agréable : nous croyons qu'il peut bien contribuer à faire connaître au public l'Antiquité, et cette tâche est très importante aujourd'hui qu'il y a le risque d'oublier complètement nos racines et notre passé.
Nous avons aussi un site destiné à l'étude du monde ancien : il s'agit d'un site qui s'adresse à un public moins vaste, un public surtout d'enseignants (aux écoles supérieures et à l'université) et de spécialistes des langues classiques : Rivista Zetesis. Mais on peut trouver aussi quelque chose de moins engagé et de plus accessible (p. ex. la page dédiée aux détectives de l'Antiquité, écrite par Mme Giulia Regoliosi, qui a quelque analogie avec la page correspondante de votre site).
 
 
 
23 septembre 2008
LA GRÈCE CLASSIQUE À L'ÉCRAN
Dominique a écrit :
Vous qui semblez tout connaître sur l'Antiquité au cinéma, connaissez-vous des films portant sur la Grèce antique, le monde des cités. Sans que cela soit mythologique ou homérique ? Quelque chose du genre de la série Rome (HBO) mais concernant Athènes.
 
 
RÉPONSE :

A ma connaissance, il n'existe pas d'équivalent hellénique à Rome (HBO). Sur mon site, j'ai énuméré, à propos d'Alexandre, tout ce qui existait sur sa période et celle des Diadoques qui s'ensuivit (Grèce hellénistique) jusqu'à la conquête romaine (Le Colosse de Rhodes, La bataille de Corinthe, La charge de Syracuse, etc.). Je sais qu'il y a eu une série britannique sur les différentes reines lagides, que je n'ai pas vu, mais ici on s'éloigne de l'Athènes classique.

En fait, j'ai déjà traité de la Grèce historique dans le numéro de CinémAction consacré au péplum, et mon ami Hervé Dumont (alors directeur de la Cinémathèque de Lausanne) y a publié une filmographie très précise. Je vous conseille de vous y reporter car ça serait un peu gros à reproduire ici, d'autant que - depuis - l'ouvrage a été complété en vue de la publication d'une vaste Encyclopédie du film historique dont Hervé Dumont espère la parution en livre en 2009. Je me suis donc reporté à son tapuscrit, qui a lui aussi probablement été complété entre-temps... en matière de filmographie, on n'a jamais le dernier carat !

Donc, de 1903 à 1961, 15 films assez disparates peuvent être rattachés à la Grèce archaïque dont 12 muets (1903-1912), plus ou moins mythologiques.

Sept autres se rapportent aux Jeux Olympiques dont le nazi Olympia de Leni Riefenstahl (1937), l'érotique Jeux olympiques du sexe de Rolf Thiele (1972) et le docufiction Olympie - Vaincre pour Zeus (Philippe Molins, 2004) (sur mon site j'évoque un autre docufiction, sorti en DVD : Quand les dieux couronnaient les hommes (Pascal Cussot, 2004 - Cahiers de Science et Vie)). La pièce la plus intéressante est Vaincre à Olympie, un téléfilm de Michel Subiela, 1977, d'après le roman de Maurice Genevoix. Avec Jean Marais (Menesthée) et Georges Marchal (Milon de Crotone).
On pourrait encore y ajouter C'est arrivé à Athènes d'Andrew Marton (1962), sur les J.O. modernes.

Dix films sur la poétesse Sapho entre 1909 et 1970. Le plus connu est Sapho Vénus de Lesbos de Pietro Francisci (1960), avec Tina Louise.
Sept sur le fabuliste Esope, dont le célèbre dessin animé Walt Disney From Æsop to Hans Andersen (1955). Une mention spéciale pour A Night in Paradise d'Arthur Lubin avec Turhan Bey et Merle Oberon (1945-1946). Bien sûr, nombre de ces films sont introuvables, s'agissant de productions russes ou bulgares, ou de téléfilms/théâtre filmé qui n'ont pas eu l'honneur d'être ressortis en compilations-DVD.

nuits au paradis

Pour l'Athènes des Guerres médiques et le Siècle de Périclès confondus, Hervé Dumont recense 13 films entre 1915 et 2005. Après le film de 2005, 300, rajoutons encore sa parodie Spartatouille/Meet the Spartans, et ça en fera quatorze. Vous devriez pouvoir retrouver les principaux de ces films sur les guerres médiques : La bataille de Marathon (Jacques Tourneur, 1959), La bataille des Thermopyles/Les 300 Spartiates (Rudolph Maté, 1962) et le récent 300 (Zack Snyder, 2005). Trois autres se rapportent au sculpteur Phidias (1915, 1916, 1926) dont Phi-Phi de Georges Pallu d'après la célèbre opérette d'André Willemetz et Félix Solar, dont vous connaissez sans doute la célèbre rengaine d'Aspasie «c'est une gamine charmante, charmante !» (1926). Le médecin Hippocrate est le héros de quatre films (1949, 1954, 1957, 1996) dont un épisode de «Xena la Guerrière» (1996), une comédie grecque de Dimis Dadiras (Ippokratis kè Dhimokratia, 1972) et une apparition dans le bizarre Story of Mankind d'Irvin Allen (1957) : un Ange affronte Satan devant le Tribunal Divin pour montrer la grandeur/la noirceur de l'Humanité.

phi-ohi

Enfin, de 1909 à 1999, dix-huit films ou téléfilms mettent en scène Socrate et, accessoirement, Platon. Notamment un téléfilm de Roberto Rossellini, Socrate (1970), que j'ai vu sous-titré en français lors d'une rétrospective au Centre culturel Italien : il devait s'agir d'un DVD, mais je n'ai pas poussé plus loin mes investigations.

La guerre du Péloponnèse transpire très allusivement, mais vraiment très allusivement, dans deux films : Atlas, Roger Corman, 1960 et Les sept invincibles, d'A. De Martino (dans ce dernier, allusion au Spartiate Agésilas II et à son expédition en Asie Mineure). Toutefois, deux séries-docufictions de la BBC retracent respectivement l'histoire de la Guerre du Péloponnèse (The War That Never Ends, de Jack Gold & Michael Kustow, 1991) et l'histoire de Sparte des origines à la domination romaine (The Spartans, David Portlock, 1994). Voyez aussi, à propos de Sparte, la filmo des docus que j'ai mise à la fin de mon dossier 300 :
Spartans (The) (David Portlock, 1996) : dossier
Rise and Fall of the Spartans (John Jopson & Patrick Taulere, EU - 2002) (mini-série TV) : dossier
Spartans (Melanie Archer, GB - 2004) (mini-série TV) : dossier
Spartiates (Les) (Spartans at the Gate of Fire) (Richard Bedser, GB - 2004) (docufiction TV) : dossier
Last Stand of the 300 (David Padrusch, EU - 2007) (docufiction TV) : dossier

Se rattachent également à la Guerre du Péloponnèse, de 1910 à 2002, neuf adaptations de la comédie d'Aristophane, Lysistrata. Se détachent parmi elles Destinées de Christian-Jaque (1953), avec Martine Carol dans le rôle de la-dame-qui-a-la-migraine et Die Sendung der Lysistrata de Fritz Kortner avec entre autres... Romy Schneider (1960).

greve d'amour lisistrata

Grève d'amour (Triumph der Liebe, Alfred Stoëger, AL - 1947), Cahier du cinéphile, nÁ 107, 31 août 1948) et Lisistrata (Francesc Bellmunt, SP - 2002)

En ce qui concerne la Sicile grecque, le règne de Denys, tyran de Syracuse, a inspiré un Damoclès (1914), deux Empédocle (1987, 1989) tous deux de Jean-Marie Straub, accrochez-vous !, et huit Damon & Pythias - dont un décalé sous le règne de Tibère, à Rome (L. Feuillade, 1911) ! Le plus connu est Le tyran de Syracuse de Curtis Bernhardt & Alberto Cardone, 1963).
(Signalons que le récent Roi Scorpion 2 - Guerrier de Légende, a détourné la fameuse épée du précité Damoclès - le malheureux courtisan du tyran Denys - pour en faire une arme aux propriétés magiques, cachée au fond des Enfers. Ca gamberge sévère chez les scénaristes !)

A noter les adaptations cinématographiques de drames de Shakespeare comme Timon d'Athènes (deux en 1976, et une troisième en 1981) et The Comedy of Errors, d'après deux comédies de Plaute entrecroisées (quinze versions de 1908 à 2000), la plus connue étant The Boys from Syracuse/Les Grecs sont à la page d'Edward Sutherland (1940).